‹ La question du Prekmurje, de la Styrie et de la Carinthie. La StyrieChapitre 4 sur 4 · LA VILLE DE M\R1B0R (MARBOURG · texte numérisé non relu

LA VILLE DE M\R1B0R (MARBOURG

Le contingent le plus important de l'élément allemand est concentré dans la ville de Maribor sur la Drave, où le recensement de 1900 avail compté 19.298 personnes ayant l'allemand, cl 4.062 personnes ayant le slovène comme langue d'usage.

La communauté d'origine des habitants de Maribor nous prouve que la masse de la population de cette ville est d'origine slovène. En 1900, 2.520 personnes seulement avaient leur domicile légal dans la ville, i4-645 dans les districts Slovènes et 3.438 dans des districts allemands ; 69,68 % de la population de la ville étaient donc, en 1900, originaires des régions purement Slovènes ; mais, même parmi les 2.020 ayant leur domicile légal dans la ville, la majorité était slovène d'origine, étant composée d'éléments qui avaient immigré dans la ville à une époque antérieure.

Ces chiffres prouvent assez clairement où la ville de Maribor puise sa force d'existence et où elle recrute sa population. Malgré toutes les tentatives du gouvernement autrichien et malgré l'œuvre germanisatrice du « Schulverein » de la « Sùdmark » et de la Compagnie du chemin de fer du Sud, la création d'une liaison entre Maribor et le territoire allemand compact n'a pas réussi. Dans le district judiciaire de Maribor, rive gauche de la Drave, situé entre la ville de Maribor et le district (en majorité allemand) de Leibnitz, le recensement de 19 10 a encore accusé 22.734 Slovènes contre 5.324 Allemands seulement, dont plus de la moitié sont Slovènes d'origine. Si l'on s'en tient donc au principe du droit des peuples de disposer d'eux-mêmes, il est absolument clair que la ville de Maribor, avec son district, devra être attribuée à l'Etat yougoslave. On ne pourra pas sacrifier 44.096 Slovènes du district judiciaire, ou même 75.185 Slovènes du district administra tif de Maribor indiqués comme tels par le recensement autrichien, pour renforcer le pangermanisme et reconnaître les violences centenaires commises par les Allemands contre les Slovènes.

L'importance intellectuelle et économique die la ville de Maribor

pour les Yougoslaves

Les rapports intellectuels et économiques lient la ville de Maribor à ses environs Slovènes non moins que les rapports ethniques que nous venons de citer.

Maribor est le centre intellectuel et politique des Slovènes de Styrie. En i85g ou a transporté le siège des évêques de Lavant à Maribor expressément pour les Slovènes de Styrie.

Depuis 1867, le journal politique « Slovenski Gospodar » comptant actuellement environ 34. 000 abonnés, paraît dans cette ville qui est en même temps le siège de toute l'organisation sociale et économique, ainsi que de toute l'œuvre intellectuelle des Slovènes de Styrie. Ceux-ci y ont des sociétés s'occupant de science, d'art dramatique et musical, une imprimerie, qui publiait au début de la guerre dix périodiques dont trois scientifiques. Toute une série d'études traitant des questions philosophiques, théologiques, historiques, juridiques, économiques, etc. y ont paru en langue slovène, tandis que, au point de vue de la littérature et de la science allemande, Maribor n'a aucune valeur. Déjà au xvme siècle Maribor était l'une des villes les plus importantes sous le rapport de la littérature slovène. En outre, le premier journal quotidien slovène le « Slovenski Narod » a été fondé dans cette ville où naquit également l'idée de créer la société littéraire et scientifique « Slovenska Matica » qui dépense dans ce domaine une activité très utile pour les Slovènes.

C'est à Maribor, que l'un des plus grands slavistes, Miklosic, et le grand propagateur de V illyrisme, le poète Stanko Vraz, ont fait leurs études.

Au point de vue économique, Maribor est l'entrepôt et le marché des produits louaux : vin, fruits et bois. Quant aux voies de communications, Maribor constitue un nœud important des chemins de fer se dirigeant vers le sud sur l'Adriatique et sur les Balkans, vers

l'ouest, sur la Carinthie, le Tyrol, la Suisse, vers le nord sur Gratz et Vienne, vers l'Est, sur la Hongrie et la Roumanie. L'Autriche allemande possède un nombre suffisant d'autres nœuds de chemins de fer, tandis que la partie nord de l'Etat des Serbes, Croates et Slovènes, serait économiquement ruinée si on lui enlevait Maribor comme point intermédiaire entre le nord industriel et les pays agricoles des régions balkaniques.

Sa situation géographique, son histoire, son ethnographie et son économie rattachent Maribor au Sud slave. Le système pangermanique seul a fait artificiellement de cette ville un ilôt allemand dans le territoire Slovène, qui a creusé, au point de vue de la conscience nationale un abîme entre la ville et ses environs. Détachée de ceux-ci, Maribor serait ruinée ; rattachée avec ses environs à l'Etat Yougoslave, son existence économique serait assurée, et par surcroît, on réparerait, au moins en partie, les torts inouïs dont les Slovènes furent victimes sous le régime autrichien.

Imprimerie « GRAPHIQUE »

5, Rue Lamblardie PARIS (XII»)

C/7RTE ETHNOGRAPHIQUE de la STYRIE

d'après la statistique officielle autrichienne de 1910

20 Km.

Majcen

Ù.J.Ùerocco

Slovènes •

,.* Front/ères des Provinces

" " districts judiciaires

■• » communes

Alleman ds

Courtier de C" Paris Si09i

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