PROVINCE DE LA NOUVELLE-ECOSSE
‘On voit par ce tableau que la population totale s’est accrue de 56 p. c.—que les protestants anglais se sont accrus de 56 p. c.;—que les catholiques anglais se sont accrus de 70 p. cet les catholiques français de 78 p. c.
Ce travail de comparaison fait, M. Rameau conclut que c’est le catholique français, le cana-
ques
dien, qui paraît être l'homme le plus solide, l’homme d'avenir du pays.
Dans toutes les provinces, c’est sur lui que repose principalement le progrès naturel de la population ; c’est lui dont le progrès spécifique fournit partout la cote la plus élevée, soit dans son centre primitif la province de Québec, soit encore dans les provinces anglaises, où pénètrent des excédents de population.
Et continuant ses études en dehors du pays, M. Rameau de Saint-Père disait que les Canadiens allaient franciser la Nouvelle-Angleterre.
Ce rêve peut se réaliser avant un siècle, écrivait le Travailleur, journal français publié aux Etats-Unis, si nos enfants demeurent Canadiens-français comme le sont leurs pères. Pour cela il faut l’école, encore l’école : il. fñut des professeurs patriotes, des instituteurs patriotes et tous les efforts d’un clergé patriote. Pour cela il faut des associations nationales qui soient fières d’elles-mêmes, et qui inculquent à leurs membres la fierté nationale. Avec tous ces éléments nous imposerons notre nationalité dans certaines parties des Etats-Unis, mais pas autremeut.
N'est-ce pas la nationalité canadienne-française qui, en jetant son vote dans la balance
politique, a porté aux honneurs de la présidence des Etats-Unis, M. Cleveland ?
En 1760, je me plais à le répéter, les Canadiens-français étaient 60,000. Aujourd’hui ils sont 1,078,820 au Canada, 102,743 dans Ontario, et, d'après les calculs de M. Chamberlin, 800,000 aux Etats-Unis.
Les provinces maritimes comptent 108,605 Acadiens, qui sont pour nous les frères des mauvais jours comme des jours ensoleillés.
Avec du courage, de la persévérance, de l’union, du travail et par-dessus tout un dévouement incessant à notre religion et à notre langue, l'avenir ne peut faire autrement que d’être à nous tous. Tôt ou tard, en marchant ensemble, nous arriverons à être une grande nation. La conclusion logique de ce travail ne peut être autre que celle-ci :
—Un jour nous serons la France catholique américaine.