GABELLE
Quintaux
Strasbourg . .
Haguenau . .
Ammerschwir .
Thann . . .
Belfort . . .
Altkirch . . .
<' Observations : Les magasins d'Haguenau et d'Altkirch sont les seuls qui ne doivent point leur augmentation à des désordres, aux enlèvement forcés faits par les habitants des provinces voisines ^ ;
". La Compagnie connaît les désordres qui ont affligé les magasins d' Ammerschwir, Thann et Belfort, les enlèvements faits à force ouverte par les Lorrains et les Comtois ; l'augmentation considérable que ces trois magasins présentent ne sauroit donc l'étonner...
Au nord de la France, le même phénomène se renouvelle : les populations jugent insuffisantes les réformes votées par l'Assemblée nationale et résistent avec d'autant plus de succès aux revendications de la ferme, que celle-ci ne se fie plus aux fontionnaires devenus des partisans ouverts du mouvement révolutionnaire, ou refusant d'instrumenter par peur des représailles des contribuables.
Voici un mémoire '■', très caractéristique, relatif à la situation à Abbeville (Somme).
' Archives Nationales. G "88.
- Mais à la seule diminution du prix du sel.
^ Archives nationales G' 91.
Mémoire
Vente exclusive
du sel
Direction générale
L'Assemblée nationale et l'administration lors des dispositions qu'ils ont faites pour assurer l'acquittement des charges de l'année courante, ont compté sur le payement de l'impôt des trois premiers quartiers au prix fixé à l'époque où la livraison en a été faite, et sur celui de l'impôt du quartier d'octobre au prix de 30 livres le minot. il est facile dès lors de sentir que si les contribuables refusent de solder les sommes dont ils sont redevables pour cet objet, les vues de l'Assemblée nationale seront trompées et la balance rompue entre les recettes et les dépenses.
Or, non seulement les paroisses du Département d'Abbeville ne veulent point acquitter ce qu'elles doivent pour les trois derniers quartiers, mais elles paraissent encore décidées à ne pas recevoir le sel du dernier quartier, malgré la réduction du prix.
Cet état des choses pourrait cesser si l'on mettait en usage les voies accoutumées pour forcer les collecteurs, ainsi que les contribuables à recevoir et à payer la valeur dont il s'agit, mais outre que les huissiers résisteraient peutêtre à faire les diligences nécessaire \ Monseigneur ^ estimera sans doute qu'une lettre pressante et motivée, tant sur les besoins de l'Etat que sur l'obéissance due aux décrets des représentants de la Nation déterminerait sans peine MM. les officiers municipaux de la ville d'Abbeville, qui ont donné des preuves de leur amour pour l'ordre et le bien public, à provoquer d'eux-mêmes le payement des sommes dues par les collecteurs et la levée du sel du dernier quartier.
Les fermiers généraux ne peuvent que s'en remettre à Monseigneur sur l'intérêt comme sur le prompt besoin d'une telle invitation.
Lu à l'Assemblée des grandes gabelles le 27 novembre 178Q.
' C'est nous qui soulignons.
- Monseigneur titre donné au président de l'Assemblée nationale, et souvent même à tous ses membres.
Que la population ait levé de force le sel des magasins, en le payant un prix fixé arbitrairement, ou ne le payant pas du tout, ou qu'elle ait boycotté les magasins officiels, en achetant à bas prix, du « faux sel » (sel de contrebande) : le résultat financier pour l'administration des gabelles était le même — la diminution, parfois même la disparition des recettes.
On possède heureusement ^ l'état des sels vendus dans les directions des grandes gabelles, pendant l'année 1789 et les trois premiers mois de 17Q0. En voici le tableau à la lecture duquel il faut tenir compte : 1" que la demande de sel atteignait son maximum pendant les mois d'hiver, avec une élévation secondaire en juin et juillet ; 2^ qu'à partir du l^*" octobre 1789 le sel était vendu à 30 livres de minot.
Archives Nationales. AD IX, 572
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