Etudes des PP. jésuites, nov. 1868, p
6. Bulletin archéologique de l'Athenœum français, n*» 2, fév. 185s, art. de M. E. Le Blant. p. 12.
7. un concile, le premier de Braga, en 561, défend d*inhumer dans les églises, et cela
pourtant ne paraît guère avoir été suivie dans le sud de l'Italie et en Afrique ». Saint Maximin de Turin, écrivait au cinquième siècle : « Nam ideo hoc a majo- }) ribus provisum est ut sanctorum ossibus nostra corpora sociemus, ut dutn » illos tartarus metuit, nos pœna non tangat...* » Une épîtaphe, trouvée à
Lyon, nous en fournit encore une preuve: FLAVIUS FLORI POSITVS
AD SANCTOSî. Cette pratique persista plus longtemps peut-être à Rome qu*en province. Saint Grégoire-le-Grand (f en 604) explique dans ses Dialogues combien il est utile aux bons d'être ensevelis dans les églises 4. Il est possible cependant qu'à cette époque on n'eut plus le même motif, et que la protection qu'on cherchait auprès des martyrs fiit prise dans un sens moins matériel. Il n'en reste pas moins vrai que l'antiquité nous a laissé assez de monuments et de faits pour qu'on puisse admettre, sans crainte d'erreur, que souvent les anciens chrétiens plaçaient des reliques auprès des tombeaux pour protéger les défimts. Une chose paraît digne de remarque : c'est que cette ancienne coutume avait encore laissé des traces au xii® siècle. « Une lettre de l'an 1 168 J^ dit que saint Martin voulut être enseveli avec un vase rempli du sang des martyrs de la légion thébaine^. » Cette pratique était-elle celle des premiers chrétiens de Rome? La science jusqu'à présent est-elle en droit de l'affirmer ?
Suivant une autre opinion qui n'a absolument aucune probabilité, ces vases étaient destinés à recevoir des parfums. Basnage, en soutenant cette thèse, supposait que les Catacombes avaient servi de sépulture commune aux païens et aux chrétiens ; mais une fois qu'on eût démontré que ces cimetières avaient toujours été la propriété exclusive des chrétiens?, îl fut impossible d'admettre plus longtemps que ces vases avaient été des monuments d'une superstition païenne 8. Si Basnage s'était contenté de dire que parfois les chrétiens placèrent des vases de parfums dans les tombeaux^ on n'aurait pas pu lui contester cette assertion que plusieurs découvertes ont confirmée ,9; s'il avait dit que les premiers chrétiens avaient peut-être pris l'idée de cette pratique dans la lecture d'un
justement à cause de la déférence qu'on doit aux martyrs: « Nam si firmissimum hoc 9 privilegium usque nunc retinent civitates ut nullo moao intra ambitus murorum cujus- » libet defiincti corpus humetur, quanto magis hoc venerabiiium martyrum débet reve- » rentia obtinere » (Hardouin, Conc. coll., t. III, coi. 352. Cfr.Mœlher; Hist, de l'Eglise, tr. Bclet, t. I. p. 6^2, note). Donc, jusqu'à ce moment l'inhumation près des tombeaux des martyrs était désirée et habituelle en Espagne; autrement comment le concile de Braga Taurait-ii interdite?
1 . V. Topuscule de saint Augustin De cura pro mortuis gerenda, ad Paulinum, éd. Migne, t. VI, col. 591 à 6n.
2. Hom. LXXXI, 7/1 natali sanctorum Taurinonum martyrum ^ Octavij, Adventicij et salutarisj dans Migne, Patr, lot,; cité par M. E. Le Blant, op, cité, note 3.
3. Ibia, — Cfr. Le Blant, Inscript, chrà. de la Gaule, t. I, n* 293.
A. Note de Marianus sur l'épître de saint Jérôme ad Innocentium, éd. de Paris, 1624, in-îolio, t. I, p. 241, b.