PREFACE
I.e caractère' d'universalité de l'Église catholique, de cette société spirituelle qui s'étend à tous les lieux, a renfermé, dès l'origine, deux questions que la Providence devait résoudre.
Comment le chef de l'Église pourra-t-il exercer librement son ministère universel, s'il est, sous le rapport politique, dans la condition de sujet?
Si, au contraire, il est indépendant, c'est*à*dire souverain, son pouvoir politique ne nuira-t-il pas à la confiance filiale due à l'autorité du Pontife suprême, en donnant de l'ombrage aux in-^ térêts temporels des nations spirituellement soumises aux lois de la subordination catholique ?
La Providence divine a répondu à la première de ces questions en suivant une marche qui précède d'ordinaire la forma* tion des grandes choses. H y a presque toujours une période de temps durant laquelle une suite de circonstances funestes, de violences, de perturbations , prépare les institutions salutaires, parce qu'elle amène à en comprendre la nécessité. Gomment les premiers Papes, sous la hache des persécuteurs, ont-ils défendu la liberté de leur ministère? Par un- moyen bien simple : ils mouraient. Le catalogue des souverains Pontifes depuis saint Pierre jusqii'à l'avènement de saint Sylvestre, est un martyrologe de trois siècles.
Après cette époque, lorsque plusieurs des successeurs de Constantin se mirent à torturer la foi, ou que leurs remplaçants en Italie, les chefs des nations conquérantes, firent des invasions dans le domaine des doctrines religieuses, l'indépendance des Pontifes n'eut souvent pour garantie humaine que lé caractère personnel de l'autocrate qui régnait sur Rome. Quelquefois la
crainte d'un soulèvement populaire arrêta les mesures violentes dont ils étaient menacés. D'autres fois ils eurent le partage des anciens Papes, Texil, là captivité, la mort dans un cachot. Par toutes ces épreuves, il devint visible que l'Église possède une force qui lui est propre , distincte des appuis politiques : Dieu avait voulu que cette vérité fût constatée par une longue et douloureuse expérience. Mais il devint visible aussi qu'un état de choses, 0Ù9 dans beaucoup de cas, la liberté du monde chrétien, personnifiée dans celle de son chef, n'avait été sauvée que par des expédients héroïques ou des accidents providentiels , devait faire place à une situation définie, à cet ordre fixe que des insti*^ ' tutions seules peuvent créer.
Pour garantir autant que possible le Pape contre des menaces de violences, d'exil ou de prison, le moyen le plus sûr était de lui donner un trône. Cette grande institution ^ut le couronnement de ce qui s'était successivement opéré dans les autres parties de l'organisation ecclésiastique, où l'on avait remédié, par des mesures stables , aux plus graves inconvénients des situations précaires et flottantes. Dans les premiers temps, les chrétiens n'avaient eu, suivant les circonstances, que des sanctuaires souterrains ou improvisés : mais le moment arriva où la régularité du service religieux fut assurée par la construction des églises. Les œuvres de la piété et de la charité n'avaient été d'abord soutenues matériellement que par les subsides variables des col* lectes : la création de la propriété ecclésiastique permit de sub** venir, d'une manière fixe, à l'entretien du culte et aux besoins des pauvres. Le ministère des évêques fut protégé, par les lois civiles elles-mêmes, contre le pouvoir arbitraire que l'ancienne législation laissait aux fonctionnaires de TÉtat. Sous tou9 ces rapports , on avait substitué à la ressource des expédients le bienfait permanent des institutions. Ce progrès devait s'accom* plir aussi au sommet de l'Église. La souveraineté temporelle des Papes fut ïa dotation de leur indépendance.
Voilà comment la Providence a répondu à la première des
questions qu'impliquait rorgànisation de TËglise catholique. Elle s'est chargée aussi de répondre à la seconde.
Le pouvoir lemporei du Pape ne saurait être un sujet de méfiance et d'alarmes 'pour les intérêts politiques des peuples^ puisque ce pouvoir, moralement grand , est matériellement fai*^ Lie. Supposons que le Tonquin ou le Japon, devenant chrétiens, se rattachent aux églises qui ont pour chefs Fempereur de Russie ou la reine d'Angleterre : ils seraient inévitablement placés sous la pression des deux colosses politiques, militaires, commer^ ciaux, dont ils auraient accepté la suprématie religieuse. Qui ne voit, au contraire, que, s'ils donnaient le nom de Père au Pontife qui règne au Vatican, les canons du château Saint-Ange ne troubleraient ni leurs cités , ni leurs ports : politiquement , ils seraient demain ce qu'ils étaient hier. L'Angleterre et la Russie songent, avant tout, l'une, à ouvrir des marchés pour les produits de ses manufactures , l'autre, à conquérir des positions stratégiques pour sa diplomatie et ses armées : la suprématie ecclésiastique de leurs souverains ne change rien à cela, et sert à cela. Cette tendance prédominante est dans la force des choses; ils ne sont chefs de leurs églises que parce qu'ils sont rois. Le Pape n'est roi que parce qu'il est le chef de la catholicité. Cette situation inverse le constitue dans d'autres rapports avec le monde. Son intérêt suprême est d'ouvrir des églises, de conquérir des âmes, de multiplier partout , non ses serviteurs, mais ses enfants ; et par conséquent d'être en paix avec tous les pays qui font partie de sa famille universelle. Sa seule force humaine , l'opinion publique du monde chrétien proclame qu'il existe entre la Papauté et la guerre agressive autant d'antipathie qu^entre le simple sacerdoce et la violence. Sans doute le Pape et le prêtre peuvent se défendre lorsque la nécessité l'exige; mais, hors de là, la mansuétude n'est pas seulement une convenance de leur position, elle en est l'es* sence, et c'est surtout au Père commun que le sentiment universel applique la maxime de l'Église : Ecclesia abhorret a san-
guijie. Ainsi le caractère de la Papauté, le premier intérêt de la Papauté, la faiblesse matérielle de la Papauté lui interdisent d'être provocante. Par son caractère, elle ne doit pas l'être; par son intérêt , elle ne veut pas Têlre ; par sa faiblesse ma* térielle, elle ne peut pas Têtre. Que si Ton objectait, malgré tout, que cette sublime impuissance peut souffrir quelc[ues exceptions, je me bornerais ici à demander ce qu'il faudrait penser de l'autorité paternelle, du gouvernement des états^ du droit de propriété, base de la société humaine, si Ton devait en juger sur quelques cas réels ou possibles. Dans tous les ordres de choses ^ tout ce qu'on peut prétendre, c'est que les institutions soient bonnes : les exceptions ne comptent pas dans l'organisation sociale du monde*
Sous ces divers aspects , le pouvoir temporel des Papes a été une production naturelle des id^es et des sentiments qui ont constitué le monde chrétien. Il n'y a jamais eu de souveraineté
qui ait eu sa raison d'être dans des besoins aussi profonds , qui
ait correspondu à des intérêts d'un ordre aussi général, qui se soit rapportée à un but aussi élevé. Aussi a-t-elle été en^ butte à bien des haines ; c'est le privilège des grandes et saintes choses.
Dans 1-époque moderne , elle a eu pour ennemis acharnés tous les adversaires de la révélation : leurs docteurs n'ignorent pas que la Papauté est la clef de voûte de l'édifice chrétien , et que les sectes protestantes sont, comme l'a dit récemment l'un d'eux, les mille portes par lesquelles on sort du christianisme. Ils attaquent à Rome la couronne du monarque, parce que l'homme dont elle ceint le front est le seul homme qui élève la croix sur le monde.
Ils ont pour alliés tous ceux qui, dans les rangs d'un vague christianisme, sont plus protestants que chrétiens. Le protes*tantisme anglais s'est placé là en première ligne. On se rappelle quels cris de joie il poussa dans ses journaux, dans ses tribunes , dans ses chaires, lorsqu'il y a dix ans ce je ne sais quoi d'ignoble et de sanglant qui s'appelait la Constituante ro-
maiae proclama la déchéance de la Papauté. La baine invétérée du protestantisme anglais est devenue plus acre par suite de ses blessures récentes. Une foule d'hommes, dont il était fier à juste titre, ont déserté TÉglise de Henri Vlll pour rentrer dans celle de saint Pierre, et les vieux sièges des évèques catholiques se sont relevés sous des titrer nouveaux. On pense à Londres que la destruction ou du moins ramoindrissement
de la souveraineté du Pape sur l'Etat romain^ serait une bonne revanche du rétablissement de la hiérarchie papale en Angleterre,
En politique, tous les partis révolutionnaires sont ligués contre le gouvernement des Papes , cela va sans dire. Mais il est bon de remarquer que chacun d'eux, tout en s'associant à la haine commune, a son grief spécial et sa dent plus envenimée contre lui. Les communistes, les socialistes^ destructeurs du droit de propriété, savent que le vicaire de Jésus-Ghrist ne supprimera jamais le septième précepte du Décalogue. Les démocrates, ennemis de toute hiérarchie sociale , désespèrent d'avoir le Pape pour complice. Jamais les républicains systématiques , prêts à renouveler les serments de haine à la royauté, ne pardonneront aux Papes d'avoir imprimé sur le front des rois un caractère si sacré qu'ils l'ont fait respecter dans les princes même qui les persécutaient. Pourquoi n'ajouterais-je pas que des hommes attachés à des doctrines moins radicales et qui se prétendent plus sages , ont aussi leur rancune contre le Vatican , peu disposé à sanctionner leurs conceptions? Ils sont loin, personne n'en doute, de conspirer la destruction de la souveraineté temporelle des Papes; mais, au fond, ils ne seraient pas fâchés qu'on lui donnât ce qu'ils appellent une leçon.
Ces diverses haines, quelquefois endormies, mais toujours vivantes , éclatent et se coalisent lorsque des circonstances particulières provoquent leur explosion simultanée. C'est ce que nous avons vu dans ces derniers mois , à l'occasion des débats sur ritahe. Les journaux révolutionnaires, soit en religion, soit en politique , ont redoublé d'astuce et d'efforts pour produire
aux yeux de Topinion publique la plus odieuse fantasmagorie. Répéter des assertions gratuites, inexactes, complètement erronées , sans dire un mot des réfutations ; mettre eu lumière te qui n'est pas et cacher dans l'ombre ce qui est, telle a été leur invariable tactique. On en trouvera des preuves surabondantes dans récrit qui suit cette préface; en attendant je donne ici, par anticipation, quelques échantillons de ce vaste mensonge.
Ces journaux ont proclamé d'une manière si tranchante et si absolue la nécessité de séculariser l'administration de l'État romain que beaucoup de gens, et même des écrivains, qui ont l'habitude de penser et de Ure, croient que la grande partie des fonctions civiles est confiée à des prêtres. On a démontré jusqu'à l'évidence la fausseté de cette allégation ; on a prouvé par des chiffres officiels que les ecclésiastiques ne participent à l'administration temporelle que dans une très-faible proportion. Qu'ont répondu ces journaux? Ils ont gardé le silence.
Ils ont voulu faire entendre que les intérêts, soit individuels, soit collectifs des citoyens , sont livrés aux caprices d'une administration arbitraire. On a déroulé sous leurs yeux le tableau des institutions municipales et provinciales ; on leur a fait remarquer qu'elles reposent sur des fondements plus sûrs , et , à certains égards, plus libres que ne le sont les bases des institua tions analogues dans beaucoup de pays de l'Europe ^ sans ex- Cepter la France. Qu'ont-ils répondu à cela? Profond silence.
Us ont prétendu que les finances ne sont assujetties à aucun contrôle. On leur a répliqué qu'elles sont soumises à une Consuite, émanée, par voie d'élection, des conseils provinciaux, et que la modération des impôts ferait envie à bien des peuples qtii payent un régime parlementaire. Qu'on t-ils répondu? Nouveau silence.
Ils ont supposé que toutes les questions relatives à l'état civil des personnes et à leurs propriétés sont exclusivement réglées par les dispositions du droit canonique que, du reste, ils nd connaissent guère. On leur a fait observer que si les prescrip-
tioQS qui forment le caractère spécial du droit canonique ré-» gissent certaines matières dans TEtat romain , comme aujourd'hui encore en Angleterre , il n'en est pas moins vrai que le fond de la législation civile est l'ancien droit romain , qui est aussi la base de notre code et de plusieurs autres ; que oe droit, rectifié dans ce qu'il avait d'opposé au christianisme, a été mo* difié par les Papes selon les besoins et les convenances de la civilisation chrétienne. Qu'ont-ils répondu? Toujours le silence.
Ils ont versé des larmes sur le sort des classes populaires» On les a priés d'établir une comparaison entre la condition des indigents sous le régime catholique des États de l'Église et la situation des pauvres soit à Londres, par exemple, où trois mille sont morts de faim dans ces dernières années, comme cela vient d'être constaté , soit en Irlande , où la faim les décime périodi* queroent. On a demandé à ces mêmes journaux si l'on voit sortir des provinces romaines ces grandes colonies de la misère qu'on appelle émigration, et qui vont chercher dans les forêts de l'A^ mérique et jusqu'aux extrémités du globe le pain que le sol natal leur refuse. On leur a rappelé , comme fait notoire et in* contestable, que le peuple romain se nourrit plus sainement et à meilleur marché que ne peut le faire le peuple des pays les plus vantés par les économistes. On leur a rappelé aussi que la population a été généralement préservée de cette maladie , de cette excitation fébrile , dévorante , qui pousse avec une sorte de frénésie à l'acquisition des jouissances matérielles , et qui , partout où elle s'est développée 9 produit autant de désordres que de malheurs. On les a invités à ne pas taire que cette po-^ pulation , qu'ils représentent sous des couleurs si tristes , offre au contraire , d'après les témoignages unanimes des voyageurs impartiaux, le spectacle d'une gaieté habituelle, qui n'est nullement le privilège des peuples malheureux. Qu'ont-ils répondu? Silence j silence 1
Je ne crois pas qu'on puisse trouver, dans l'histoire de la presse depuis soixante ans, un système d'erreurs et de men-
songes soutenu avec autant de concert et de persévérance pour aveugler, sur un objet déterminé, l'opinion publique. Nous ne devons négliger aucun moyen de détruire les dangereuses illusions qu'il a produites et qu'il entretient, ^excellent travail de IsLCivillù cattolica^ traduit dans les colonnes de Y Univers^ correspond bien à ce but. Mais les abonnés du journal français, que de précédents articles avaient déjà instruits sur le fond de la question, sont précisément la classe de lecteurs qui avait le moins besoin de la nouvelle et vive lumière qu'ont apportée les pages si concluantes de la Revtie romaine. En les publiant à part, en les distribuant de tous côtés , on les placera sous les yeux d'une autre partie du public qui ne demande qu'à être éôlairée. Tout catholique, qui comprend à quel point il est nécessaire, surtout eii ce moment, de défendre une grande et sainte cause si indignement travestie, se procurera quelques exemplaires d'un écrit aussi décisif, pour les faire circuler au-^ tour de lui. Les séminaires, les curés, les communautés religieuses, les maisons d'éducation, les associations de charité, les cercles catholiques s'empresseront, nous en avons la confiance, de répondre à cet appel.
Mais, en s'efforçant de rétablir la vérité des faits, les catholiques doivent aussi repousser avec énergie les faux principes de droit public que les ennemis du Saint-Siège viennent de fabriquer pour les tourner contre lui. La plupart d'entre eux n'osent pas demander formellement la destruction de la souveraineté temporelle des Papes. Ils savent que ce vœu impie n'aurait aucune chance de succès. Les dynasties protestantes elles-mêmes, du moins presque toutes, seraient effrayées de la perturbation profonde qu'une pareille catastrophe produirait dans l'ordre social déjà si ébranlé. On sent que, si celte grande institution, ^i étroitement liée à Torganisalion du monde chrétien , venait à s'écrouler, il se formerait à sa place un de ces gouffres qui dévorent les peuples et où les royaumes tombent en débris. Mais les ennemis de la Papaiité, tout en dissimulant leurs
arrière-pensées 7 croient que les circonstances actuelles leur permettent de mettre en ayant des principes et dé provoquer des mesures dont le résultat serait d'humilier, d'affaiblir, de miner le gouvernement du Pape.
En conséquence, ils demandent d'abord que les premières puissances de l'Europe, réunies ou non en congrès, imposent au Pape, ainsi qu'à quelques autres princes, des réformes dans le régime intérieur de leurs États. C'est demander que des têles couronnées fassent une révolution par en haut, comme la démar gogie veut en faire une par en bas. Si des souverains ét;aient destitués dé leur indépendance, cette déchéance serait une desr tmction du droit : la Révolution n'est pas autre chose. La république française avait institué, sur les ruines de l'ancienne mo: narehie, un directoire de cinq citoyens : l'Europe aurait wn dir rectoire de cinq puissances, sur des débris de l'ordre général .
Remarquez en outre que c'est demander à ces. puissances de jouer. un rôle clairement. contradictoire, d'avoir deux poids et deux mesures pour la même question, dédire oui en se tournant d'un côté, non en se retournant de l'autre/En effet, un 4es griefs dont on sollicite le redressement, c'est que la souveraineté de quelques princes italiens semble lésée par certains articles des traités qu'ils ont conclus avec l'Autriche. Pour remédier à cela, le congrès devrait dire d'abord : Nous voulons que, dans le gouvernement de ses Etats, chaque souverain soit indépendant ; et tout de suite après il ajouterait : Nous voulons que le souverain de Rome dépende de nous dans le gouvernement de ses Etats* Est*ce soutenable?
Est-il nécessaire de rappeler que, parmi les puissances qui mettraient la nuiin sur là grande institution du monde catholique, il y a en trois qui ne sont pas catholiques ; que l'une d'elles^ TAnglelerre, ne reconnaît pas officiellement le Gouvernement romain; que, seule entre les nations prolestantes, elle refuse depuis trois siècles d'entretenir avec lui des relations diplomatiques; qu'elle maintient une loi en vertu de laquelle ses rpis ne
pourraient, tans forfaiture, recevoir une lettre du Pape? Est^ elle en position de lui donner un conseil d'ami? Passons.
Les ennemis du GouTeroement romain ont imaginé une seconde combinaison. Si, d'un côté, ils veulent que les cinq puissances s'immiscent dans le gouvernement du Pape, malgré le Pape, ils prétendent, d'un autre côté, que la France et l'Autriche doivent prendre l'engagement de ne pas intervenir, dans le cas où le Pape réclamerait leur appui. Les deux premières puissances catholiques renonceraient, non*seulement à leur droit, mais aussi à leur devoir de protéger à Rome le premier intérêt de la catholicité. Elles y renonceraient, pour encourager les espé* rances et les projets de tous les conspirateurs, de tous les fauteurs de troubles, pour permettre au parti qui a planté ses tentes à Turin de menacer impunément le Saint-Siège de son intervention anarchique. Non, la France ne peut vouloir que la grande œuvre de Charlemagne soit ainsi accrochée au petit chariot révolutionnaire du Piémont. Non, la France n'abjurera pas sous l'empire l'antique mission qu'elle a remplie naguère sous la république. Les deux premières puissances de la chré* tienté unies dans la même foi sont, en réalité, ce que figurent les statues de Charlemagne et de Constantin, placées sous le vestibule de la basilique de Saint*Pierre : elles sont, au nom du monde catholique, les deux sentinelles qui, la main sur la garde de leur épée, doivent voilier aux portes de la maison du Père commun, lorsque des malfaiteurs rôdent autour d'elle.
Les catholiques seront en même temps éclairés sur les faits et confirmés dans les principes par la lecture de l'écrit que je leur présente. Ils seront aussi excités de plus en plus à demander au Dieu de la justice des consolations invincibles pour celm qui est) sur la terre^ la viiante image de sa bonté.
•(•Philippe, évique de Perpignan,
iPerpignan^ IS utril 1S5S.
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