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Voilà ce que disait le duc d'Argyle en 1879.
Est-ce que cette histoire de l'Orient doit se répéter pour nous sur cé libre sol de l’Améri-
que ?
En lisant ces lign »s un savant, le grand géographe Onésime Reclus, m'écrivait :
—‘*Jecr :, rès fermement à votre victoire en Améri :: ous avez une fécondité supérieure ; vous ‘Z plus de traditions et de meilleures que v voisins ; enfin, bien que protestant, j'estim que le catholicisme sincère chez un peuple est un brevet de longévité. Le protestantisme, simple négation, n’est au fond qu'un émiettement : les nations qui s’y fient seront un jour honteuses de leur chute. Puis quand vous aurez plus de nombre, le catholicisme pourra vous aider à amalgamer peu à peu les catholiques d’autres origines qui vous entourent.
‘* Mais vous aurez de mauvais jours à passer. Le Nord-Ouest est la dernière ressource de l’émigration en pays tempéré—la Sibérie à part. —Il faut donc vous attendre à le voir envahir rapidement par les Ontariens, les Anglais, les Ecossais, les Islandais, les Américains, peut-être par les Allemands. Il se passera là, ce qui s’est passé lors de la colonisation d'Ontario : ce sera un semblant d’écrasement, parce que cette invasion diminuera votre nombre proportionnel dans la Puissance.
“ Ce sera fini dans vingt ans. Il n’y aura plus d'émigration ou fort peu vers l'Amérique ;
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et à partir de ce moment vous croîtrez plus que les autres Les lois de la nature seront pour vous, et je ne doute pas que vous ne preniez lentement l’ascendant. Ce qui s'est passé dans les cantons de l'Est, ce qui se passe sur l’Outaouais est le symbole de l'avenir. Seulement il est nécessaire que vous ayez partout un noyau. L'arbre grandira tout seul. C’est pour cela que l émigration canadienne vers le Nord- Ouest est d’une importance capitale. Travaillezy de toutes vos forces. Jetez là-bas les tlots canadiens-français, acadiens ou français qui finiront par se réunir et par être la terre ferme. Puis, n'oubliez pas que chaque millier d’hommes qui ne va point aux Etats-Unis ou qu’on rapatrie figurera ayec ses accroissements aux recensements de 1891-1901, etc., etc. Il contribuera à vous mettre en minorité moindre.
« C'est l'essentiel.
‘ Je vous le répète, la colonisation rapide du Nord-Ouest par les éléments dits saxons vous rabaissera soudain dans l'échelle proportionelle, surtout depuis 1881. Vous ne serez pas 30 %.
‘ N'ayez crainte ; votre tour reviendra. Mais pour que l’arbre vienne, il faut le planter. Qu'il ait seulement des racines : il s'élèvera du taillis étranger et finira par le dominer.
Au mois de juillet, 1878, le gouverneur-général du Canada, le comte de Dufferin, disait à l'Assemblée Législative, en lui. faisant ses adieux :
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