Pantché Doreff, de Monastir
Une partie considérable enfin de la presse bulgare (229 journaux en 1910) se trouve dans les mains de cette même émigration macédonienne. Les journalistes bien connus en Bulgarie, tels que Kitantcheff , Rizoff, Liaptcheff, Radeff, Mileff, Robeff, Naoumolf, Bajdaroff, Koulicheff, Strachimiroff, Paskoff, Kraptcheff, Chakhoff, etc., sont originaires de la Macédoine.
Le précurseur du socialisme en Bulgarie fut un Macédonien, Spiro Goulabtcheff, et le leader du parti socialiste dit « étroit », d'aujourd'hui, est également un Macédonien, D. Blagoeff.
Le coup d'Etat qui, en 1885, unit la Roumélie Orientale à la Bulgarie doit beaucoup au Macédonien D. Rizoff, de Monastir, qui fut un des principaux conjurés. Cet événement fit éveiller la jalousie de la Serbie dont les troupes ne tardèrent pas à envahir la Bulgarie. Animée
d'un ardent sentiment national bulgare, l'émigration macédonienne forma trois bataillons de volontaires sous les ordres du capitaine Panitsa et un quatrième sous le commandement du vétéran macédonien Ilio Markoff, qui se portèrent au secours de l'armée bulgare contre les Serbes; ces volontaires macédoniens furent les premiers qui entrèrent à Pirot, ville de Serbie.
Et plus tard, lorsqu'en 1912 l'Alliance balkanique, sous l'égide de la Bulgarie, fit sonner la dernière heure de la tyrannie turque en Macédoine et en Thrace, les Bulgares macédoniens fournirent les contingents de 15 bataillons de volontaires, formant la « Légion bulgare macédonienne ». Celle-ci se couvrit de gloire dans les combats mémorables livrés sur les côtes de la Marmara. Enfin, dans la Grande guerre qui vient de prendre fin, la Macédoine a grossi de 60,000 de ses fils les rangs de l'armée bulgare, qui compte, en outre, plusieurs généraux et un grand nombre d'officiers (976) originaires également de la Macédoine.
Ce n'est pas seulement au point de vue politique et militaire que l'émigration macédonienne joua un rôle important dans la vie du nouvel Etat bulgare; elle prit une part très active aux manifestations religieuses et intellectuelles des Bulgares du royaume et ne cessa de s'intéresser au triste sort de ses frères de Macédoine. La Macédoine offrit à l'Eglise nationale bulgare, en qualité d'évêques, onze de ses fils les plus vénérés:
Lieu de naissance
Siège
Ghénnadius,
Okhrida,
Vélès.
Panarète,
Patélé (d. Florina),
Philippopoli.
Nathanaïl,
Koutchevichta (distr.
Okhrida et
de Scopié),
Philippopoli.
Mélétius,
Stroumitsa,
Sofia.
Cosma,
Orlantsi (d. Ktichévo),
Dèbre.
Théodose,
Tarlis (d. Nevrokop),
Scopié.
Méthode,
Prilep,
Stara-Zagora.
Parthénius,
Galitchnik,
Pirot.
Lieu de naissance Siège