‹ La question juive [microforme]Chapitre 9 sur 10 · A PROPOS DU MEURTRE DU P. THOMAS · texte numérisé non relu

A PROPOS DU MEURTRE DU P. THOMAS

Nous recevons et publions à titre documentaire la lettre suivanté

reçue de Saint-Brieuc :

ri Saint-Brieuc, 26 octobre 1913.

Monsieur, .

Nl. de Cathelineau a tout à fait raison de vous dire qu’on n’assure

mais ge est certain qu’en 1840, à Damas, un Capucin frunçais, e R. P. Thomas, 2" victime d’un crime rituel perpétré par des juifs. M. de Ratti- enton, consul de France, qui poursuivit les auteurs de l’assassinat, envoya à Paris les pièces de l'enquête et celles du procès qui s’était terminé par l’aveu des meurtriers et par leur condamnation à mort. Les aveux des coupables établissaient clairement qu'il s’agissait bien d’un crime rituel.

J'ai eu entre les mains la copie des pièces de l'enquête, écrites de la main même de M. de Ratti. Menton, et les copies qu'il avait fait établir des pièces du procès. Je sais où elles sont actuellement, et quoique A les aie pas sous les yeux au moment où j'écris, je crois pouvoir dire que les citations faites par M. de Cathelineau reproduisent ce que j'ai lu dans le dossier provenant de M. de Ratti-Menton.

Je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissantserviteur.

G. GARDAREIN, capitaine de frégate en retraito.

M. Théodore Reinach, Israélite de France, avait prétendu que le Consul de France à Damas au temps du rocès des meurtriers juifs du P. Thomas, M. de Rattienton, 4 qui, écrit M. Albert Monniot dans la « Revue Internationale des Sociétés Secrètes », livraison du 20 septembre 1913, p. 3238 — « était de ceux, innombrables, pour qui l'assassinat et le crime rituel étaient pertinents», s'était fait donner un démenti par son chef ministériel M. Thiers, lui-même, en pleine Chambre française.

Or, voici ce qu’on lit à la page 1258 du « Moniteur Universel » — organe officiel du gouvernement français d'alors — numéro du 3 juin 1840 :

4 M. Thiers, Président du Conseil.

« Je ne soutiendrai jamais les agents français contre les agents étrangers à tort et à travers; mais jusqu'à ce que leurs torts soient ren plus ils seront attaqués par les agents étrangers, plus je les soutiendrai.

DE — : « Je crois être ici plus instruit que vous tous sur la vérité... j'ai lu avec ucoup de soin }: : procès-verbaux de la justice turque ; on les a traduits...

« L'avis du Cons“. anglais est I vorable au Consul frangais, et cela m'est revenu de I ndres. Ains, il y a aussi du côté du Consul français des assertions conſormes à ls sienne, Et qu'ils (les Zsraélites) me permettend' de le dire, is scht plus Paigant⸗ dans le monde qu ils ne prétendent l'être ; et à l'heure qu’i auprès de toutes les Chancelleries étrangères ; ils y mettent un zèle

ina :

n agent français qui est dans son droit sera toujours protégé contre toutes les influences, qu'elles qu’elles soient.» (Très bien! Très bien ! »

M. Théodore Reinach avait aussi prétendu que le ugement du tribunal de Damas, qui condamna à mort es meurtriers juifs du P. Thomas, avait «été annulé» par Méhémet-Ali (le Khédive). On a vu, par la lecture que j'ai faite plus haut du texte même du firman du Khédive,

u'il n'est pas un acte d annulation du verdict de la con damnation à mort porté par le tribunal de Damas contre les Juifs meurtriers, mais un décret de mise en liberté des condamnés pur et simple.

— Lettre de M. le comte de Ratti-Menton, consul de 3 . Damas, d Chérif Pacha datée du 22 avril 1840 0 33) :

« Je dois ajouter à ce J'ai écrit dans ma lettre précédente portant le N° 32, relativement . Juifs, gu un juif, par le M 2701606 de L'un des consuls d'ici, demanda à s'aboucher Ve gp" i, membre du tribunal du pacha, et d se réunir tous les trois une affaire importante. Je consentis à l’entrevue Pour en connaître 1 0 8 quatre 5 “a fa 1 2, Parce que, disait-il, c'était une umiliation pour la nation ; 2° on Sri 2 dans les verbaux ces traductions et icati e faites per

livres Ju iscione Abu-el- , et gu an ire, on les détruise com 5 9° 9 r . „

mort en n'importe quelle autre. Si on obtenait tout cela, ci: cent mille Piastres étaient offertes ; cint cinquante mille au moment de la ratification

Beaudin, chancellier du consulat de France, cent 1 mille piastres

qu'il s'étudiât, autant que cela était possible, et du peuple

uif tous les soupçons qui pesaient sur lui, s’engageant à augmenter. la somme, si elle n'était pas ante. J'ai l'honneur, eto.

(Signé) : comte de RarrI-Menron v O

La revue, les Questions Actuelles, de Paris — dont la haute valeur documentaire est universellement reconnue — affirme, aux pages. 138 et suivantes de son tome XV (No du 3 septembre 1892), que, de 418 à 1891, il y aurait eu plus de 130 cas de crimes rituels constatés dans tous les pays où Juifs et Chrétiens cohabitent. Et la Revue indique avec précision les sources où elle a puisé les preuves de ses avancés.

On trouve aussi une étude approfondie de la question du meurtre rituel en énéral, et des deux cas de Trente et de Damas en particulier, dans les livraisons suivantes de la grande revue romaine, la Cüiviltà Caitolica, de l’année 1882 : 24 mars, p. 97; 8 avril, p. 214; 13 mai, p. 473; 27 mai, p. 599 ; 10 juin, p. 727. — La conclusion irréfutable de ces très savantes études de l’importante Revue, qui s' inspire et se documente toujours aux sources les plus autorisées, c’est que le meurtre rituel est un fait, dûment enregistré par l’histoire. ®

C’est tout ce que je voulais dire, ce soir, sur la question du meurtre rituel.

„Pour revenir, maintenant, à la question juive, considérée en général et abstraction faite de la question spéciale qui touche à l’existence du meurtre rituel, n’oublions jamais, nous, catholiques, que si les intérêts de la religion nous font une obligation grave de garder à l'égard des Juifs une attitude de 1 défensive, nous pouvons rendre, en tout esprit de charité chrétienne, à ce peuple, qui fut un jour le peuple de Dieu, un immense service, celui de prier pour sa conversion.

. (1) Cf: Questions Actuelles, 3 ee 1892), p. 144. cf. aussi iers .

(2) La collection de la Civilté Cattolica se trouve à la bibliothèque

C’est pour cette noble fin que nous désirons faire connaître, ce soir, à nos auditeurs, s’ils ne le savent déjà, qu'il existe une Confrérie dont le but est de prier pour la conversion du pus juif. Cette Confrérie, fondée à Paris, en décembre 1904, sous les auspices de la Congrégation de N otre-Dame-de-Sion, laquelle doit son existence au Juif converti, le R. P. Ratisbonne, fut érigée en Archiconfrérie par S. S. Pie X, le 24 août 1909.

La prière favorite de ces pieux Associés dute déjà de :

plusieurs années et fut enrichie de 100 jours d’indulgence par Léon XIII, le 15 juillet 1893. En voici le texte, — et je tiens à terminer cette conférence par ces paroles de vérité et de paix, de miséricorde et d’espoir :

Dieu de bonté, Père des miséricordes, nous vous supplions, par le Cœur Immaculé de Marie et par l’intercession des Patriarches et des Saints Apôtres, de jeter un regard de compassion sur les restes d'Israël, afin qu’ils arrivent à la connaissance de notre unique Sauveur * Christ et qu’ils aient part aux grâces précieuses de la Ré-

demption. Pere, Pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. »

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