Ch. Lenormant, Cçrres pondant, nouv. série, t. X, p
6. De Servorum Dei beatificatione, lib. IV, p. 4, cap. 27; t. IV, p. 663 ; lettre à B. Veterani du 22 février 1755, Bullarium, Tiguri, 1847, in.4% t. IV, p. 221 ; lettre aux chanomes de Bologne, du 20 avril 1745; 'hid., p. 443.
7. Mémoire de l'Acad. des Insc. et B.-L., t. Xlli. p. 764 et suiv.-
8. Le mémoire traduit en français se trouve dans les Annales de philosophie chrétienne. Décembre 1841, pp. 444 et suiv., mars-avril 1842.
fiole trouvée contenait bien le sang du martyr. M. Raoul Rochette, dans une lettre au jésuite romain, du 6 août 1^41 ', lui déclara qu'il donnait à ses idées « un assentiment complet et sans réserve. » Mais le P. Secchi n'avait pas prétendu que toutes les fioles des anciens cimetières contenaient du sang, et que toute tombe où l'on en trouvait une contenait le corps d'un martyr.
D'autres écrivains furent moins réservés dans leurs conclusions et soutinrent que tous les vases trouvés aux tombeaux des Catacombes contenaient du sang : ainsi M. Vàbbé Gaume^. Rome laissa toutes les opinions se produire librement, et ce fut même sur des lettres venues de cette ville qu'un savant Bollandiste, le P. Victor de Buck? écrivit en 1855 un mémoire : De phialis rubricatis quibus marîymm Romanorum sepulcra dignosci dicuntur. C'est un in-8* de 263 pages qui n'a été tiré qu'à vingt exemplaires et que deux ou trois personnes en France seules possèdent: M. Edmond Le Blant, M. le comte de l'Escalopier4 et M. l'abbé Cochet. Dans les vingt-trois chapitres de son essai, le Bollandiste examine toutes les questions qui peuvent s'élever à propos de ce signe présumé du martyre. La tradition, les usages, les expériences chimiques et physiques sont invoquées l'une après l'autre en faveur de l'opinion de l'auteur. Suivant le P. de Buck, les fioles ordinaires qu'on trouve attachées aux tombeaux n'auraient jamais contenu de sang naturel, mais probablement des restes de la messe ou de l'oblationJ. M. de Rossi, ayant obtenu un exemplaire de ce livre, le communiqua au cardinal Patrizzi qui^ après l'avoir lu, défendit provisoirement de donner dorénavant des corps saints ; il permit toutefois de distribuer des vases sur l'usage religieux desquels tout le monde est d'accord.
M. de Rossi, qui a publié lui-même, si mes souvenirs sont exacts, une dissertation sur ce sujet, pense que les chrétiens avaient mis dans ces fioles des reliques et du sang des martyrs, et qu'ils les avaient placées près des tombeaux comme une sorte de phyladeria. Peut-être aussi les chrétiens avaient-ils voulu par là satisfedre aux désirs exprimés par des mourants d'être enterrés le plus près possible des tombeaux des martyrs.
En 1859^ M. Edmond Le Blant publia aussi un mémoire sur la Question du vase de sang^. H se prononce très-nettement contre la valeur de ce signe. Ses idé^ sur la signification des vases sont analogues à celles de M. de Rossi. Je les examinerai plus loin. Un article adoptant les conclusions de M. Le Blant se trouve dans la Viriti historique!; un autre qui défend la pratique actuelle a été publié dans les Annales de philosophie chrétienne par un érudit très au courant de
1. y. cette lettre dans les Annales de phil, chrit., novembre 1841, p. 395, ou dans Y Histoire des Catacombes, par M. Gaume, p. 563, en note.