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CHAPITRE VIII

DU LANGAGE

Nous disions, dans le chapitre précédent, que la principale caractéristique de Thomme était le langage articulé. C'est même là, suivant Topinion commune, ce qui constitue essentiellement l'homme ; pas de langage articulé, pas d'humanité. On comprend donc aisément combien l'étude du langage a d'intérêt pour nous, et combien il esc indispensable de lui faire une place d'honneur dans l'enseignement. Il est impossible, en effet, de connaître l'homme si Ton ne sait ni pourquoi il parle, ni comment il parle. En revanche, ne pourrait-on pas, sans exagération, dire de lui : c Montre-moi comment tu parles et je te dirai qui tu es. r> Faire l'histoire comparée des langues, c'est faire l'histoire comparée des civilisations ; car une civilisation n'est que l'ensemble plus ou moins harmonieux du développement intellectuel d'un peuple, et la langue est toujours l'expression fidèle, adéquate, de ce développements

A propos du langage, comme à propos de tout, se posé d'abord la question d'origine. Il ne faudrait pas s'imaginer, avons-^nous dit plus haut, que le langage articulé ait éclaté subitement sur des lèvres humaines. Il n'y a rien

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' ^' V ». in ■ r^. I j a fo^ comme toajours, développer : . - - .*: a. 5i / a t^iz 'rcuTar les racines de la ma- . ::...: :.-. i ili^ jf* ^er^iier au cœur de Fanimalité. ,' . > • *^: :•! .--i^j':^ ic ie li ivctcecrie cliez les animaux, ; -i.::.-^' ;. ;r j* :»fni':acr« ie CDosidèfer les abeilles. ^* . ..--> i..ri- .'.^L^i il* Tini:^ eî de La pluralité, comment c n ••*^^t ia x n^*. ::a:ii :a les tcLu réduire le nombre <;r-. * •: \u:~ :-:* .v'.'^ii.a? i ce ^^li est nécessaire pourfé- ,- : ..r j n r** ije^lle. ir Lnm- 1er. sans pitié, les jeunes ^ : > .> ; i ^? : :e 1' ii.:i 2i':ijr«i:;ue ait été rétablie ....:s A r; •.:.* * J în^ea" icatar ^l'eLes aient la notion :-♦ A : r:.i* ç*v\:i^r' : le :'Lti»i ca les Toiî recommencer » > i^ -,• :.•< xii le-LT* riT^roîj ;isi^i'à ce qu'elles en aient :.. iv< i.-iLT i!*^ rec'i-ifrst Lbjoime, à Torigine, ne ^ , V*— L" 5U.TS i:»: * ro:? a. ixi::. E existe encore, dît on, .\,< ;c . -.ji.: s r ::: i^ sa-f-i; ras m^oie compter jusqu'à .• : : . I'. i^" .Vi" i. I : i-;» a-rc? aT^os commencé à compter s.C' i:< :■• -:"5^ am;t:«* rcii le? eniiiis : notre système de I * :. - /i' . M ,'1 *5r ^ -r^^'iT*. Miîs ce c*ii distinirue émia.».:. :,*.!: L : .l"*:* i:S iiir'is iZLizia:;!, c'est la faculté ^, :-**x * i»? $»* .'r^fcr i^> r:::jc:LS de multiplier ses i^mssij,vs : .• *<3 X :>c ;iil <';f<c f^ii: n:a seulement un lan- ^it-Ti» xr ::;-:.* ro :r ;»\^rir:^^r sa pensée, mais un langage e«jr^: rcir Ivi d\*r. Ljl rcLr:>. ;^ui exprimé^rec précision :, i: ce : d Ticr.:; d? r^s.r::. es: imruîssante à traduire dj.r:> :. u:;» sa rVrire ce v;:; T:er.î du Cvvur ; Thomme Ta d-u l.e d'une I^rc':? pvirc:j'u.::!:re, niesun^î et rythmée, le cI:a:iî. la luus: ;^::e. mère de îa poésie. Mais cette musi ;ue serai; restée à rè:at rudimentaîre, s'il ne lui avait créé une langue écrite qui en a fait un ai*t et une science féconds en merTeilies. Les images que les objets font

ET Ll RÉFORME DE L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE 165

naître dans son esprit, il peut les traduire par des mots, en tracer des descriptions verbales ; mais quelque fidèles qu'elles soient, ces descriptions ne sauraient parler à Tintelligence avec autant de force que la représentation graphique des objets ; l'homme a inventé le dessin et, comme la musique, comme la poésie, comme l'éloquence, il Ta peu à peu^ et dans tous les genres, porté à la perfection. 11 est des idées aussi inséparables des objets que celles de temps et d'espace; ce sont les idées de nombre et de mesure. La langue parlée était capable de les exprimer, mais elle ne l'était pas de les suivre dans la série infinie de leurs combinaisons sans un système de signes qui fixât la pensée et la soutint dans ses spéculations; l'homme a créé, par les chiffres, la langue de l'arithmétique ; par des signes spéciaux celles de l'algèbre et de la géométrie. Il a commencé par mesurer une ligne droite, et il a fini par évaluer *la distance des étoiles et peser les mondes dans l'immensité.

C'est 1 histoire très générale de ce développement que devra faire le maître chargé de l'enseignement de l'histoire du langage. Une étude plus approfondie de l'évolution mathématique trouvera sa place dans l'histoire générale des sciences.

On s'étonnera, peut-être, que nous ayons classé sous la rubrique de l'histoire du langage, ce que Ton considère ordinairement comme des arts ou des sciences tout-à-fait distincts et sans rapport entre eux. Qu'on puisse les considérer ainsi, nous n'y contredisons pas ; mais il faut bien reconnaître que leur création et leur développement ont le même principe et sont soumis à la môme loi. L'homme pense et sent ; il exprime ses idées ou ses sentiments par la parole parlée ou chantée et par des signes graphiques. Ces signes varient selon la nature des idées à exprimer ;

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mais ils ont commencé par être et ils sont restés, en partie, idéographiques. L'idéographie primitive, représentant des idées concrètes, ne différait du dessin proprement dit que par la naïveté de Texécution. A mesure qu'elle eut à représenter des idées de plus en plus abstraites, elle s'écarta de plus en plus du dessin proprement dit, jusqu'à ce qu'elle se fût changée en signes de convention, tels que les lettres alphabétiques, les notes de musique et les chiffres. Le dessin n'en est pas moins resté la langue de la forme et, dans bien des cas, dans la géographie, par exemple, l'auxiliaire nécessaire de la parole. Ces quatre modes généraux d'expression de la pensée et du sentiment nous ont semblé pouvoir se ranger à bon droit sous le titre commun de langage, et nous estimons que ce serait restreindre singulièrement l'homme, dans ses manifestations les plus hautes, que de ne pas en faire entrer l'enseignement dans tous nos programmes. L'étude du langao-e articulé, de la musique, du dessin, de la mathématique doit, à notre avis, constituer un enseignement fonda^ mental, plus ou moins développé selon le degré de l'école, et approprié aux besoins des différentes classes d'écoliers . Dans l'école primaire, par exemple, il n est pas possible d'enseigner les langues anciennes; il serait même bien difficile d'y enseigner les langues vivantes ; mais on peut et on doit y enseigner l'histoire très générale de la langue française et celle du langage ; il s'agit, en effet, nop de former des machines à analyse et à orthographe, mais des intelligences capables de penser. Eu égard au jeune âge des élèves, qui doivent quitter l'école à douze ou treize ans, il n'est pas possible de pousser bien loin l'étude désintéressée des beaux-arts. Il faut se borner, il faut choisir et la destination des élèves dicte clairement le choix à faire.' Ce qu'il faut enseigner à ces" futurs travailleurs, c'est le

dessin industriel; nous appelons ainsi tout ce qui peut servir à Texercice des différents métiers dont l'ensemble compose ce qu'on appelle l'industrie ; de musique, ce qu'il en faut pour pouvoir chanter en chœur; de mathématique, l'arithmétique, au complet; de géométrie, ce qu'il en faut pour savoir mesurer pratiquement les distances, les surfaces et les volumes. L'enseignement secondaire, il n'est pas besoin d'insister là dessus, enseignera les mêmes choses à un degré plus élevé, s'arrêtant seulement à la limite où cet enseignement deviendrait trop spécial; pour la mathématique, par exemple, l'arithmétique au complet, des éléments d'algèbre et de géométrie. L'enseignement spécial enseignera à fond chaque spécialité. De cette façon, la pensée, le sentiment, la forme, le nombre, la mesure auront également leur langage, c'est-à-dire des moyens suffisants d'expression.

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