‹ La question du gaz à ParisChapitre 5 sur 79 · FRANCS · texte numérisé non relu

FRANCS

Les 30.000 actions attribuées à MM. Pereire fu-

Ir« Partie. — ORIGmES DE L'ÉCLAIRAGE PCBLIC 21

rent souscrites au pair par ces messieurs, et, les 15 millions qui en résultèrent, furent versés intégralement à la Société qui les employa ainsi:

1° Fonds de roulement : 1.500.000

2*» Edification de nouvelles usines : . 3.625.000 3** Charges et obligations diverses de

la Société : 9.875.000

Total . . fr. 15.000.000

La Société commença son exploitation le 1" janvier 1856 et bientôt, grâce à la forte impulsion donnée par une administration active et habile, la Compagnie parisienne d'éclairage et de chauffage par le gaz devint l'une des plus florissantes entreprises industrielles de la France et de l'Europe entière.

Le deuxième traité intervenu entre la Ville et là Compagnie Parisienne porte la date du 25 janvier 1861.11 eut i)Our objet d'étendre à la zone annexée à Paris par la loi du 16 juin 1859, la concession d'éclairage et de chauffage de Tiiitérieur.

Par ce traité, dont nous nous contenterons d'analyser les clauses, la Compagnie Parisienne s'engageait à pourvoir, par la construction d'usines nouvelles, par le développement de ses usines actuelles, par le remaniement et l'extension ou la canalisation sous la voie publique, à la fourniture et à la distribution de tout le gaz nécessaire aux communes situées à l'intérieur des fortifications.

La Compagnie demanda à la Ville de lui garantir un bénéfice de 10 0/0 pour les nouveaux frais de premier établissement qu'elle allait faire. Elle s'appuya sur ce que la zod« annexée présentait une

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Lft Vi:i« eooscttâc ÊMâlement à cette ^mranUe — pour IjM|-a!eIIe d*millefm elle n*m jamais déboursé an ceotXBfee — nais en recoor elle imposa à la Compagnie ane noareUe diarge que les actioiinaires actuels doixent bien refréner : 11 s*agit da partage en fin de concession, de Factif mobilier et immobilier la Société leqoel. aux termes du traité et 1855, devait exclusivement appartenir anx actionnaires.

En effet nous avons vu. en examinant ce dernier traité» qu en 1905 la Ville ne devait prendre possession que de la canalisation souterraine. Le fait d'abandonner à la Ville> en fin de concesâon, la moitié de Tactif mobilier et immobilier constitue pour la Compagnie une charge qui ne sera pas inférieure à 300 millions.

Nous reviendrons avec plus de détails sur ce point lorsque nons aborderons la Quesiûm de VabaUsement du ptfiM dn gaz.

l*e traité de 1861 fut en quelque sorte le complément du traité de 1855. U eut pour conséquence d'élever le capital de 55 à 84 maiions de francs. Les 58,000 actions nouvelles furent souscrites par les propriétaires des 110,000 anciennes.

Mais ces deux traités — et nous attirons l'attention du lecteur sur ce fait spécial — n'avaient pas un caractère définitif puisque l'assimilation — au point de vu^ de l'éclairage et de la canalisation — de la zone annexée à l'ancien Paris ne devait réellement commencer que le 1*' juin 1873,

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1» Pabtib. >- ORIGINES BK L'ÉCLAIRAGE PCBUC U

Ce r^ime provisoire créait à la Ville et à la Compagnie des difficultés de détails énormes. C^est pour y mettre un terme qu'en 1870 la Ville demanda, et la Compagnie consentit, à remplacer les traités de 1855 et 1861 par un nouveau traité réglant défirutiuem^nt les rapports de la Compagnie et de la Ville et les conditions de l'exploitation.

Pour éviter les redites nous nous dispenserons d'analyser les clauses de ce dernier traité, que nous donnons d'ailleurs in-extenso aux documents divers placés à la fin du volume. Cependant nous signalerons l'avança de la date du partage des bénéfices que l'Administration imposa à la Compagnie.

On a vu en effet qu'en vertu de l'article 6 du traité de 1855 les bénéfices de la Société devaient être partagés — au delà des 10 0/0 du capital engagé — par moitié entre la Ville et la Compagnie. Mais ce partage ne devait commencer que le 1*' janvier 1872.

Par le traité de 1870 l'Administration obtint que ce partage commençât trois ans plus tôt, et que la Ville bénéficiât de l'exploitation de l'année 1869. La part de la Ville pour cette année là s'est élevée â la somme de 4,950,000 fr.

Enfin nous citerons pour mémoire le traité du 27 avril 1872 sans nous y arrêter, parce que ce traité n'apporte aucune modification aux convtBntions du traité de 1870, et qu'il est relatif â une avance de 7,500,000 francs que la Compagnie â faite à la Ville sur sa part des bénéfices futurs.

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C^ ttïMtttVîk et to lu^certtH »^uVIte:s comportent, ont uut> puiîi$A«vv vK^ ùbricî^tiou annuelle qui dépassera SlO luilUott^ vte uie^recs oube^^ vei^ la tia de cette anu<V>. l*a tvuî5^\MumaiKni ^rv^l^hle de 188:iî devant att^iudrt^ le chiflfkvde :?Tr> miilions, la Com|^gnie vient do juviuhv ses di§^|M>5^iùons fH>ur ot>ustruire dans la plaine S^unt-Denîs une usine l^eauiviip plus grande que les autres» qui aura une supertîcie totale de U) hectares et une puissance annuelle de fabrication de 170 t\ 180 millions de mètres cubes.

Ire Partie. - ORIGINES DE L'ECLAIRAGE PUBLIC Î5

Le gaz fabriqué dans ces usines est d'abord recueilli dans les gazomètres puis dirigé sur Paris au moyen de vingt grandes conduites maîtresses qui viennent converger vers le centre de consommation situé aux environs de la pointe Saint-Eustache.

Ces conduites maîtresses sont toutes reliées entre elles par d'autres conduites de moindre dimension et forment ainsi un vaste réservoir d'où partent des conduites secondaires qui se ramifient elles-mêmes à l'infini, pour porter le gaz, à une pression convenable, sur tous les points de la capitale.

Il résulte de cette disposition que toutes les usines concourent à la fois à l'alimentation de la ville ; de telle manière, que dans le cas où l'une, et même deux d'entre elles, viendraient, par suite d'accident quelconque, à suspendre leur fabrication, le service de l'éclairage se trouverait automatiquement et instantanément assuré par le gaz venant des autres.

Les abonnés voisins des usines qui auraient arrêté leur fabrication rie s'apercevraient même pas de la suspension.

C'est encore une raison qui milite fortement en faveur de l'éclairage par une Compagnie unique car il bien certain qu'avec la plurialité des Compagnies, L' système de répartition que nous venons d'expliquer ne pourrait être employé ; et, qu'en cas d'accident, le quartier, les rues, et les établissements publics desservis par la Compagnie atteinte,* seraient privés de lumière pendant un nombre de nuits plus ou moins considérable suivant la j»lus ou moins grande gravité de l'accident.

A propos des usines' on a pensé longtemps dans la

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population parisienne, et beaucoup de personnes le croient encore, que les gazomètres, ces vastes réservoirs de gaz, étaient d'un voisinage eiix^essivement dangereux. L'expérience a démontré qu'il n'en est rien puisqu^en aucun cds ils ne peuvent faire explosion.

Vers la fin du mois d'août 1870, alors qu'on se préoccupait déjà à Paris des éventualités d'un siège, le Gouvernement, en parlant des usines qui touchaient au mur d'enceinte, posa la question suivante aux ingénieurs de la Compagnie Parisienne :

n — Si l'explosion d'un gazomètre venait à se proc< duire, cette explosion ne pourrait-elle pas renverser a une portion de la masse couvrante ?

Les ingénieurs de la Compagnie répondirent :

« — Si un gazomètre était percé par un projectile a enflammé, le gaz s'échapperait par la déchirure et « brûlerait en une gerbe de feu jusqu'à ce que le ga- « zomètre soit vide. Il ne produirait pas plus d'explo- « sion que lorsqu'on allume les huit cent mille becs « de Parig, alimentés tous les soirs par lès gazomè- « très.

« En effet, le gaz seul n'est pas explosible, ce n'est « qu'avec une forte quantité d'air qu'il forme un mé- « lange pouvant faire explosion.

« Or, sous la pression constante de la cloche, au- «c cune partie ne pouvant pénétrer dans le gazomètre, ^ le mélange détonant de gaz et d'air ne pourrait s'y « former ».

Les événements confir'nèrent en tous péitaitl^ les

préTisi<His des ingèmears de la Compagnie. Pendant le si^e deax gazomètres furent atteints directement par des obus.

Dans le premier, odoi dPIvry, le gaz s^est enflammé à la déchirare faite parle projectile et a brùié pendant huit minutes, en une grande gerbe de feu qui s'éteignit, &ute d'aliment, lorsque le gazomètre fut -vide.

Pendant cette oombustion la cloche descendit sur ses appuis, absolument comme si elle ayait fourni le gsz à la consommation générale de Paris, sans autre dégât que le trou &it dans la tôle par Fobus.

Dans le deuxième, à la Villette, un obus péné- -tra et éclata dans rintérieur du gazomètre sans même enflammer le gaz qu'il contenait.

Les éclats intérieurs perforèrent la tôle en neuf endroits et, sous la pression de la cloche, le gaz s'échappa dans l'air par 1^ issues ouvertes.

Voilà deux exemples concluante s'il en fût.

La canalisation, dont nous avons expliqué le rayonnement au commencement de ce chapitre, atteint à l'heure actuelle la longueur extraordinaire de 1,915,049 mètres C'est-à-dire presque deux fois la distance de Calais à Marseille.

Au !•' japyier 1856 cett? canalisation n'avi^t q^e 533,158 mètres. Voici CQ^m^t fUt à $té annuellement d^yçlopp^ :

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