DEUXIÈME NOTE DE M. JLIND
Mexico, le 25 août 1913.
Monsieur le Ministre,
Je n’ai pas reçu d’instructions du Président pour répondre aux observations que contient votre note du 16 août 1913, et comme, à mon avis, oes observations ne répondent pas à celles que contiennent mes instructions, que je vous ai déjà fait connaître, je m’abstiens de les discuter. Les instructions originales du Président disent formellement : « Nous voulons agir, dans les circonstances actuelles, d’une façon strictement inspirée par l’amitié la plus vive et la plus désintéressée. Dans tout ce que nous faisons ou proposons, au sujet de cette situation compliquée et angoissante, nous sommes mus, non seulement par le désir de respecter de la façon la plus scrupuleuse l’indépendance du Mexique (et nous considérons y être tenus par tous les préceptes du droit et de l’honneur), mais aussi de donner toutes les preuves possibles que nous agissons exclusivement dans l’intérêt du Mexique, et non pas de quelque personne ou d’un groupe quelconque, ayant des réclamations à faire valoir au sujet d’euxmêmes ou de leurs propriétés au Mexique et qui se considéreraient en droit d’en exiger le règlement. Ce à quoi nous nous efforçons, c’est de faire prévaloir les conseils que nous donnons au Mexique, pour son propre bien et dans l’intérêt de sa propre tranquillité, sans autre but, quel qu’il soit. Le gouvernement des Etats-Unis se considérerait comme disqualifié s’il nourrissait la moindre intention égoïste dans ces négociations d’où dépendent la paix, le bonheur et la prospérité de tout un peuple. Il n’agit pas dans un but égoïste, mais dans le sens que lui dicte son amitié à l’égard du Mexique. »
Quant? à la conduite que, selon vous, les Etats-Unis doivent observer, je me permets de vous dire que le Président considère que la question de la reconnaissance du gouvernement de facto et de tout gouvernement futur au Mexique est une chose qu’il appartient exclusivement aux Etats-Unis de décider. Dans rexercice de leurs droits souverains, les Etats- Unis n’hésiteront pas à indiquer au gouvernement de facto qui demanderait à être reconnu, — spécialement à une époque de sérieux troubles intérieurs, — qu’il doit suivre la voie qui, de l’avis des Etats-Unis, est susceptible de conduire à la
reconnaissance dans l’avenir. Dans le cas actuel, le Président des Etats-Unis croit, sincèrement et ardemment, que le gouvernement de facto du Mexique trouvera dans ses indications le moyen le plus pratique de favoriser les intérêts supérieurs du Mexique et d’assurer le prompt rétablissement de la tranquillité intérieure.
Dans cet esprit, qui est le même que celui des instructions originales, il m’a autorisé à soumettre à la considération du gouvernement de facto du Mexique les propositions suivantes :
1° que les élections convoquées pour le 26 octobre 1913 se fassent d’accord avec la Constitution et les lois mexicaines ;
2° Que le Président Huerta, de la façon que le Président lui indiqua dès le début, donne les assurances auxquelles se réfère le paragraphe « G » de mes premières instructions ;
3° Que les autres propositions contenues dans mes premières instructions soient discutées plus tard, mais promptement, et soient résolues comme le permettront les circonstances et dans le même esprit qu’elles furent présentées.
Le Président m’autorise, en outre, à (déclarer que si le gouvernement de facto agit immédiatement et conformément aux indications présentées, il (le Président) assurera aux banquiers américains et à leurs associés que le gouvernement des Etats-Unis verrait avec plaisir la réalisation d’un emprunt immédiat, d’un montant suffisant pour couvrir les nécessités immédiates du gouvernement de facto du Mexique.
Nous espérons sincèrement que le gouvernement de Votre Excellence considérera convenable aux intérêts supérieurs du Mexique d’accepter immédiatement ces propositions qui sont présentées dans un esprit identique et dans le même but que les premières ; mais, dans cette forme plus restreinte, afin que le gouvernement de facto puisse agir, en en tenant compte, sans avoir besoin de la coopération ou de l’appui, dans les circonstances actuelles, de quelque facteur étranger à la situation. Qu’il me soit également permis, monsieur le ministre', en vous soumettant cette dernière indication du Président des Etats-Unis, de vous assurer de ma profonde reconnaissance personnelle et de mon estime intime pour les nombreuses preuves de bonne volonté personnelle dont j’ai été l’objet de la part de Votre Excellence, des habitants de Mexico et du Président provisoire.
Il ne me reste plus qu’à renouveler à Votre Excellence les assurancs de ma haute considération.
John Lind, Pveprésentant personnel du Président des Etats-Unis d’Amérique. — A Son Excellence M. Federico Gamboa, Ministre des Affaires Etrangères. — Mexico.