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canadienne, l’'émigration de la jeunesse de la Nouvelle-Angleterre.
‘“ Sous beaucoup de rapports, dit-il, le Sud, depuis l'abolition de l'esclavage, offre un meilleur champ aux industries manufacturières que la Nouvelle-Angleterre. Et les gens de la Nouvelle-Angleterre n’ont pas manqué de s’en apercevoir.
‘“ Leur capital va au Sud, et ils transportent leur outillage là où il a plus de chance de leur rapporter des bénéfices. Le mouvement ne fait que commencer ; mais divers indices montrent d'où souffle le vent ; et il semble qu'il souffle pour emporter tous les Anglo-Saxons de la Nouvelle - Angleterre. Et que deviendra la Nouvelle-Angleterre sans ses Anglo-Saxons ?
Juste ce que deviendrait Hamlet sans le prince de Danemark.
‘# D'où la conclusion que la Nouvelle-Angleterre, qui est devenue un pays agricole sans culture, et qui est en train de devenir un pays industriel sans industrie, deviendra un jour un pays d'habitation d'été pour les citoyens américains, destination à laquelle elle est particulièrement propre à cause de la fraîcheur de son littoral et de son sol coupé de montagnes et de vallées pittoresques.
‘“ Ce n’est point sans doute une destinée à dédaigner ; mais ce n’est pas tous ; car les Canadiens-français qui prennent la place de ceux quis’en vont sont gens industrieux et rudes à l'ouvrage, et s'ils viennent s'établir dans la Nouvelle-Angleterre, ce n’est pas uniquement, on peut en être sûr, pour y tenir des pensions bourgeoises.”
Mais revenons à notre étude. La Louisiane, continue M. Chamberland, contient 5'8 p. 100 de population étrangère, répartie comme suit : 18 p. 100 d’Allemands, 1 4 p. 100 d’Irlandais, et 1. p. 100 de Français.
“ Dans cet Etat on trouve néanmoins qu'il y a 15°5 p, 100 de la population qui sont étrangers, preuve que l’immigration n’a pas été aussi considérable depuis quelques années que dès les commencements de la Louisiane. Ici, une chose frappe l'observateur. Il se trouve en présence d’une population ancienne, dévouée aux Etats-Unis dans le sens politique du mot, mais qui parle une langue étrangère à son pays. Les Créoles de la Louisiane ne se prêtent pas encore à nos manières ; il est difficile de pénétrer dans leur intimité, mais néanmoinsils n’ont pas de chauvinisme‘de race, et ils ne font rien
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sous ce rapport qui ne soit consistant avec leur titre decitoyen américain. 1/s forment ainsicontraste avec les descendants des colons français du Canada, qui sont encore si vivement attachés à la France, bien qu'ils en aient été séparés par bien des générations avant que la Louisiane ait cessée à son tour d’étre française. Ne serait-il pas logique de conclure de cette différence que les institutions républicaines ont plus le pouvoir d’assimiler les peuples que les institutions monarchiques ? Les Créoles de la Louisiane peuvent être comparés à ces descendants des colons allemands, en Pennsylvanie. Ils parlent encore la langue de leurs pères, mais ils ne songent guère à d'autre nationalité qu’à la nationalité américaine,
‘“ L'élément étranger est puissant au Michigan. Il y compte pour 24'8p. 100. Les Anglais mêmes du Haut-Canada y sont en majorité. lLls forment 9'0 p 100 de la population totale. Dans le territoire du Dakota, les étrangers comptent 88:4 p. 100 de la population, Sur ce chiffre 7 1 p. 100 sont des Anglais d'Ontario qui, mécontents du Manitoba, viennent s'élablir ici.”
Les conclusions de M. Chamberlin sont celles-ci.
Parmi les citoyens qui forment la population des Etats-Unis, les Allemands sont en majorité dans les Etats et territoires suivants : Alabama, Arkansas, Illinois, Indiana, Iowa, Colorado, Kansas, Kentucky, Louisiane, Maryland, Missouri, Nebraska, Ohio, Caroline du Sud, Virginie Occidentale et Wisconsin. (1)
Les Irlandaisont la mujoritédans douze Etats: Connecticut, Delaware, “district de Colombie, Géorgie, Massachusetts, Mississipi, New- Jersey, New-York, Pensylvanie, Rhode-Island, Tennessee et Virginie.
Les Chinois ont formé noyau dans cinq Etats et territoires: Californie, Idaho, Nevada, Oregon et Washington.
Les Canadiens-français commandent la majorité étrangère dans le Maine, dans le New-Hampshire et dans le Vermont ; les Anglais du Huut Canada, au Michigan et dans le Montana; les Anglais, dans la Caroline du Nord, le Colorado, l'Utah et le Wyoming ; les Mexicains, dans l’Arizona,
(1) Dans le Colorado les lois doivent être publiées en anglais et en allemand. Au Missouri, écrit M. Joseph Tassé, certaines chartes, etc, peuvent être publiées en allemand, et dans le Maryland, des amendements à la constitution sont également publiés en allemand,
le Nouveau-Mexique et le Texas ; la race scandinave, dans le Dakota et le Minnesota; les émigrants des Indes occidentales, dansla Floride,
En terminant son intéressant travail, M.
Chamberlin jette un regard sur la carte des Etats-Unis, et nous prie de nous rendre compte de la position prise par ces divers groupes étrangers.
“ Ce que nous nommerons les Etats irlandais, dit-il commence au Massachusetts et se déroule tout d’une pièce au sud jusqu’au Maryland. Ils reprennent leur course en Virginie, inclinent vers l’ouest, passent par le Tennessee et viennent aboutir au golfe par la Géorgie et le Mississipi. Les Etats allemands forment au centre de la république un groupe compact, Ils vont du lac Supérieur au golfe du Mexique. c’est-à-dire du Wisconsin à la Lonisiane, et à l'est ils partent du Nebraska, poussent une pointe à travers la Virginie Occidentale et le Maryland jusqu’à l'Atlantique. Les Canadiensfrançais ont un groupe dans le nord de la Nouvelle- Angleterre, et les Anglais d’'Ontario un autre dans le Nord-Ouest, au Michigan et dans le Montana, ces deux groupes étant protégés par la frontière canadienne. Les Anglais ont trois divisions
politiques qui se touchent, et un Etat détaché dans le sud des Etats-Unis. Les Mexicains ont les Etats limitrophes à leur pays, et les Chinois ceux qui regardent la Chine.”
Voilà en peu de.mots l'analyse de l'étude élaborée que M. Chamberlin vient de faire sur le recensement des Etats-Unis.
Elle est curieuse sous plus d’un point, et elle apporte un argument de plus à ceux qui croient que les canadiens-français sont tôt ou tard appelés à de hautes destinées.
Maintenant, jetons un coup d'œil, avec M.
Rameau de Saint-Père sur ce qui se passe au Canada. Ce sincère ami de notre race, disait dernièrement l'Evénement de Québec dans un article fort bien fait, a entrepris de démontrer comment se sont opérés le développement et la répartition des Franco-Canadiens, dans l’Amérique Anglaise, de 1851 à 1881.
‘ Ce travail exceptionnellement instructif figure dans la Revue française.
“M. Rameau établit d’abord que dans les trente années qui se sont écoulées de 1851 à 1881 la population des quatre provinces, celles d'Ontario, de Québec, du Nouveau-Brunswick et de
la Nouvelle-Ecosse, est montée de 2,812,919 qu'elle était à 4,044,060 âmes.
‘“ C'est une progression de soixante-quinze pour cent.
“Sion décompose maintenant cette population pour savoir laquelle des deux nationalités du pays a porté la progression, l'on trouve que les anglais se sont accrus de 75 pour 100 et les français de 72 pour 100
‘* Cette infériorité dans l’accroissement de la race française est plutôt fictive que réelle. Que l'on tienne compte seulement du fait que les anglais sont les seuls à bénéficier de l’immigration européenne alors que les Canadiensfrançais fournissent un contingent énorme à l'émigration aux Etats-Unis et tout s'explique.
‘ Aureste,lastatistique—abstractionfaite des recrues que nous fournit l’immigration étrangère—prouvent surabondamment que l’expansion de notre race dépasse considérablement celle de la race anglaise. Il n’y a, pour s’en convaincre, qu'à compulser les tableaux spéciaux préparés par M. Rameau. Ils parlent d'eux-mêmes.
919 ‘“ TABLEAUX spéciaux pour chacune des provinces orientales de la Confédération canadienne.—Progression comparée de leur déve-
sa loppement ethnograghique et religieux.
ici PROVINCE D'ONTARIO
du EN SA D PSS ASE TEST PRATNI PE |
je PORASAN sr À ta sus land Français catho
les At EAN EEE ee Sen cn on | 1851 | 952,004) 84,339 141,278 | 26,417 | 1861 |1,306,091: 1,137,910 224,864 | 38,287 fl
> la 1871 |1,620,851| 1,346 ,689] 196,779 | 75,383
Que 1881 (1, 928, 228 1,602, 389 218,096 | 102,748
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sa totale de l'Ontario s’est accrue de 102 r c.—
a Les anglais protestants se sont accrus de 104
rue. p. c.—Les anglais catholiques de 54 p. c. ;—
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dit 1851 |! 890,261, 149,895 ,388 | 669,528
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pé- 1881 | 1,859, 1027] 188,309 : 96,898 |1,078,820
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