‹ La question du vase de sangChapitre 9 sur 101 · Vives, 1868^ in-ii'^de vj-288 pp · texte numérisé non relu

Vives, 1868^ in-ii'^de vj-288 pp

L'art, du Diction, de M, Martigny, pp. 559-592, est tout à fait insuffisant, et cela surtout parce qu'il ne tient pas compte des derniers travaux,

3, Die Blutampullen dcr Ramischen Katakonben, Francfort-sur-le-Mein, 1868, gr, in-8%

4, Voici ouelaues autres indications sur le sujet des vases de sang, V, un article

ment, et tout à fait dans les idées de M. Le Blant, la question du Vase de sang: enfin deux articles, Fun des Feuilles littéraires et politiques de Munich, Tautre du Catholique de Mayence.

ceux du P. deBuck; j'excepte, bien entendu^ la conclusion de M. Kraus qui est assez originale pour qu'il tienne à en avoir l'honneur. Peut-être dois-je dire qu'il a souvent fait à des auteurs assez connus des emprunts assez longs, et que dans ce cas il n'aurait pas été de trop de les citer et d'indiquer la source ^

Je dois à présent chercher dans les monuments de l'antiquité chrétienne les renseignements nécessaires pour porter un jugement sur l'usage et la signification de ces fioles. Il faut préciser la question et se bien garder de prendre pour probants des faits et des arguments qui n'auraient aucune valeur dans cette discussion.

Ainsi, on ne met pas du tout en doute que, lors du supplice des martyrs, les chrétiens aient rois une louable émulation à recueillir les reliques de leurs glorieux frères*. Lorsque, par exemple, saint Cyprien.s'en allait au supplice, ses frères étendaient sur la place où leur évêque devait mourir des linges pour recevoir son sang précieux?. Prudence nous montre une mère qui, durant le martyre de son fils, étendait ses mains pour recevoir ce sang et ces reliques si chères 4 :

« Explicabat pallium, Manusque tendebat sud ictu et sanguine, Venanim ut undam profluam manantium Et palpitantis cris exciperet globum *. »

Mais là n'est pas la question : il ne suit pas nécessairement en effet de ces récits que le sang recueilli ait servi à indiquer la tombe du martyr. Rien au contraire dans les endroits analogues à ceux que j'ai cités ne peut faire venir en pensée qu'on ait dû agir ainsi.

On pourrait même croire que les fidèles ont tenu de préférence à garder dans leurs maisons, et à porter sur eux ces précieux souvenirs. Nous voyons en effet l'antiquité chrétienne faire un fréquent usage des Encolpla ou reliquaires portatifs^. Un des hymnes de Prudence nous a conservé un témoignage positif de cette pieuse coutume :

1. V. en part., pp. 60 et 6i, oui sont tirées textuellement du Dictionnaire de M. Martigny, art. Vases peints. V. M. Eam. Le Blant, D'une publication nouvelle sur le Vase de sang des Catacombes romaines. Paris, Didier, 1869, gr. in-8' de 20 pp. (extrait de la Revue archéologique) ; — v. aussi un art. dans la Revue des questions historiques, t. VII, p.

2. V. plusieurs faits dans V Histoire des Catacombes, de Tabbé Gaume, p. 540 et suiv:.

3. Acta s. Cyprmi, dans Ruinart, Acta sine. Martyr, Ratisbonne, 1859, gr. in-8% p.

4. PerisUphanoUj X, 841-84$. Migne, Patrol. lat,, t. LX, col. 507; v. aussi Perist,, XL, v. 141-144; ibid,, col. $4$:

« Palliolis etiam bibulae siccantur arenae

Nequis in infecto pulvere ros nianeat.

Si quis et in sudentibus recalenti aspergine sanguis

Insidet, hune omnem spongia pressa rapit. »

5. V.M. de l'Herviliers, le Catéchisme dans les Catacombes, Annales de la charité, 1859, p. 436. 437.

6. V. Martigny, Dictionnaire des antiquités chràiennes, p. 232. Se rappeler qu*Oplat

Plerique vestem linteam Stillante tingunt sanguine Tutamen ut sacrum suis Domi reservent posteris * .

D*autres chrétiens se contentaient d'oindre la tête et la poitrine, avec le sang des martyrs. Ils voulaient par là, dit le rédacteur anonyme des actes de saint Biaise, manifester leur désir de participer à la passion et au triomphe de leurs frères souffrants 2.

On n'a jamais cité, en regard de ces textes, qu'un seul fait positif pour montrer qu'on conservait dans un autre but le sang des martyrs. Mais ici encore il faut observer que c'était dans le tombeau du martyr et non pas dans la paroi extérieure de ce tombeau qu'on trouva le sang des saints Gervais et Protais. Voici comment s'exprime saint Gaudence, évêque de Brescia, qui était présent à la découverte du corps de ces bienheureux martyrs : « Quorum sanguinem tene- )) mus gyp50 collectum, nihil amplius requirentes; tenemus enim sanguinem qui » testis est passionis3. » Ce texte est considérable et il a fourni toujours le principal de leurs arguments aux défenseurs de la pratique actuelle; mais peut-il suffire à constituer une véritable tradition, et un texte isolé comme celui-ci doitil nous faire conclure à une coutume générale 4?

Cela pai^aît d'autant moins probable que nous ne voyons pas les anciens chrétiens se guider dans leur recherche des reliques par la présence du vase de sang. « Aux Catacombes, dit Prudence î, le nombre des martyrs est infini; mais » les reconnaître tous serait difficile et les inscriptions seules guident le chrétien » dans ses recherches. De signes étrangers il n'en parie aucunement^. »

Plusieurs autres faits que je trouve encore dans M. Le Blant nous conduisent au même résultat. « Vers le milieu du ix® siècle, un évêque de Mayence demande » au pape Grégoire IV l'envoi d'un corps de martyr, et ces mêmes hypogées )) où nous en trouvons sans peine un si grand nombre, ce saint pontife les » déclare épuisés par des translations antérieures. Peut-être, dit-il en terminant, » des investigations actives et minutieuses permettront-elles, toutefois, de » satisfaire au désir de l'évêque. Lorsque le pape Pascal chercha les reliques de

(lib. I), reproche à Lucilla, une des premières Donatistes de porter sur elle des reliques et de les baiser avant d'aller à la communion. Bingham, Origines sive Antiq, ecclcsiastica. éd. de Halle, t. X, p. 91.

1. Peristhephanon, hym. V, v. 341-^^14. Migne, Patrol. latin, t. LX, p. 398; aj. PerisUphy hymn. VI, v. 1J3 et suiv. ibid.y p. 421. Fauslin. Arevalus (in h. loc.) fait remarquer que les Romams portaient sur eux, dans de petits vases, des os dé ceux qu'ils avaient perdus.

2. Acta sanctor, t. III. Februarii, p. 345. Cf. les actes de S. Varus où le même fait se reproduit, t. VIII, octobris, p. 420.

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