‹ La question du LibanChapitre 3 sur 124 · AVANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS IX

deuxième fois,l'Europe intervint en 1860, celte fois-ci en vertu d'un acte international déterminé par le traitéde Paris de 1896. Elle prétendit qu'elle avait le droit d exercer une tutelle collective sur l'administration intérieure de la Turquie, et, malgré la résistance de la Porte, elle lui imposa cette tutelle dans les affaires de Syrie. Une procédure internationale nouvelle s'établit, de 1860 à 1864, au sujet du Liban. Pour la première fois, « le concert européen » fonctionna en Orient et prit entre ses mains le sort d'une province ottomane. Cette intervention se termina encore par un compromis, par une cote mal taillée, plus avantageuse pour la Porte que pour les Libanais; mais le principe de l'intervention européenne était officiellement consacré.

La question libanaise n'est donc pas close. Elle est ; elle réclame une solution définitive, de même que la question arménienne, que la question macédonienne ; elle s'impose à l'attention de l'Europe, du monde civilisé, qui devra l'aborder à une époque prochaine.

Nous nous proposerons donc ici d'examiner tour à tour : la situation géographique du Liban et son passé historique; nous étudierons ensuite la portée de son autonomie, au début du xixe siècle ; le conflit entre les Libanais, la Porte et Menémet-Ali , l'intervention européenne de 1840 à 1845 et ses caractères ; les institutions autonomes octroyées au Liban en 1845. Nous montrerons leur échec ; nous étudierons la révolution démocratique et le conflit de 1860 sous tous ses aspects; la réorganisation de l'autonomie libanaise et son fonctionnement jusqu'à nos jours. Enfin, nous nous efforcerons d'exposer la question libanaise sous son aspect économique et politique, telle qu'elle se pose à l'heure présente, et nous en indiquerons la solution qui nous paraît s'imposer.

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