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CHAP. II. DU CONSEIL AULIQUE

Auprès du roi, et siégeant dans le palais royal même, se trouve le Nôi Cac, espèce de conseil aulique, qui a dans ses attributions la révision de toutes les affaires soumises à la décision du souverain. Ce conseil donne seulement des avis officieux, que le roi est libre de suivre ou de ne pas suivre. Il est composé, pour les affaires civiles, d'un grand censeur, Dai hoc Si, assisté de trois ou quatre vice-censeurs ; pour les affaires militaires, du grand maréchal du centre, Trung quân, assisté de ses quatre maréchaux, qui sont :

Le maréchal d'avant-garde, tien quân;

Le maréchal d'arrière-garde, hâu quân;

Le maréchal de l'aile droite, huu quân;

Le maréchal de l'aile gauche, ta quân.

Ce sont ces quatre hauts dignitaires qu'on appelle vulgairement les quatre colonnes de l'empire, Tu tru.

Chap. III. — Des ministères.

Les ministères, ou grands tribunaux, sont au nombre de six :

Lai bô, intérieur; . Bô hô, finances;

Bô le, rites ;

Cô hinh, justice ;

Bô binh, guerre ;

Bô công, travaux publics.

Chaque grand tribunal comporte :

Un président, thuong tho;

Deux vice-présidents, tham tri;

Deux conseillers, thi lang;

Et un conseiller-secrétaire, bien ly.

Les ministres ne sont donc pas personnellement responsables; puisqu'ils ne sont que les présidents de leurs tribunaux respectifs; on peut dire qu'ils sont les auxiliaires de la pensée du souverain.

Les affaires de l'État sont réparties entre les six grands tribunaux ; chaque président

est, pour les affaires de son département, le délégué immédiat du chef de l'État, et il pourvoit au service par l'intermédiaire de fonctionnaires et d'agents subordonnés entre eux, depuis les gouverneurs de provinces jusqu'aux magistrats municipaux exclusivement; car nous verrons que la commune est, au point de vue administratif, absolument indépendante du pouvoir central. Ce système a pour effet de ménager T unité d'action, sans avoir recours à la centralisation.

Le personnel des ministères se compose :

1° De chefs de division pour les affaires intérieures, lang trung;

2° De chefs de division pour les affaires extérieures, viân ngoai lang;

3° De chefs de bureau, chu su;

4° De sous-chefs, tu vu;

5° D'expéditionnaires appelés tho lai.

Ces derniers n'ont pas rang dans le mandarinat.

CHAP. IV. Du MANDARINAT.

On donne, en général/ le nom de mandarins à tous les fonctionnaires et agents salariés du gouvernement.

Les mandarins forment deux classes bien distinctes : les mandarins civils, quan van, et les mandarins militaires, quan vo.

Les premiers sont pris parmi les lettrés ayant satisfait avec succès aux divers examens (baccalauréat, licence, doctorat); à eux seuls sont confiées les fonctions administratives.

Lfcs seconds sont choisis parmi les soldats qui se font remarquer par leurs aptitudes physiques, leur adresse aux exercices du corps, leur habileté à manier la lance ou le bâton : ils sont généralement peu instruits dans les lettres et les sciences, et ne se perfectionnent que dans l'art militaire.

Le mandarinat se divise en neuf degrés, mais les deux derniers ne comptent

pas, car ils comprennent lés agents inférieurs dans la hiérarchie. Chaque degré compoite deux classes; l'effectif de chaque classe ne paraît pas être limité; mais pour occuper tel ou tel emploi dans l'administration ou dans l'armée, il est nécessaire d'être pourvu de tel ou tel grade dans le mandarinat.

Voici le tableau qu'en donne M. Aubaret, dans sa traduction de YHistoire et la Description de la Basse-Cochinchine* :

Premier degré.

lre cl. . Grand censeur. — Maréchal du centre. 2e cl. . Vice-censeurs. — Maréchaux. — Amiral, commandant en chef les forces navales. •

Deuxième degré.

lre cl. . Présidents des grands tribunaux. — Gouverneurs généraux de provinces. — Généraux divisionnaires. — Vice-amiral, commandant en second des forces navales. — Commandant militaire de Hué.

26 cl. . Vice-présidents des grands tribunaux. — Gouverneurs particuliers des provinces. — Contre-amiraux.

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