‹ La question du Prekmurje, de la Styrie et de la Carinthie. La StyrieChapitre 3 sur 4 · III. APERÇU ETHNOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

III. APERÇU ETHNOGRAPHIQUE

La Styrie dont nous ne réclamons qu'une partie d'environ 6.000 km. 2 possède une population en grande majorité slovène, même d'après la statistique autrichienne : 406.711 Slovènes et 95.560 Allemands-Autrichiens. S'il n'y avait aucune possibilité de réduire le nombre des Allemands de -ib % au moins, comme cela doit être pour se rapprocher de la réalité, le rapport donné par la statistique autrichienne n'en serait pas moins probant en faveur de l'union de cette partie de la Styrie à la Yougoslavie. Mais quoi qu'il en soit nous ne pouvons omettre de souligner à cette occasion les moyens employés par le bureau de la statistique autrichienne pour diminuer le nombre exact des habitants Slovènes dans ce pays.

D'abord la base des opérations du recensement en ce qui concerne les nationalités est très incertaine puisqu'elle consiste en « la langue d'usage », « die Umgangssprache ». Il est vrai que ce critérium n'a aucune importance pour les parties de la Slovénie se trouvant dans la profondeur des masses Slovènes ; mais pour la zone se trouvant à la périphérie, là où la population slovène est mêlée à la population allemande, ce critérium est vicié parce que d'après sa position géographique à la suite des relations constantes avec les Allemands, cette population est bilingue tout en restant essentiellement slovène par le sentiment national. Or la connaissance de la langue allemande (si faible fût-elle) suffisait au recenseur autrichien pour classer dans la colonne allemande tous les habitants qui parlaient allemand.

Cette germanisation artificielle, n'existant d'abord que sur registres de la statistique, était nécessaire au Gouvernement autrichien pour justifier tous les moyens de la germanisation active et réelle qu'il pratiquait ensuite pour les régions indiquées comme allemandes. C'est seulement après la germanisation établie sur papier que commençait la véritable germanisation. Et c'est ainsi que, retranchant chaque zone l'une après l'autre du territoire national slovène,

les Autrichiens espéraient s'approprier toute l'étendue du pays slovène.

Voilà comment l'on doit expliquer les miracles de la statistique qui n'existent, cela va sans dire, que dans les éditions du bureau de la Statistique autrichienne, et aucunement eu réalité ; par exemple si, dans un endroit quelconque, la population slovène diminue pendant 10 ans de to %, 20 %, 3o et même davantage, cela peut tout au plus indiquer le progrès de l'étude de la langue allemande (progrès bien compréhensible étant donné que les écoles primaires de la région sont allemandes) ; mais ce progrès ne signifie en aucun cas l'abandon de la langue slovène, et encore moins de la nationalité slovène.

Tout cela nous amène à poser la question de savoir comment l'on pourrait, ne fût-ce qu'approxiniativement, corriger les chiffres de la statistique autrichienne. En d'autres termes, y a-t-il moyen d'e séparer, en prenant comme point de départ les chiffres donnés par la statistique autrichienne dans la zone de contact des Slovènes et des Allemands, le nombre de Slovènes de celui des Allemands ; car il est indubitable que le nombre d'habitants donnés comme ayant la langue allemande comme langue d'usage contient, beaucoup de Slovènes.

On ne peut répondre positivement à celte question que dans quelques cas qui démontrent encore plus clairement toute la portée des abus de la statistique autrichienne. En plus du moyen déjà indiqué consistant, à compter comme allemands, tous ceux qui connaissaient la langue allemande (et on ne sait bien dans quelle mesure l'administration autrichienne a exigé la connaissance de cette langue dans tous ses rapports avec la population) la statistique autrichienne a indiqué comme \llemands tous ceux qui, au moment i\i\ recensement, se trouvaient dans une localité dans laquelle ils n'avaient pas encore acquis leur domicile légal (domicile qui s'acquiert par une résidence ininterrompue de 10 années). D'après ce qui précède on peut facilement établir d'où sont \enus ces habitants temporaires des

contrées Slovènes ou allemandes. Toutes ces personnes, comme nous l'avons dit, sont données toul simplement comme allemandes. \ l'appui de notre dire, nous citerons la statistique de 1910 dans laquelle sont indiqués comme Slovènes, dans les districts de lu Haute et de Moyenne Styrie, <.NNv personnes tandis qu'après le droit de domicile 31.717 ressorlissaient de contrées slovènes pures. Une. analyse tirs claire de ces procédés fera ressortir la fausseté des rapports caractéristiques de la population [jour la ville de Maribor (Marbourg). Du chiffre total de la population de Marbourg représentant 27.994 âmes, il n'y avait que 7.708 habitants ayant le domicile légal dans la ville ; le reste de la population se décomposait comme suit :

3.^63 venus de la partie allemande de l'Autriche : i.683 venus de la partie mixte slovéno-allemande ; i2./joo venus des contrées slovènes pures ; 1.207 venus de la Bohème et de la Moravie ;

320 venus d'autres contrées de l'Autriche ; i.4oi étrangers.

Si nous laissons momentanément de côté le chiffre fondamental des habitants de cette ville (7.708), nous compterons parmi les Slovènes 12.400 venus de la Slovénie, puis au moins la moitié de 1.687 venus de la contrée mixte slovéno-allemande, ce qui l'ail i3.->4i Slovènes contre 3.263 + 8^2 = /i.ioô Allemands.

En procédant d'une manière semblable, il n'est pas difficile de démontrer que sur les 27.994 habitants indiqués pour la ville de Marbourg par la statistique autrichienne, il \ a plus de 5o % de Slovènes quoique la statistique autrichienne n'en donne que 3.823 (environ i5 %).

Il n'est pas difficile de montrer que le nombre de la population allemande, établie dans la partie de la Styrie revendiquée par nonest grossièrement augmenté. En laissant de coté tous les districts dans lesquels les Slovènes ont, même d'après la statistique autrichienne, une grande majorité, il ne reste que 2 districts : celui de Leibnilz et celui de Radkersbourg (Radgona) dont nous devons encore parler. Dans le premier l'ensemble (dans la partie réclamée) ^<'^ habitants

représente 14.895 âmes dont 3.465 seulement sont indiquées comme Slovènes, mais en réalité il y a dans cette contrée 6.o44 ressortissants des contrées Slovènes pures, ce qui renforce considérablement lé chiffre des Slovènes en l'élevant à 9.489 (environ 65 %). Dans l'autre district, il y avait en tout 22.3oo habitants dont 3.261 Slovènes, 16.473 Allemands et 2.566 étrangers ; mais en réalité les émigrants Slovènes de la Hongrie et de la Croatie représentent 2.566 âmes et les ressortissants Slovènes des districts Slovènes de la Styrie et de la Carniole, 3.i3o âmes ; nous avons donc en tout 9-ii5 habitants Slovènes représentant presque la moitié du chiffre total.

D'après ces remarques, on peut dire avec assurance que, en apportant des rectifications tout à fait modestes et plus que justifiées aux chiffres donnés par la statistique officielle, on pourrait augmenter sensiblement l'élément slovène dans les contrées à population mixte. De cette façon, nous aurons :

1) Dans le district de Leibnitz 9-4^9 Slovènes 5.406 Allemands

2) Radkershurg.. . 9 . t 1 5 — i.3.i85

3) Marbourg 87.398 32.491 —

4) — Rann 4,!--:>44 1.090

5) Cil li 114.625 8.147

6) Gonobitz 19.889 2 . i3o —

7) Luttenberg .... 24. 109 1 .493 IV) Pettau 77-545 6.85o

9) Windischgraet/ 35.885 7.241 —

Total 426.394 ;,">.o33

Seulement dans les trois premiers districts, les plus exposés aux injustices de la statistique autrichienne, nous avons appliqué les corrections nécessaires en n'ajoutant même pas dans les autres districts les habitants englobés dans le chiffre attribué aux étrangers et aux personnes possédant le droit de domicile autre que le lieu désigné. En tenant compte de ces derniers, on pourrait diminuer encore le chiffre allemand au moins de 5o.ooo.

Prenant en considération, seulement l'élément slovène et l'élément allemand, la proportion entre eux serait, dans la part réclamée de la Styrie, dans le rapport de 89 à 11 %.

Le droit des Yougoslaves sur la partie réclamée de la Styrie est tellement absolu qu'il est difficile de supposer que personne le voudrait contester, parce que le chiffre des Slovènes n'est que le chiffre minimum par rapport au chiffre des Allemands; en effet beaucoup de lions patriotes Slovènes ont été englobés dans le chiffre des Allemands seulement à cause de la connaissance qu'ils avaient de la langue allemande.

Appendice

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