Ibid., p
édition, modifier son opinion en particulier sur le vase de sang. C*étaît là ce qui à Rome avait, au dire de D. Estiennot, procureur des Bénédictins français danj cette ville, particulièrement déplu.
Peu de temps après cette affaire, Leibnitz, qui se trouvait à Rome, soumit à une analyse chimique un fragment d'une de ces fioles, et voici ce qu'après examen il écrivait à Fabretti: « Inde nata nobis meritô suscipio est, Sanguineam potiùs materiam esse quam terrestrem seu mineralem». » Plusieurs écrivains, MM. de PÉpinois* et GaumeJ en particulier, ont presque Pair de croire que cette déclaration de Leibnitz a tranché la question : nous examinerons plus loin la valeur qu'on lui doit attribuer.
En 1720, Boldetti fit paraître ses Osservazioni sopra i cimiteri d^ Santi martiri ed antichi Cristiani di Roma (Rome, i vol. in-fol), où il s'efforçait de prouver la valeur absolue des vases pour la constatation du martyre. Mais les travaux de cet archéologue, qui jouirent pendant tout le xviii® siècle d'une vogue exagérée, ne sont ni très-savants ni très-solides4, et beaucoup croient qu'il n'a pas réfuté Mabillon avec autant de succès qu'on le ditJ. C'est pourtant sur son autorité que se fondèrent tous les érudits chrétiens qui, au siècle dernier, étudièrent la question, et Benoît XIV, quand il est amené à la traiter, s'appuie principalement sur les arguments de Boldetti^.
Le débat fut renouvelé en 1838 par M.' Raoul Rochette dans son troisième Mémoire sur les antiquités chrétiennes des Catacombes, où il examine les objets déposés dans les tombeaux antiques qui se retrouvent en tout ou en partie dans les cimetières chrétiens?. M. Raoul Rochette concluait pour la négative, et se fondant aussi bien sur diverses découvertes, celles entre autres des tombeaux des princes mérovingiens où on avait trouvé des vases assez semblables à ceux des Catacombes, que sur les témoignages de l'antiquité chrétienne, il supposait que ces vases avaient dû contenir des parfiims.
Le P. Secchi répondit à M. Raoul Rochette dans un opuscule intitulé San Sabiniano martire, memoria di archeologia. Roma, 18418. Le P. Secchi donnait plusieurs exemples frappants, et que nous rapporterons plus bas, de la coutume qu'eurent les premiers chrétiens de recueillir le sang des martyrs et de le conserver dans des vases de verre; il montrait que les fioles trouvées à Texterieur des loculi n'avaient pas pu contenir de parfums ; enfin il était pour lui indubitable que dans le cas particulier qui avait occasionné sa dissertation, la
1. Dans le }• mémoire de M. Raoul Rochette sur les Catacombes. Mém. de l'Académie des Inscript,, t. XIII, p. 553.
2. Les Catacombes de Rome. Revue des questions historiques. Janvier 1867, p. 276.