‹ La question du vase de sangChapitre 53 sur 101 · T. XII, p · texte numérisé non relu

T. XII, p

4. Ce ms. contient : un traité apocrypbe sur la natif ité de la Vierge; un traité sur la virginité, par Uiidefonse de Tolède, imprimé a?ec les autres œuvres de cet écrivain ; les miracles de Laon , par Uermann , publiés par d'Achery, à la fin des œuvres de Guibert de Nogent ; les miracles de Soissons par Hugne Farsit, publiés par Michel Germain, dans les preuves de VBisloire de Notre-Dame de Soissons; les miracles de Roc-Amadour, et divers autres miracles.

5. Ce ms. est également composé tout en entier en Thonneur de la Vierge; il contient : les miracles de Notre-Dame à Roc-Amadour et à Soissons, les leçons qu*on récitait h Cambrai le jour de la Conception, des vers de S. Grégoire, des vers d'Abailard, des oraisons et un psautier de la Vierge.

6 Ferreolus Locrius , Maria Augtista, virgo Deipara, in septem libres tributa^ Altrebati ,. 1608, in-4% p. 438.

7. L*auteurdn Calendrier historial de la Vierge y inséré dans lés Heures delà

de RjDC-Âmadour, le,P. OdodeGissey et M, Tabbé Caillau^ Tout cru sur parole ^ Ils n'avaient pu d'ailleurs vérifier son assertion, car Odo de Gissey, qui publia en 1631 une histoire de Soc- Amadour, avait inutilement cherché un manuscrit qui contint ces miracles; et M. Gaillau, qui donna en 1834, sur le même sujet, un ouvrage où le mysticisme tient plus de place que Thistoire, avait déploré la perte des manuscrits.

Toute trace des miracles de Roc-Amadour eût-elle disparu, et en même temps toute possibilité de vérification , il semblerait cependant difficile d'admettre que Hugue Farsit en ait été Fauteur. Ce nom a été porté par plusieurs personnages au douzième siècle, et c*est là ce qui explique la diversité des titres que Ton a donnés au rédacteur présumé de nos miracles ^. On avait en vue Fauteur du recueil des Miracles de Notre-Dame de Soissons, qui était chanoine régulier de Saint- Jean des Vignes. A supposer qu'il vécût encore à l'époque où furent écrites les légendes de Boc-Amadour, est-il vraisemblable qu'un chanoine de Soissons soit allé en Querci ' se charger d'un soin que les religieux du pays devaient avoir à cœur de se réserver? En examinant le manuscrit de Saint-Germain, on trouve aisément Texplication de la méprise. Dans ce volume, les miracles de Boc-Amadour suivent immédiatement ceux de Soissons, et, comme Hugue Farsit a rédigé ces derniers, il a suffi qu'un lecteur inattentif ait attribué les uns et les autres au même auteur , pour que la confusion se répétât et se perpétuât *. Dans les manuscrits composés de pièces en l'honneur de la sainte Vierge, ces deux recueils devaient trèssouvent se trouver réunis, ainsi qu'il arrive dans le manuscrit de Saint-Germain et dans celui de la Sorbonne ^, et cette circons-

iainte Herge , dédiées à S. A. 8. madame la princesse de Conti (petit in-8«, Paris , 16ô7), renvoie à Hugue Farsit à propos de Notre-Dame de Boc*Âmadour.

1. Aux ouvrages du P. de Gissey et de M. Gaillau sur Roc-Amadour, il faut ajouter an article de M. Alexis de Vallou publié dans la Revue des ,Deux-Mondes , en février 1851, sous ce titre : La Corrèze et Roc-Amadour,

3. Voy. Ferreol. Locrius, Mar. Àug., p. 144 ; Mabillon, Ann, ord, S. Bened», t. VI, p. 163; Blicli. Germain, BisL de l'abbaye de N. D. de Soissons ^ p. 353; et r^t^ioire littéraire de la France , t. XI, p. 626, et t. XII, p. 294.

3. A la lecture des miracles , on volt clairement que le rédacteur habitait Roc- Amadour.

4. c'est par suite d'une semblable méprise que Ferry de Locres a attribué à Hugue Farsit les miracles de Laon. Mar. Aug. , p. 426.

5. Dans ce m«. le rédacteur des miracles de Soissons, qui suivent cette fois ceux de Roe-Amadour, n'est pas désigné.

tance entretenait la persistance de Terreur *. Au reste, elle n*n pas été universellement répétée. Baluze, dans ses notes sur Agobard ^ et dans son Histoire de Tulle ' , IHabillon, dans ses Annales de Tordre de Saint-BenoU* ^regàrdeui Touvrage comme ïinonyrae; et, de leur côté, les auteurs de V Histoire littéraire refusent d'adopter une conjecture que Ferry de Locre^ n'appuie d'aucune preuve ^.

Mais, s'il faut effacer définitivement le nom de Hugue Farsit sur le recueil de Roc-Amadour, il est difficile de le remplacer par un autre. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu*à Tépoque où le livre a été composé , un notaire était chargé d'inscrire chaque miracle à mesure que venaient le raconter les fidèles qui eu avaient été les sujets ou les témoins ®.

Toutefois ce n'est pas le notaire lui-même qui a composé ce traité ; car Tautear emploie la première personne lorsqu'il se met en scène, et dans la phrase où il est question du notaire, il emploie la troisième. Un personnage plus important, j'imagine, aura voulu répandre les élégances d'une docte rhétorique sur les notes qu'on lui fournissait. L'auteur est un savant en effet; il sait au besoin faire de pieux emprunts aux saintes Écritures; pour lui , diverses parties de la Gaule s'appellent encore Gallia brarata, ^Gallia comata'' ; pour lui encore, le monde est divisé en quatre parties {quadrifidtis mundus)^; c'est de plus un savant d'assez

1. Vincent de Beaavais a cité ex Jlfarla^i , avec des variantes insignifiantes, sept ^es miracles contenus dans nos deux mss. (Spéculum historiale^ I. XXIX, c. it, ▼ pt \iv, p. 1186, 1187, 1190 de l*édit. de 16?4). D'après Du Gange (au mot Mariale\ oii plutôt d'après Sander , Hugue Farsit aurait donné le titre de Mariait à son livre des miracles de Soissons ; peut-être le manuscrit qui contenait sous ce titre ks miracles de Soissons renfermait-il aussi les miracles de Roc- Amadou r, mais cette désignaUon n'était pas spéciale au il? re de flugue Farsit; voyez dans la Bibliothèque de Troyes le ros. n" 444, intitulé Liber MarialiSy et au foi. 46 v* du ms. n" 1743, les citations empruntées à un livre appelé Mariale.

Page 1