‹ La question du vase de sangChapitre 20 sur 101 · Maj. Script, veter.^t, V, p · texte numérisé non relu

Maj. Script, veter.^t, V, p

7. V. les inscriptions de Léo, Maj., ib. V^ ^87; Laciliarm, 365; Marcellus, 389;

Migne, 8. Esquisse de Rome chrétienne, 5» éd. m- 12, t. I, p'. 202.

que les vases se trouvent beaucoup plus souvent sur des tombeaux postérieurs à Constantin que sur ceux des temps antérieurs. Ainsi M. Edmond Le Blant a relevé quatre-vingt-douze inscriptions à vase de sang qui ont en même temps le monogramme : or, jusqu'à présent on n'a trouvé aucun indice qui permette de constater l'emploi du monogramme au-delà de 323; en outre, il est certain pour tous les archéologues, que « l'absence de ce signe est une marque impor- » tante d'antiquité; sa fréquence au contraire caractérise les sépultures postérieures au triomphe de l'Église '.

Une fois le temps de Constantin arrivé, il n'y eut plus ni persécutions, ni martyrs 2. Ou du moins on n'en cite plus que quelques-uns sous Julien l'Apostat: en 362, saints Jean et Paul, saint Gordien; en 363, sainte Bibienne et ses parents; voilà^ je crois^ les seuls noms de martyrs romains après la paix de l'Église que les martyrologes nous aient conservés?. Que signifient alors les vases de sang i

En présence de tous ces faits, il semble difficile, sinon impossible d'admettre que les vases des Catacombes aient été placés près des tombeaux pour indiquer aux recherches à venir la qualité des corps voisins. Quelle signification alors leur attribuer? Sans me risquer dans une hypothèse nouvelle, je vais énumérer les diverses explications des auteurs, laissant au lecteur à faire son choix.

Un des vœux qu'exprimaient, à leur mort, les chrétiens des premiers siècles était d'être enterrés auprès des tombeaux des saints. A Rome, en particulier, au IV* et au v® siècles, les chrétiens eurent la dévotion de choisir leur sépulture dans les catacombes, « consolés dans cette pensée, dit dom Guéranger, qu'au jour » de la résurrection ils se lèveraient pour aller à Dieu dans la compagnie des » martyrs. » Comme tous ne pouvaient pas jouir au même degré de cette précieuse faveur, les survivants, après avoir mis dans des fioles du sang et des reliques des martyrs, plaçaient ces fioles près des tombeaux de leurs frères, pour satisfaire, autant qu'il était en leur pouvoir, les désirs des mourants. M. Ed. Le Blant a publié des inscriptions qui ne paraissent pas laisser de doute sur ce fait, et qui témoignent des pieux désirs des fidèles 4. En Sicile 5, dans les Gaules 6, en Espagne?, on rencontre des traces de cette pieuse coutume, qui

1. Le Blant, D'une publication nouvelle.,., p. 12; de Rossi, De christ monum. IXSYN exhib.^ p. 8, 27. M. Sconamiglio De philala cruenta, pp. 208 et seqq. soutient le contraire, mais sans arguments sérieux.

Page 1