‹ La Question du Rhône: Projet d'aménagement du fleuve, navigation, énergieChapitre 111 sur 124 · Eléments permettant d'éclaircir la question · texte numérisé non relu

Eléments permettant d'éclaircir la question

— Comment résoudre le problème ? Il y a plusieurs éléments, dont quelques-uns offrent ime base solide pour les prévisions. Le problème étant triple^ il est possible de le diviser, et de re-

260 LA QUESTION nMANaÈRE

chercher séparément quelles recettes peuvent donner la navigation, la force motrice et l'irrigation.

196. Recettes de Tirrigation. — En ce qui concerne l'irrigation, qui ne donnera jamais que de très faibles bénéfices, consistant simplement en une diminution de charges, il semble possible de faire des prévisions assez exactes. Etant donné un projet, on connaît retendue et la nature des terrains irrigables ; l*on peut donc prévoir quelles améliorations Tirrigation apportera à l'agriculture et quelles sommes pourront être demandées aux syndicats agricoles et aux particuliers.

497. Recettes de Ténergie hydraulique. -- Pour Tindustrie, le problème, à première vue, paraît très simple : tel projet comporte le captage de telle puissance hydraulique qu'il est possible de connaître exactement. Or, le prix de vente du cheval-heure ou du kilov^att-heure est connu; c'est une marchandise comme les autres; et, dès lors, des prévisions peuvent être faites à coup sûr.

En réalité, il n'en est pas ainsi. Si l'on capte, par exemple, l'intégralité de l'énergie hydraulique du Rhône, on offre sur le marché une quantité de puissance telle qu'il y en aura une quantité excessive, au début tout au moins. Sans doute, on peut ne procéder que progressivement à l'aménagement des usines, mais le travail de captage, très coûteux, devra être fait dès le début, immobilisant des sommes énormes. Il se produira donc une crise de la houille blanche, si on l'offre tout de suite et tout entière sur le marché; par contre, si l'on procède progressivement, il s'écoulera un certain nombre d'années pendant lesquelles une partie des sommes consacrées aux travaux de captage ne rapporteront rien.

La meilleure solution, semble-t-il, consiste à capter dès le début l'intégralité de lënergie hydraulique, et à n'aménager les usines que peu à peu. En ce cas, il faudra prévoir, au commencement, une somme destinée à rémunérer les capitaux engagés pour capter l'énergie intégrale, jusqu'à ce que cette énergie ait pu être progressivement placée tout entière dans l'industrie, rémunérant alors le capital.

Il y a une autre complication ; les prix de vente de la puissance hydraulique ne peuvent pas être uniformes ; tel grand acheteur de kilowatts, le P. L. M.,' par exemple, s'il électrifie ses lignes, demandera un traitement de faveur, parce qu'il écrira un débouché sûr, régulier et indispensable.

Enfin, il y a la puissance temporaire, les kilowatts d'été, lors des hautes eaux, qui ne pourront évidemment être placés au même prix que les kilowatts réguliers de toute l'année, car ils

ne serviront ordinairement que d'appoints à certaines usines qui resteront dans l'obligation d'équiper une autre ' source de puissance, telle qu'une machine à vapeur.

En tenant compte de ces divers éléments, les prévisions peuvent offrir une certaine précision.

198. Recettes de la navigation. — Quant à la navigation, le problème est très difficile à résoudre. Il ne peut l'être que par une vaste enquête économique. Cette enquête est possible. Les Suisses l'ont laite, pour leur part, avec beaucoup de soin^

Page 1