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compte un par cent dans la population. Dans ces deux Etats, il donne la main aux émigrants du sud de l’Europe pour former un groupe latin important. L'élément français et l'élément canadiens-français, réunis ensemble, donnent à la race gallique un total de 880,000 âmes, rhiffre qui n’est pas aussi considérable, il est vrai, que celui donné par le groupe scandinave, mais qui tout de même exerce sa prépondérunce sur les trois Etats du nord de la Nouvelle- Angleterre ”
Les Chinois sont au nombre de 104,469. Ils habitent surtout la Californie, l'Oregon, le Nebraska et l’Idaho. La Californie en compte 73,548 pour elle seule.
Après avoir résumé sérieusement l'étude de M. Chamberlin sur les élément étrangers qui entrent dans la formation du peuple des Etats- Unis, il est curieux de suivre à travers tous. ses chiffres et toutes ses déductions la marche de l'élément canadiens-français.
“ L'élément étranger, assure-t-il, prédomiue surtout dans le Rhode-Island, où 24.4 p. 100 sont d'extraction étrangère, et 51.9 p. 100 sont alliés à des étrangers. 12.75 p. 109 de la population de l’île sont Irlandais, et 28 p. 100 de descendance irlandaise, {andis que les Canadiens-
français y comptent pour 10 sur 100. Ces rejetons de la race celte et de la race gallique sont de fervants catholiques romains. Ils sont plus nombreux, pendant la présente génération du moins, que le total des vicilles familles du Rhode-Island, d’où il est aisé de conclure que cet Etat devient sûrement un des boulevar”:
de la religion catholique romaine aux Etats- Unis...Ce sera le premier Etat qui donnera une majorité catholique.
“ Le Massachusetts vient après le Rhode- Island, Là nous avons une population étrangère de 24.9 p. 100, et une population de descendance étrangère de 49:5 p. 100. Le nombre des Irlandais diminue comparé à la totalité de la population étrangère, mais celui des Canadiens augmente.
. Le Connecticut approche les chiffres des deux Etats précédents. Il a 210 p. 100 de population étrangère : 111 de cette population étant Irlandais, 82 Anglais et 2'5 Canadiens.
‘ Dans le Maine, la population étrangère est de 9:1 p. 100, 57 p. 100 étant Canadiens et 2 p. 100 Irlandais. . Dans le New-Hampshire 18:4 p. 100 sont des étrangers, 7°7 p. 100 étant des Cana-
diens-français, et 87 p. 100 des Irlandais. Au Vermont 124 p. 100 sont étrangers, 7:1 p. 100 étant des Canadiens, et 8°5 p. 100 des Irlandais. Le Maine, le Vermont, le New-Hampshire se ressentent peu de la présence de ces éléments hétérogènes, car /a majorité de la population de ces Etats élant canadienne-française se déplace continuellement. Néanmoins ces Canadiens resteront euxmêmes beaucoup plus longlemps que les autres étrangers qui vivent à côté d'eux, car ils sont en constante communicalion avec leur patrie, le Canada-français.
Dernièrement encore un journal important des Etats-Unis, le Commercial. Advertiser, s'inquiétait de l’envahissement de la Nouvelle- Angleterre par les Canadiehs-ffänçais.
Cet envahissement ne date pas d’hier à la vérité, mais le dernier recensement jette une nouvelle lumière sur les proportions qu'il a pris.
Ce fait a frappé le Commercial Advertiser qui observe en même temps que par suite de cet envahissement le caractère de la population a rapidement changé dans les Etats de la Nouvelle-Angleterre, et que celle-ci tend à devenir progressivement une Noüvelle-France.
“ Les ‘“ habitants ” du Canada, dit-il, débordent par-dessus leurs frontières. La victoire
remportée par les hommes de race anglaise, sous Wolfe, dans les plaines d'Abriham, est vengée par les femmes de la race de Montcalm. Cela a été une bataille de baïonnette contre baïonnette, et la victoire est restée aux Anglais. Aujourd’hui c’est une bataille de famille contre famille, de femme contre femme, et la Nouvelle- Angleterre est vaincue. Les essaims détachés de la ruche française prennent possession du terrain.
‘“ Les descendants des ‘“ Pilgrims ”, multipliant moins rapidement que leurs ancêtres, se raréfient d'année en année en suivar* le fameux conseil d'Horace Greeley. Les jeunes gens de la Nouvelle-Angleterre s’en vont dans l'Ouest, dans le Sud, partout, pour échapper à la concurrence de nouveaux venus dont l’activité surpasse la leur et qui semblent avoir pris
pour târhe de couvrir la terre. Ce n’est donc
pas une plaisanterie qu’il n'ait été bâti qu'une maison depuis une génération à Kensington dans le New-Hampshire. Car c’est un des nom-
. breux signes qui attestent que la Nouvelle-An-
gleterre des aïeux est en train de disparaître.”
Le Commercial Advertiser attribue à d'autres
causes encore que l'invasion et la fécondité