BRUXELLES
IMPRIMERIE BAUVAIS & C ie , RUE ALLARD, 20.
1» iilflEK.
On ne peut se dissimuler que « la question flamande » telle qu'elle s agite, depuis plus de vingt ans déjà, dans la presse, les congrès flamands, et en dernier lieu dans le parlement et les diverses branches de l'administration publique, n'exige, avant peu, une solution entière et satisfaisante pour tous ceux qu'elle concerne. Il n'est pas impossible que, dans ces circonstances, on accueille avec quelqu'intérêt l'exposé historique des vicissitudes auxquelles la langue flamande a été soumise en Belgique, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. Ce peut être d'ailleurs aussi un enseignement utile pour régler le sort actuel de cette langue, dans ce que la constitution nationale en subordonne à l'action de la législature (1). L'expérience des pères ne doit pas être perdue pour les enfants. C'est un axiôme très ancien, doni on se rit souvent aujourd'hui dans certaine école où c le droit histo-
(1) Constitution belge, article 23:
rique » doit se faire bien petit garçon s'il veut tenir encore quelque place à côté de t la raison souveraine. » Mais nous rappelons encore cette axiôme avec quelque confiance aux vieux Belges qui n'ont pas tous lait fi des traditions nationales. Voyons donc d'abord ce qu'était autrefois le flamand en Belgique, pour dire ensuite ce qu'il est aujourd'hui. Cet essai se terminera par l'examen de la question de savoir ce qu'il faudrait au flamand pour le rétablir autant que possible sur le pied le plus conforme à son passé. Que personne ne s'effraie : il ne s'agit que de liberté à employer, et d'arbitraire à proscrire; deux solutions auxquelles nos pères recouraient le plus volontiers dans les cas difficiles, et qu'ils ont appliquées par excellence aux affaires du langage, parmi nos populations d'origine diverse.