‹ La question du LibanChapitre 1 sur 124 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Nous avons essayé de retracer, dans les pages qui suivent» l'histoire de ce petit territoire libanais, de cette petite nation, qui, malgré son exiguïté, a joué et joue encore un si grand rôle en Orient. Dans l'antiquité, nous pouvons déjà reconnaître dans le Liban un centre de civilisation avancée* Si, après de nombreuses vicissitudes, il a été englobé dans l'empire ottoman, il a su néanmoins à cause de sa situation géographique, et à la suite de circonstances historiques, conserver une large autonomie. Dans la Syrie-Palestine, que se sont disputée tour à tour les Egyptiens, les Assyriens, les Perses, les Grecs, les Romains, puis les Arabes, les Turcs et les Latins, le Liban a sa physionomie particulière, tant au point de vue religieux qu'au point de vue politique et économique. Nous en retrace* rons les traits caractéristiques.

Mais l'histoire du Liban dépasse le cadre de la Syrie. Elle a une portée plus grande. Pendant tout le xix* siècle, le problème libanais a été un de ceux qui ont le plus préoccupé la diplomatie européenne. La Sublime-Porte entra, en 1832, en conflit avec son vassal, le pacha d'Egypte, Mehemet-Ali, au sujet de la Syrie, dont Mehemet réclamait le gouvernement. Une lutte de plusieurs années commença.

Toute la question d'Orient, de 1832 à 1840, tenait dans ce conflit. La Syrie fut conquise par les Egyptiens, qui trouvèrent un appui auprès des populations libanaises, hostiles à la Porte. C'est à cette époque que nous voyons se poser avec netteté devant l'Europe la question du Liban autonome. La Porte et

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