‹ La question du jour, resterons-nous français [microforme]Chapitre 20 sur 34 · SE 0 RE · texte numérisé non relu

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vait que sanglots, deuils, annéantissements.

ne La misère et l'incendie semblaient avoir élu de domicile au Canada ; le Mexique se débattait l toujours au milieu de son cloaque de révolu- | tions ; Cuba, la reine des Antilles, n’était plus ï qu'un Montfaucon où se heurtaient des corps | de suppliciés politiques ; Valparaiso venait |: | d'être bombardé ; le Brésil morne et silencieux 4 au milieu de son triomphe regardait le Paraguay hi vaincu. Par de là l'Atlantique, l'Irlande, LA mourait toujours de faim ; la Pologne râlait fl son éternelle agonie ; l'Espagne luttait corps à corps avec l'anarchie; l'Autriche se faisait impuissante ; Ja Russie démembrait l'Asie par fragments ; la Turquie s'épuisait dans ses harems ; l'Italie dépossédait le vicaire du Christ; L| (4 la Chine faisait des martyrs, et au milieu de tous ces bouleversements la main de celle qui

fi avait r'çu de Dieu la mission d'éclairer les L'un peuples de l’univers, se prenait à vaciller. Son flambeau allait s'éteignant, et profitant de la demi obscurité où le monde se trouvait plongé ME) l'étranger cherchait à violer la France, notre

mère.

Dire ce que nous avons souffert depuis le jour terrible où la prernière botte prussienne a foulé

pur

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le sol que nous aimons tant, devient impossible! Il faut pour se bien rendre compte de notre angoisse nationale, avoir vu les ouvriers canadiens, en blouse de travail, portant sur leurs épaules ces copeaux glanés au chantier et destinés à faire bouillir le pot au feu du soir, se grouper tristement au coin des rues. Ils répondaient énergiquement à ceux qui racontaient les flagellations de la mère-patrie :

—Ce n’est pas vrai!

Et le lendemain, au chantier, à l’atelier, dans

la boutique, aux forges, derrière le comptoir, tous ces soldats du travail essayaient à qui mieux à se relever le moral. Ils espéraient pendant tout le jour; puis, le pain quotidien arraché, les tristes nouvelles confirmées, on les

voyait, cœurs navrés, regagner le logis, et tris-

tement la soirée se passait à rêver à la France,

la tête appuyée sur ce bras nerveux qui ne

pouvant plus lui donxer l’obole du sang, cherchait du moins à lui apporter l’obole du travail.

Pour se relever le moral on se racontait. alors les prouesses des aïeux. On parlait parmi les lettrés du temps de monsieur le marquis de Montcalm, des batailles de la Monongahéla, de Caril-

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