‹ La question du vase de sangChapitre 10 sur 101 · Sermo 17'; Migne, Patrol, lat,yU XX, col · texte numérisé non relu

Sermo 17'; Migne, Patrol, lat,yU XX, col

4. Quand saint Ambroise fait l'invention du corps de saint Nazaire, on ne voit pas qu'd ait trouvé une fiole de sang dans le sépulcre. Il est vrai qu il y trouva du sang {Acta sanct.y t. VI, julii, p. $05); mais quand saint Charles B. rouvrit le tombeau, ce sang gisait sur la paroi inférieure du marbre {ibid., p. 520); ce qui ferait croire que saint Ambroise ne trouva pas de vase de sang.

5. Pcristeph.y hymn. 11, v, 1 à 26. Migne, t. cité, coU 53I-S53» 60 E. Le Blant, la question du Vase de sang, p. 28.

» Saînte-Cédle, il vint, dit-il, si près de son tombeau qu'il aurait pu parler à la » martyre. Il n'en vit pas moins échouer, cette fois, sa pieuse entreprise. Aucun » signe extérieur n'avait donc appelé son regard'. » « Et pourtant, ajoute » M. Le Blant^ avec beaucoup de raison, ce semble, ces vases de sang, si » hautement prisés à cette heure, existaient alors et en bien plus grand nombre, » car la destruction marche chaque jour». »

Plus tard, au xi® siècle, on ne se guidait pas davantage sur la présence des palmes ni des vases de sang, pour trouver les corps des martyrs. L'histoire de Nanter, abbé de Saint-Michel, en est une preuve évidente. Quand on lui propose un corps de martyr, il répond que pour être convaincu de l'authenticité de ce corps, il veut voir « intactum usque nunc sepulchrum et (quemadmodum in » gestis Passionum legitur) in superÎBcie tabulae marmoreae epitaphium exavatum}.»

Que conclure de ces faits, sinon qu'il n'y a pas ici de tradition, et que, s'il y en a une, on ne peut la faire remonter au-delà de la fin du xvi® siècle 4 ? Et rien de plus vraisemblable que cette conclusion, si l'on se rappelle l'oubli absolu dans lequel furent laissés les cimetières souterrains du xiii^ au xvi^ siècles Baronius nous décrit la stupéfaction des Romains auxquels on apprenait qu'ils avaient à leurs portes des cités aussi anciennes que l'Ëglise elle-même, et où ils pouvaient contempler de leurs propres yeux ce qu'ils n'avaient pu jusqu'alors que lire dans les historiens^. J'ai déjà fait remarquer l'hésitation bien frappante que manifestent en présence des vases, les premiers explorateurs des Catacombes; Bosio et son traducteur Arringhi ne savent pas quelle signification leur donner. Eussent-ils hésité un moment si cette tradition eût été constante et sûre.

Mais ils ne pouvaient pas, et nul ne pourra la trouver constante, à cause du peu de rapports qu'il y a entre le nombre des tombes ornées .de la fiole de sang, et le nombre des martyrs romains, nombre qui a été souvent et beaucoup exagéré. Tâchons, en suivant les meilleurs guides, d'arriver à la vérité sur ce point important.

La population de Rome n'a pas été aussi nombreuse, pendant les deuxième et troisième siècles de Père chrétienne, que M. Sconamîglio l'a prétendu, en s'appuyant sur quelques vagues paroles d'historiens et de jurisconsultes antiques?. Cependant il est visible que le P. de Buck est tombé de son côté dans un autre excès, en admettant, d'après l'autorité de Dureau de la Malle », que cette populo E. Le Biant, op. cit.j p. 28.

3. D. Calmet, Histoire de Lorraine, t. III, Preuves, col. xcix et c, cité par le P. de Bock, p. 18^.

4. « Traditio de vasis coœva est traditioni de palmis, auum manifestum sit utramque saculo xvi* exeunte non esse antiquiorem » (de Buck, de pkiala, p. 171).

5. G^îheX, Esquisse de Rome chrétienne, ch. 3 ; 5' édit., t. i, p. 152. Arringhi, Roma subterranea, U I, p. v.

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