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‘* Je ne crois pas que l’homogénéité des races soit un bienfait sans mélange pour un pays.
‘* Certainement, un des côtés les moins attrayants d’une partie considérable de ce continent est la monotonie de plusieurs de ses aspects extérieurs, et,—selon moi, -il est heureux pour le Canada que sa prospérité dépende du travail commun de races différentes.
‘‘ L'action conjointe de divers éléments nationaux donne à notre existence une fraîcheur, une variété, une couleur, une impulsion éclectique qui manqueraient sans cela ; et ce serait une politique fautive d'essayer de la faire disparaître.
‘“ Mes plus ardents désirs pour cette province ont été de voir sa population française
jouer le rôle si admirablement rempli par la
France en Europe.
‘ Arrachez de l’histoire de l’Europe les pages brillantes qui rappellent les exploits de la France ; retranchez du trésor de la civilisation européenne la part que la France y a apportée :
et quel vide énorme n’aurez-vous pas ?
Ce grand témoignage rendu à notre énergie, au résultat de nos luttes, fut commenté par la presse du pays. Je signa.ai ces remarquables paroles dans une étude signée et intitulée : Lord Dufferin et le Canada français. Le lendémain, le comte de Dufferin me remerciait par les lignes suivantes :
—"* Je suis charmé de voir que l’allusion que je viens de faire au rôle réservé à la population
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française, en ce pays, s'accorde avec le sentiment de la population canadienne. Je puis vous assurer qu’elle ne m’a pas été dictée par aucune politesse de convention, mais bien par la conviction la plus profonde, la plus forte. Je crois que non-seulement la politique du gouvernement impérial sera de toujours conserver intacts les droits et les priviléges du Bas-Canada, tels qu’ils lui ont été concédés dès l’origine, mais encore qu'elle s’appliquera à cultiver, à développer, par tous les moyens en son pouvoir, le juste orgueil—#he just national pride—le sentiment de ses habitants.”
Voilà ce qu’un vice-roi anglais m'écrivait le 15 juillet 1878.
Trois ans auparavant, le 8 juillet 1875, lord Dufferin n'avait pas craint, en parlant des Cana-
diens-français, de dire ces paroles à un banquet offert à Londres par le Canada Club :
—‘ Je ne sais ce qui se passe ailleurs, mais au Canada pour sûr, la race française a appris en perfection /a règle d'or de la modération et elle arrive aux résultats les plus excellents par la pratique des concessions nécessaires—même s’il le faut par le sacrifice d’un peu de dogmatisme logique. Bien souvent les différends s’ajustent par les transactions de principes— compromises—les plus justes et les plus généreuses. La preuve de cet heureux état de choses se découvre dans le fait que les querelles d'opinion qui, autre part, divisent les communautés
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et factions religieuses et ethnographiques, ne créent aucune séparation entre les, sections sociales canadiennes ; les distinctions, soit de croyance, soit de race, sont naturellement nuisibles chez eux com11e ailleurs, mais elles ne prêtent à aucune étroitesse de secte, ne par-
uent pas les hommes dans les partis hostiles. te Canadien-français est indépendant—#! est lui-méme—s'embarrasse si peu des liens imposés par le passé, qu’il a droit à ses idiosyncrasies même, et que les froissements d’'individu à individu ou de classe à classe ne se produisent presque jamais. On a son opinion plutôt que son parti, et on voit à tout instant des amis voter les uns contre les autres. Peut-être l’excellence de cette situation politique vient-elle de l'entière liberté dans laquelle fonctionne leur système politique et de l'absence de toutes complications administratives par lesquelles sont entravées des civilisations plus anciennes. Leur développement gouvernemental suit, pour ainsi dire, les lois de la nature et ne s’embarrasse nullement de pratiques conventionnelles, de précédents ou d’autres empêchements législatifs où techniques ; ils suivent ce qui, au moment donné, leur paraît être l'intérêt général.”
Et continuant à faire, dans ce même discours, l'éloge de la race canadienne-française, lord Dufferin ajoutait : .
—Je tiens à préciser le plus fortement possible l'habileté et l'intelligence extraordinaire dont
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fait preuve la partie française des sujets de Sa Majesté la Reine, dans sa persistance et luyale coopération au Canada avec ses concitoyens britanniques. On peut dire que le commencement de tous les priviléges constitutionnels dont la colonie jouit à cette heure, C’EST À ELLE, C'EST A CETTE PARTIE FRANÇAISE QUE L’AN- GLETERRE LE DOIT.”
“ Je le déclare hautement—et ces lignes sont soulignées dans le discours de lord Dufferin :— nos compatriotes Canadiens-Français sont, par le fait, plus rigoureusement parlementaires que les Anglais, et jamais à aucune période de l'existence et des fortunes si mouvementées du Canada, les hommes d'Etat canadiens-français n’ont fait défaut à l'œuvre publiqu:, mais ils ont sans cesse demandé à leurs associés une part égale d'activité dans la création des traditions représentatives de ce qui constilue en somme l’histoire constitutionnelle du pays.
Le marquis de Lorne partageait les vues du marquis de Duffvrin sur le rôle que la race canadienne-française est appelée à jouer sur le continent américain.
—‘* D’année en année,” disait ce noble lord, en faisant ses adieux à notre Assemblée législative, ‘ j'ai eu l’occasion de mieux apprécier le dévouement des habitants de la province de Québec à Sa Majesté, à son gouvernement,