‹ La question mexicaine et les intérêts françaisChapitre 9 sur 10 · SECONDE RÉPONSE DE M. GAMBOA · texte numérisé non relu

SECONDE RÉPONSE DE M. GAMBOA

Mexico, le 26 août 1913.

Monsieur,

J’ai eu l’honneur de recevoir hier, de vos mains, une note dans laquelle — bien que vous n’ayez pas d’instructions de M. le Président des Etats-Unis d’Amérique, à cet effet, — vous voulez bien déclarer d’emblée que la réponse faite par le gouvernement de la République et par mon entremise à votre note du 16 courant ne répond pas pertinemment à vos instructions

La seconde note américaine n’apporte aucun nouvel élément d’entente.

Dès l’abord, il saute aux yeux, Monsieur l’Agent Confidentiel, que l’intention de Son Excellence Monsieur Woodrow Wilson est, dans ce cas, de ne s’écarter en rien de ce qu’il avait résolu ; car, malgré le délai écoulé depuis le 16, date de ma réponse, jusqu’au 25, date à laquelle vous m’avez remis votre seconde note, à laquelle je réponds par la présente, 1’essence et même la forme de vos instructions originales sont les mêmes, avec la circonstance aggravante bien qualifiée par vous, d’être « plus restreintes ».

En conséquence, il me suffirait, pour y répondre complètement, de reproduite d’une façon intégrale, dans la présente, ma note du 16 courant, aussi négative que catégorique. Mais M. le Président par intérim, après avoir obtenu l’avis unanime de ses ministres, est décidé à pousser la complaisance jusqu’à l’extrême limite, et dans le but de calmer l’opinion publique mexicaine, très justement inquiète de la tension des relations diplomatiques, tension qui nous divise actuellement ; dans le but aussi d’informer comme il convient les divers gouvernements étrangers qui ont bien voulu faire valoir leurs bons offices, de la façon la plus délicate qu’il fût possible — car je ne cesserai de répéter que telle a été l’attitude de ces Puissances et ne me lasserai pas de leur en exprimer ma reconnaissance, — le

Président intérimaire a bien voulu m’autoriser à vous répondre dans les termes suivants :

Je commencerai d’abord par mettre en relief un fait très significatif : depuis la nuit du 14 courant, où je reçus le pli contenant vos instructions, lesquelles n’étaient adressées réellement à personne et où l’administration actuelle était qualifiée « les personnes qui détiennent actuellement l’autorité ou exercent de l’influence au Mexique », de cette soirée, dis-je, à la date d’hier, un progrès a été fait, puisque le Président constitutionnel par intérim est désigné maintenant (voir le paragraphe II des propositions nouvelles), sous le nom de <c Président Huerta », et que, dans le cours de la note, le personnel de son administration est constamment qualifié de « gouvernement de facto ».

Mais comme, en somme, le qualificatif, quel qu’il soi*, n’avait, dès le commencement même, aucune importance, puisque toutes les gestions de votre gouvernement n’ont été entreprises qu’avec nous, ce qui nous donnerait toujours, en supposant que nous en fussions privés, une parfaite personnalité politique et morale pour élucider la présente controverse, je me bornerai simplement à signaler le fait.

es propositions américaines sont inacceptables.

Si vos propositions originales étaient déjà inacceptables, elles le sont davantage encore dans la forme plus restreinte dans laquelle vous les faites de nouveau en les aggravant. Ce qui nous frappe surtout, c’est que vous insistiez encore après que vos premières propositions ont été repoussées. Et précisément parce que nous comprenons l’immense valeur que possède le principe de souveraineté que, très justement, le gouvernement des Etats-Unis invoque pour nous reconnaître ou ne pas nous reconnaître, nous avions cru que jamais vous n’oseriez venir nous proposer d’attenter à notre propre souveraineté en permettant qu’un gouvernement modifie la ligne de conduite que nous devons suivre dans notre vie publique et indépendante. Si dès le commencement nous nous étions laissés aller à admettre les conseils et les avertissements (appelons-les ainsi) des Etats-Unis, nous aurions non seulement porté atteinte à notre souveraineté, comme je le dis plus haut, mais nous aurions compromis, pour un avenir indéfini, nos destinées d’Etat souverain et toutes les élections de Président du Mexique auraient désormais été soumises au veto de n’importe quel Président des Etats-Unis d’Amérique. Et je vous assure, Monsieur l’Agent Confidentiel,' qu’aucun gouvernement n’aurait le cœur de souscrire à pareille énormité, à moins d’un cataclysme monstrueux et presque impossible dans la conscience mexicaine.

Nous nourrissions la croyance — étant donné l'incommensurable intérêt que le Président des Etats-Unis n’a jamais cessé de démontrer pour nos affaires intérieures — que luimême aussi bien que son gouvernement étaient au courant des prescriptions de notre Constitution en ce qui regarde les élections. Malheureusement et vu l’insistance avec laquelle Son Excellence M. Wilson soutient ses premières idées, nous nous voyons contraints d’avouer notre erreur profonde. En effet, les articles 78 et 109 de notre Constitution, réformés par la loi votée le 7 novembre 1911, par le Congrès de l’Union, contiennent, entre autres prescriptions, la suivante, qui figure à la fin de l’article 78 : « De même , le Secrétaire du Bureau chargé du Pouvoir Exécutif lorsque auront lieu les élections , ne pourra être élu ni président ni viceprésident. )>

La question de l'élection du Président Huerta aux prochaines élections ne peut pas se poser.

Cette transcription, que je me permets de faire, Monsieur l’Agent Confidentiel, pour éclairer la religion du gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, montre que M. le Président intérimaire constitutionnel de 1a, République ne peut pas être élu aux prochains comices.

Si Son Excellence M. Wilson en avait tenu compte avant de s’aventurer à venir nous imposer les conditions dont il s'agit et qu’il nous est impossible d’accepter, nous aurions évité l’actuel état de choses entre vous et nous ; notre honneur national aurait été maintenu hors d’atteinte, et l’amour-propre du Président de la République des Etats- Unis d’Amérique n’aurait pas été désavantageusement engagé dans une controverse qui n’a pas de raison d’être.

Qu’il soit bien entendu que le Président intérimaire constitutionnel ne pourra pas être élu Président ni Vice- Président aux prochaines élections qui doivent avoir lieu le 22 octobre, parce que nos propres lois , uniques arbitres

DE NOS DESTINEES, LE LUI DÉFENDENT, ET NON PAS A CAUSE; DE L’IMPOSITION, MÊME AMICALE ET DÉSINTÉRESSÉE, DU PRÉSIDENT

des Etats-Unis d’Amérique ou de celle du chef de n’importe quel Etat, puissant ou faible (cela ne fait rien à l’affaire), pour lequel nous professerions le même respect.

Je dois vous faire remarquer, Monsieur l’Agent Confidentiel, que jusqu’à ce jour, tout au moins, seul, le Président des Etats-Unis d’Amérique a parlé de la candidature du Président constitutionnel intérimaire aux prochaines élections. Ni les solennelles déclarations de ce haut fonctionnaire, ni un seul de ses actes — qui tous ont pour but d’obtenir la complète pacification du pays, suprême aspi-

ration nationale, et qu’il est décidé à mener à bonne fin malgré tout — ne permettent de soupçonner que ses projets ou intentions soient de se porter candidat. Il est de notoriété publique qu'il n'existe dans tout le pays ni un seul journal, ni un seul club, ni une seule corporation ou . groupe de particuliers qui ait lancé sa candidature ou même qui l'ait mise en discussion.

Sur quoi donc sont basés le soupçon gratuit de M. le Président des Etats-Unis d’Amérique et son exigence absolument inadmissible, qui pour être acceptée demanderait que le Président intérimaire constitutionnel de la République souscrive à des engagement# qui jamais n’ont été imposés au chef d’une nation souveraine ?

La question étant présentée comme j’ai l’honneur de le faire dans cette réponse, Son Excellence M. Wilson devra se départir de son attitude actuelle sous peine de voir ses mobiles — • que je me complais à reconnaître, comme il les appelle lui-même, amicaux et désintéressés, — sous peine, dis-je, de voir ses mobiles interprétés de façons diverses et fausses par toutes les nations qui suivent notre conflit international avec plus ou moins d’intérêt. Et sous peine également de s’écarter entièrement du critérium universel qui qualifie de façon précise une administration qui se trouve dans les mêmes conditions que la nôtre (la meilleure preuve de ce que je dis est la reconnaissance sans conditions de la part des premières Puissances de la terre entre lesquelles les Etats-Unis d’Amérique occupent une place éminente et si légitimement conquise), le Président des Etats-Unis cessera de nous appeler Gouvernement de fait et nous donnera le seul titre qui nous revient en droit, celui de gouvernement constitutionnel intérimaire.

,a promesse de favoriser un emprunt mexicain aux Etats-Unis ne saurait peser sur nos décisions.

Permettez-moi, Monsieur l’Agent Confidentiel, de ne pas faire de réponse, pour le moment, à l’offre très significative que le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique daigne faire miroiter à nos yeux, offre qui consisterait à recommander aux banquiers américains de nous consentir un emprunt imdmédiat nous permettant de faire face, entre autres besoins, au innombrables dépenses urgentes exigées par la progressive pacification du pays ; car, d’après les termes où elle est conçue, cette offre à, tout à fait figure d’une alléchante réponse conditionnelle, faite, afin qu’attirés par un intérêt mesquin, nous renoncions à soutenir le droit qui incontestablement nous assiste.

Lorsque la dignité nationale est en jeu, j’entends qu’il

n’existe pas d’emprunts capables» de permettre, à ceux qui sont chargés par la loi de sauvegarder cette dignité, d’y porter, en pleine connaissance de cause, la moindre atteinte.

Par contre j’ai vu, avec le plus grand plaisir, que M. le président des Etats-Unis d’Amérique propose de remettre à plus tard et selon les conditions régnant à ce moment, la solution des propositions qui dans les instructions originales figuraient sous la lettre A et dans la note à laquelle je réponds en ce moment figuraient sous le n° 3. C’est la meilleure preuve que nous nous trouvons en voie d’un arrangement également satisfaisant pour les deux parties.

C’est pourquoi, Monsieur l’agent confidentiel, aujourd’hui plus que jamais, nous sommes fondés à espérer une prompte solution du conflit qui nous a si malencontreusement divisés. J’irai même plus loin encore, jusqu’à renoncer de notre part à ce que pour le moment nos ambassadeurs respectifs soient reçus ; car pour le but que nous poursuivons il suffit que le personnel de nos deux ambassades demeure tel qu’il est actuellement constitué jusqu’après les élections d’octobre. Mais cela sous l’absolue condition que l’on nous reconnaisse comme étant ce que nous sommes en réalité : Gouvernement Constitutionnel Intérimaire de la République Mexicaine.

A mon tour, Monsieur l’Agent Confidentiel, je vous réitère ici l’agréable impression que vous me laissez comme citoyen des Etats-Unis d’Amérique et comme habile, droit et bien intentionné représentant personnel de Son Excellence M. Woodrow Wilson. J’estime à très haut prix la reconnaissance dont vous vous déclarez redevable pour l’accueil que vous ont très justement fait M. le président constitutionnel intérimaire de la République, des particuliers et moimême. Je vous renouvelle, comme dans ma note antérieure, l’assurance de ma parfaite considération.

Le Secrétaire des Affaires Extérieures de la République ,

Signé : F. GAMBOA.

L’opinion des Étrangers résidant au Mexique.

Il est intéressant de mettre en regard des appréciations pessimistes- émanant de certains cercles américains les déclarations des colonies étrangères de Mexico, bien placées, évidemment, pour évaluer une situation dont dépendent leurs propres intérêts.

Toutes les colonies étrangères européennes fixées au Mexique ont adressé à leurs gouvernements respectifs des dépêches pour les remercier d’avoir reconnu le gouvernement provisoire mexicain actuel et pour les inciter à obtenir cette reconnaissance par l’unanimité des puissances.

Voici le texte de la dépêche envoyée par la colonie française du Mexique :

a Mexico, le 25 août 1913.

« Monsieur Barthou,

(( Président conseil des ministres, Paris

<( Colonie française du Mexique représentée par les présidents et les membres des comités des différentes Sociétés et institutions françaises, les conseillers du commerce extérieur, les directeurs des journaux français- de Mexico et tous les notables commerçants, remercie le gouvernement français d’avoir déjà reconnu le gouvernement constitué actuel de la République mexicaine. — Elle considère, d’accord avec les colonies allemande, autrichienne, espagnole, anglaise et italienne, qui font des démarches identiques auprès de leurs gouvernements, que l’unique solution susceptible de mettre un terme à la crise que traverse le Mexique et qui met en si grand péril tous les intérêts mexicains, français et étrangers, consiste en la reconnaissance immédiate du gouvernement mexicain par l’unanimité des puissances.

« La Colonie Française. »

Voici également le texte de la dépêche de la colonie belge sur la même question :

« Colonie belge se joignant aux résolutions adoptées par les colonies allemande, anglaise, autrichienne, espagnole, française, italienne de la capitale exprime très respectueusement au gouvernement belge son entière satisfaction pour sa reconnaissance accordée au gouvernement provisoire actuel. La colonie belge estime, d’accord avec les colonies précitées, que le plus grand empêchement au rétablissement de la paix au Mexique réside -dans le manque d’unanimité de la reconnaissance des puissances dont l’effet le plus immédiat fut d’ encourager, dans une large mesure, la continuation des troubles et des conditions anarchiques existant dans certaines parties de la République et menace le pays d’une crise financière mettant en grand péril les intérêts économiques tant mexicains qu’étrangers. »

Étendue du mouvement révolutionnaire.

On a publié dans la presse française des renseignements fort inexacts sur l’étendue du mouvement révolutionnaire.

A la date du 1er septembre dernier, le gouvernement fédéral a publié sur ce sujet un tableau dressé par le ministère de <c Gobernacion », à l’aide des rapports officiels des gouverneurs des différents Etats de la Fédération.

Voici ce tableau :

AGUASCALIENTËS. — Gouverneur militaire , colonel Carlos Garcia Hidalgo. — Tranquillité complète.— Le gouvernement exerce son autorité sur toute l’étendue de l’Etat.

CAMPECHE. — Gouverneur militaire , général Manuel Rivera. — Totalement soumis à l’autorité gouvernementale, à l’exception du district de Champoton.

COAHUILA. — Gouverneur civil , DT Ignacio Alcocer. — Totalement au pouvoir des révolutionnaires, à l’exception de iSaltillo et Monclova.

COLIMA. — Gouverneur militaire , général Julian Jaramïllo. ■ — Tranquillité complète. — Le gouvernement exerce son autorité sur toute l’étendue de l’Etat.

CHIAPAS. — Gouverneur militaire , général Bernardo Z. Palafox. — Tranquillité complète. — Entièrement soumis à l’autorité gouvernementale.

CHIHUAHUA. — Gouverneur miltaire , général Salvador R. Mercado. — Tranquillité complète. — Le gouvernement exerce son autorité sur tout l’Etat.

DURANGO. — Gouverneur civil , Hilario Lozoya. — Totalement soustrait à l’action gouvernementale.

GUANAJUATO. — Gouverneur militaire , général Romulo Cuellar. — Tranquillité complète. — • Entièrement soumis à l’autorité gouvernementale.

GUERRERO. — Gouverneur militaire , général Manuel Zozaya. — Complète tranquillité. — ■ Autorité absolue du gouvernement sur tout l’Etat.

HIDALGO. — Gouverneur militaire , général Agustin Sangines. — Tranquillité complète. — Le gouvernement exerce son autorité sur tout l’Etat.

JALISCO. — Gouverneur civil , lie. José Lopez Portilla y Rojas. — En complète tranquillité. — Autorité absolue du gouvernement sur tout l’Etat.

MEXICO. — Gouverneur militaire , général Refugio Velasco. — Tranquillité absolue.

NUEVO LEON. — Gouverneur militaire , général Francisco Romero. — La région de la Huasteca est soustraite à l’action du gouvernement. Gelui-ci domine dans tout le reste de l’Etat.

SINALOA. — Gouverneur militaire , général J.-L. Legoreta. — A l’exception du district de Fuerte, tout l’Etat est soumis au gouvernement.

SONORA. — Gouverneur militaire , général Francisco H. Garcia. — Totalement soustrait à l’action gouvernementale, à l’exception du port de Guaymas.

TABASGO. — Gouverneur militaire, général Eduardo Yarza. — Tranquillité complète, soumis entièrement au gouvernement.

TAMAULIPAS. — Gouverneur militaire , général Antonio Rabago. — Le gouvernement domine dans tout l’Etat, à l'exception du port de Matamoros.

TLAXCALA. — Gouverneur militaire , colonel Manuel Cuellar. — Tranquillité complète. — Tout l’Etat est soumis à l’autorité gouvernementale.

VERA CRUZ. — Gouverneur militaire , général Eduardo M. Cauz. — Le gouvernement domine dans tout l’Etat.

YUCATAN. — Gouverneur militaire , général Eugenio Rascon. — Tranquillité absolue. — Le gouvernement exerce son autorité sur toute l’étendue de l’Etat.

Nous sommes donc très loin de la situation que les télégrammes de New-York et de Washington tendent à nous dépeindre.

Si maintenant on reprend les dépêches américaines, on constate qu’elles ne sont pas en contradiction avec les informations du gouvernement. Tout au plus, peut-on dire que l’agitation révolutionnaire existe encore au Chihuahua et au Nuevo-Leon , bien qu’en fait les fédéraux n’aient pas perdu le contrôle de ces Etats où ils ont pourtant de graves difficultés.

En revanche, au Morelos, l’agitation zapatiste a été vigoureusement réprimée et elle tend à disparaître. Il faut dire, en outre, que cette agitation n’est pas révolutionnaire, c’est plus exactement une jacquerie paysanne qui a tourné petit à petit au banditisme vulgaire. Cette agitation zapatiste existe d’ailleurs dans l’Etat de Guerrero, qui^est porté au tableau, ci-dessus comme entièrement calme.

En résumé, si l’on écarte le zapatisme, l’agitation révolutionnaire s’étend, très inégalement d’ailleurs, d’après l’ensemble des indications reçues, à dix Etats en tout, sur les vingt-sept de la Fédération. Cette inégalité d’extension du mouvement révolutionnaire permet de dire qu’en surface, le gouvernement fédéral est, sans conteste, maître de plus de trois quarts du territoire.

Répartition de la population mexicaine.

O. de Greenwich

Dressé et dessiné par J.Boons Inst * Gèogr. U* A/^e, Bruscelle*

Habitants par kilomètre carré

De i o à 2.

à 20. 20 a so et plus.

La présente carte est établie de façon à indiquer la répartition de la population sur le territoire mexicain.

Elle permettra de constater que les Etats soustraits momentanément à l’action gouvernementale sont précisément ceux où la densité de population est particulièrement faible, et, par conséquent, où les moyens de communication sont plus rares et plus aisés ù interrompre.

1 Mexico.

2 Etat de Mexico.

3 Tlaxcala.

4 Morelos.

5 Guanajuato.

6 Puebla.

7 Hidalgo.

8 Queretaro.

0 Aguascal tentes.

10 Michoacan

11 Vera Cruz.

12 Colima.

13 Oaxaca.

14 Jalisco.

15 San Luis Potosi.

10 Guerrero.

17 Zacatecas.

18 Chiapas.

10 Nuevo Leon.

20 Tabasco.

21 Tepic.

22 Durango.

23 Sinaloa.

24 Yucatan.

25 Tamaulipas.

26 Coahuila.

27 Campêche.

28 Chihuahua.

20 Sonora.

30 Basse Californie.

— el-

le Pétrole au Mexique.

La production du pétrole au Mexique a dépassé, l’année dernière, celle de la Roumanie, qui occupait le troisième rang parmi les producteurs de combustible liquide.

D’après la statistique officielle, pendant l’année fiscale 1908-1909, le Mexique avait produit seulement 425,000 tonnes de pétrole, tandis que la production de l’année passée a été de 2,100,000 tonnes, soit un tonnage quatre fois plus grand.

Cet accroissement de production va toujours en augmentant, et il est non seulement probable, mais bien certain, qu’après la Roumanie, la Russie devra céder sa place au Mexique, qui pourra alors disputer aux Etats-Unis l’hégémonie du pétrole.

Il est très difficile de calculer avec précision la production probable pour l’année fiscale 1912-1913, car sur les 89 compagnies — au capital de 35 millions de livres sterling — formées pour explorer et exploiter la vaste région pétrolifère mexicaine, beaucoup d’entre elles cachent soigneusement les résultats des forages, surtout quand elles découvrent des sondages productifs dans une nouvelle zone, afin de ne pas trop faire monter le prix des terrains environnants.

En tenant compte seulement des productions connues des principaux sondages en pleine exploitation, on arrive au chiffre très important de 410,000 barils par jour, c’est-à-dire, en chiffre rond, 150 millions de barils par an.

Voici comment on arrive à ce chiffre :

Sondage appartenant à la Huasteca Petro-

leum Cy :

Juan Casian, région de Tuxpam 110.000

Sondage n° 6 11.000

Sondage appartenant à la Mexican Eagle Cy , ;

Porto del Llano, région de Tuxpam 100.000

A la fin du mois de mai, un sondage à El Alamo ,

sur la rive de la rivière Tuxpam 60.000

Près de Topila ( Tamaulipas ), deux sondages :

L’un . . .. 50.000

L’autre 10.000

Sondage de Soto la Marina 40.000

Sondage de Furbero 20.000

Total de barils par jour

Si Von tient compte des autres puits moins importants , on voit que la production du Mexique durant Vannée en cours sera presque égale à celle des Etats-Unis.

Actuellement, une grande quantité du produit de tous oes sondages se perd forcément ; les pipe-lines et les bateauxréservoirs qui existent n’étant pas suffisants, il n’est pas possible de recueillir et de transporter toute la production.

On essaie en ce moment de parer à ces inconvénients et une flotte de 20 bateaux-réservoirs, d’une capacité de 110,000 barils, dont l’un est déjà en service, a été commandée.

L’Emploi des fonds du dernier Emprunt mexicain.

On trouvera ci-dessous le texte intégral de la loi relative au dernier emprunt mexicain telle qu’elle a été approuvée par le Congrès de l’Etat fédéral.

Article premier. — L’Exécutif est autorisé à contracter un emprunt, payable en or, pour une somme totale de 20 millions de livres sterling ou leur équivalent en dollars, francs ou marks de l’empire allemand, avec pouvoir de donner en garantie le 38 0/0 des droits d’importation douaniers.

Art. 2. — L’emprunt pourra être contracté en stipulant soit son amortissement périodique et graduel, soit son paiement en une seule fois.

Art. 3. — L’intérêt nominal des bons ne pourra être supérieur à 6 0/0 et leur placement inférieur à 86 0/0 de leur valeur nominale.

Art . 4. — Dans le cas où l’emprunt serait amortissable périodiquement, l’Exécutif fera rentrer dans les budgets annuels les sommes nécessaires au rachat des bons amortis. Si l’emprunt est remboursable en une seule fois, le délai de remboursement ne devra pas être inférieur à dix ans.

Art. 5. — Le produit de l’emprunt sera employé comme suit :

Speyer et Cie $ 41.000.000

Subventions aux chemins de fer 1.264.000

Pan-Américain 428.000

Ports de Salina Cruz et de Frontera 1.600.000

Port de Coatzacoalcos 3.000.000

Palais législatif 300.000

Crédits extraordinaires pour l’instruction publique 3.000.000

Chemins de fer nationaux (selon le contrat

conclu l’an dernier) 500.000

Excédent du budget des dépenses 8.384.000

Paiement à la Banque nationale 4.000.000

Dépenses militaires 30.000.000

Service de la Dette 12.000.000

Canalisation de la lagune de Tamiagna 100.000

Déficit des chemins de fer nationaux 4.732.000

Total $ 109.308.000

Le reliquat sera employé à des dépenses qui devront chaque fois être autorisées par le Congrès de l’Union.

Art. 6. — L’Exécutif rendra compte à la Chambre, au cours de la prochaine session, de l’usage qu’il aura fait des pouvoirs qui lui ont été accordés par les articles ci-dessus.

Article transitoire. — L’Exécutif pourra recevoir des avances sur l’emprunt pour faire face à ses engagements envers la maison Speyer et Cie, et ces avances participeront à la garantie des droits de douane cautionnant l’emprunt total.

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