Bulletin économique des 1°* et 2° semestres
Trésoret [A
aurait décidé de mettre en adjudication le gisement le plus important de la région.Les transports pourraient se faire par voie fluviale, en utilisant l’Onilahy pendant les grandes eaux et les eaux moyennes. Les principales couches carbonifères se trouvent actuellement reconnues dans les ravins d’Ambobhibaty, de Befamoty et de Moraharivo.
Le fer est extrait par réduction du minerai au charbon de bois, les indigènes l'utilisent pour des objets de quincaillerie.
Le plomb et le zinc ont élé découverts dans l'île de Nossi-Bé,le premier également à Ambatofangehana, le second à Andraina. Ambositra et Vohémar produisent un peu de cuivre.
Les autres métaux, tels que l’antimoine, le manganèse, le nickel, et d'autre part, le bitume et le calcaire, dont on connaît l'existence, sont inexploités. Pourtant, des permis de recherche ont été demandés pour leur extraction après étude,et nous donnons ci-dessous leur statistique pour l’année 1905 (1).
déclarations pour recherches de cuivre, — — — bitume, — — — fer, — — -— mercure, nn on galène, étain, — — — lignite, — — — nickel, — — — micCa, — — — sel, — — — divers.
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Un gisement d’amiante aurait été découvert à l’ouest de Faliarivo, près d’Ambositra.
Enfin, des travaux effectués par une société anglaise, la Madagascar Oil Development Company. ont démontré l'existence de couches de naphte dans le pays sakalave.
SECTION III
Procéèdes d'extraction
Jusqu'ici, pierres précieuses et métaux communs ne donnent donc que des espérances et ne sont guère extraits qu’à titre d’essais.L’or seul fait l’objet d’une exploitation suivie, qui diffère selon qu’on se trouve en présence d'une alluvion ou d’un filon. Les alluvions comprennent elles-mêmes deux catégories bien distinctes: celles qui sont formées sur place et celles qui le sont par transport.
Les premières sont les plus rares et les moins étendues. Elles résultent de la désagrégation sur place des roches primilives sous l’influence de l'air et de la pluie. On les rencontre sur le versant des montagnes, des hauts plateaux ; elles sont indépendantes des eaux courantes, À ce genre d’alluvions, se rapportent les gisements de Tsimivolovolo, de la
Compagnie Occidentale, dans le cercle de Maevatanana, de Fianarantsoa.
Les secondes au contraire sont très abondantes et couvrent de vastes superficies dans les vallées, le lit des ruisseaux et des rivières ; l’or y est contenu dans des cailloutis, graviers, sables, argile ou limon.
Au point de vue géologique, la formation de l’alluvion de vallée est intéressante. Son étude prouve que les régions des hauts plateaux n’ont pas été remaniées depuis qu’elles se sont formées (1). Ceci est très important, car les dénivellations qu’on observe aujourd’hui ont été produites par les eaux superficielles et non par des mouvements sismiques. De nos jours encore, les alluvions continuent à se produire. « Quant on a exploité l’or dans un endroit, dit un proverbe malgache, on peut y revenir vingt ans après, l'or y a repoussé. »
1. Ces alluvions de vallées sont constituées par deux couches distintes : la couche inférieure appelée « faratany » est la plus riche;la couche supérieure comprend des terres rouges où blanches qui ont été longtemps considérées comme stériles et qui ont cependant une grande importance.
M. Marquet, dans une conférence qu’il faisait,en 1908, au siège de la Société de géographie commerciale de Nantes, disait à ce point de vue : « J’ai fait faire des recherches sur ces terres; on commença par me dire qu'il n'y avait pas d’or et on me présenta le produit d’une recherche faite à peu près. Il n'y avait pas d’or, mais de oxyde de fer, dont la présence rendait très probable celle de Por. J’appelais un commandeur et je lui fit laver très soigneusement les terres ; il trouva de l'or en grains très fins; plus tard, l'analyse chimique confirma le fait. »
1° Batée. — Depuis les débuts de l'extraction alluvionnaire,le Malgache s’est servi d’un instrument des plus primitifs, appelé « la batée » pour séparer les parcelles d’or des corps étrangers l’accompagnant. C’est un sorte de plat en bois de 60 à 80 centimètres de diamètre, de forme semblable à celle du gold disch en fer blanc, utilisé en Australie. L'indigène se place au bord d’un ruisseau, quelquefois même il s’agenouille dans l'eau et remue, par une série de mouvements bien combinés, la sébille ou batée qu’il y plonge. Le but de son opération est de séparer mécaniquement l’or des matières qui l'entourent (mica, quartz, etc.) et de ramasser le métal précieux au fond de sen instrument de travail.
En pratique, on entend par « batée » soit l’outillage de chaque groupe de travailleurs qui se compose d’un plat, de deux pics et d’une angade, soit l’ensemble des travailleurs de ce groupe qui sont au nombre de trois: le piocheur, le transporteur et le laveur.
Ce dernier agite la sébille dans l’eau jusqu’à ce qu’apparaissent les couleurs, c’est-à-dire une fine poussière d'or; il doit régler très attentivement le mouvement de l’eau qui entraîne l'or si elle arrive trop rapidement, ou ne le sépare pas du sable et des graviers si son cours est trop lent. Quand il s'aperçoit qu'aucun corps étranger ne se désagrège plus de la matière à préparer,il met de côté le contenu
BR ER de sa sébille, renouvelle le travail et rassemble à la fin de sa journée le produit des différentes batées pour letraiter de la même manière afin de chasser les dernières impuretés ; il le porte ensuite au surveillant qui lui en paiera le prix.
L'avantage de ce procédé d'extraction est de permettre au prospecteur de lancer sans capitaux une petite entreprise. Il lui suffit d’amener sur ses piquets quelques orpailleurs qu’il paiera à raison de 2 francs le gramme d’or recueilli. La production n’est pas telle qu’il ne puisse faire face dans les débuts aux offres de vente que lui font ses iravailleurs. Si ces offres sont supérieures à ses disponibilités, il peut en refuser l'achat, bien que ce refus soit génélement mal vu de l’indigène, ou se faire consentir une avance in trust (1) pour avoir aussitôt sous la main les fonds qui lui sont nécessaires.
Les inconvénients de ce système sont par contre nombreux. Un tel mode d'exploitation nécessite une surveillance constante qu’on ne peut facilement exercer. L'indigène en profite pour conserver une partie de l’or extrait, qu’il viendra dans la suite à meilleur prix aux indiens et commerçants d’or non patentés, qui le soustraieront à tous droits. Le manque de main-d'œuvre nuit beaucoup à ce procédé, car les bons laveurs ne sont pas nombreux.
1. L’avance in trust est consentie aux prospecteurs sur de l'or en roule.
Quoiqu'il en soit, la batée est utilisée presque partout à Madagascar.Dans la concession d’Anasaha, par exemple, située dans des vallées supérieures, qui par suite sont relativement riches, l'or se présente sous forme d’alluvions que doit assécher la Société pour en laver les sables à la batée. Ces alluvions tiennent 3 à 4 grammes au mètre cube, ce qui est une très bonne moyenne, car en général on ne peut guère compter sur plus d’un gramme. Les communications se font par un chemin muletier de 80 kilomètres, du centre d’extraction à Fianarantsoa, qui est à 5 jours de marche de Mananjary. Au bout de deux mois d'existence, la société avait extrait 5 kilog. 345 d’or et la production est allée sans cesse en croissant.
La plupart des Sociétés établies à Madagascar pour la recherche et l'exploitation de l’or recourent comme l’Anasaha à cet antique procédé de la batée, qui exige l’abondance et la continuité de la maind'œuvre, la fidélité des laveurs à rapporter tout l'or recueilli, enfin la bonne foi des commandeurs malgaches. Plusieurs ont essayé d'introduire lesluice sur leurs concessions, mais outre que ce mode de travail ne plaît pas aux indigènes habitués à leurs vieilles méthodes, il ne s’approprie que très rarement au genre d’exploitations de Madagascar.
2) Sluice. — Le sluice est une caisse en bois de 3 m.1/2 de longueur sur 20 à 50 centimètres de
largeur, pouvant s’emboîter sur une autre de mêmes dimensions el rappelant assez les abreuvoirs des montagnes taillés dans le sapin. Les dimensions données sont toutes théoriques et varient avec les besoins. Chaque boîte adaptée l'une dans l’autre peut être posée sur le sol ou sur des tréteaux ; on les trouve quelquefois suspendues par des cordes.
Lorsque l'emplacement du sluice a été déterminé, et cette question a son importance dans les concessions malgaches qui sont très vastes, on doit approvisionner l'appareil d’eau courante. Rien de plus facile quand on la trouve a proximité sous forme de source ou de rivière ; il s’agit seulement de donner au sluice l’inclinaison voulue pour régler le débit et réaliser ainsi les meilleures conditions de séparation de l'or. Mais si aucun cours d’eau ne traverse l'exploitation et qu'il faille la chercher dans les concessions voisines, le travail devient souvent considérable. Il est nécessaire alors de faire un barrage pour s’approvisionner et de creuser un canal qui relie le bassin au sluice, ce qui entraîne des dépenses très coûteuses.
Le sluice une fois construit permet une maind'œuvre inexpérimentée. [lexige seulement l'emploi de manœuvres qui, à égalité de bras, traitent beaucoup plus de matières premières que les orpailleurs par le procédé de la batée.
Le sable et les graviers sont jetés à la tête dusluice
et entraînés par le courant d’eau ; l’or tombe au fond du box et adhère aux tasseaux longiludinaux et transversaux, qui, entrecroisés, en forment le faux-fond. Plus le courant est fort, plus les matières étrangères sont rapidement désagrégées, mais l'or, malgré sa plus forte densité, est lui-même entraîné et il faut construire des sluices de très grandes longueurs pour en retenir toutes les parcelles. Par contre, si l’eau arrive trop lentement, les poussières d'or ne sont pas entraînées et l’on comprend sans peine quelle difficulté on éprouve à régler exactement l’inclinaison du sluice.
Dans certaines concessions, dépourvues de forêts, on a remplacé le sluice en bois par un canal creusé dans la roche ou même dans la terre, si elle est de nature argileuse.
Malgré les avantages du sluice quitraite dix fois plus de graviers et de sables quela sébille des laveurs, il ne semble pas appelé jusqu'ici à rendre à Madagascar les mêmes services qu'en Australie et au Transvaal, où il est employé depuis longtemps avec succès. Les gisements malgaches sont en général de peu d’étendue et,sur d'immenses terrains appartenant à un même prospecteur.,les sièges d'exploitation sont assez éloignés les uns des autres, nécessitant par suite la construction d’un très grand nombre de sluices. Il est vrai qu'on peut faire chaque box de faibles dimensions et les rendre aisément transpor-
Gr — tables, mais le temps perdu au démontage et remontage des pièces gêne beaucoup la régularité de la production. D'autre part, les moyens de transport très peu développés à Madagascar occasionnent une nouvelle perte de temps très préjudiciable.
MM. Cotteet Brusque ont pourtant tenté ce procédé dans leur exploitation située au nord-ouest d'Ankavandra. L'abatage se fait dans la masse comme dans une carrière à ciel ouvert; le minerai est culbuté dans des trémies ou tôles perforées de trous de dimensions différentes. L'eau amenée avec force entraînela roche dans un sluice de 300 mètres de long sur 1 m.20 de large. Grâce à la faible inclinaison de celui-ci, elle ralentit son cours, opère une désagrégation complète avant l’arrivée du minerai au bas dela canalisation, et l’or plus lourd est retenu au fond par des plaques amalgamées, des couvertures ou des peaux (1).
MM. Mortages et Grignon, de leur côté, ayant creusé un puits de 8 mètres de profondeur pour attaquer une couche aurifère de 18 kilomètres sur 5 de large, se servent également du sluice afin d'augmenter le rendement de leur mine. (2).
1. Le prix de revient du kilog. d’or varie de 1.250 à 1.400 francs par ce mode d'exploitation. 11 s’élève à 2.000 fr. par l'emploi de la batée. Les ouvriers coûtent environ o fr. 75 par jour à MM. Cotte et Brusque.
2. À Andavakocra et Ranomafana, MM. Mortages et Grignon se sont préoccupés de la recherche, en profondeur, des roches
En dépit de cette utilisation, le sluice ne paraît pas devoir se substituer au travail primitif de la batée. S'il convient aux filons aurifères nettement déterminés, il est difficilement applicable aux gisements alluvionnaires, qui sont les plus nombreux à Madagascar; en outre, son installation entraîne de fortes dépenses, principalement pour l'aménagement des canalisations d’eau.
MM. Mortages et Grignon avaient autrefois projeté de construire deux barrages dans la vallée pour élever l’eau à 5o mètres et laver un mamelon tout entier de 10.000.000 de mètres cubes.
Nous rentrons ici dans les procédés californiens d'extraction de métaux précieux. Ces procédés consistent à travailler de grandes étendues de terrains par la force hydraulique. On désagrège ainsi les roches aurifères qu'on entraîne dans d'immenses sluices où se fait le travail de séparation. Les conséquences désastreuses de cette utilisation de l'eau l'ont fait interdire par plusieurs gouvernements; mais on doit reconnaître que ce procédé est excellent dans les terrains déserts qui ne craignent pas
aurifères ; à cet effet cinq puits de 25 à 30 mètres de profondeur ont été creusés et comprennent des galeries dont le réseau atteignait au 31 décembre 1910 près de 1.300 mètres. Une usine de broyage et d'amalgamation installée sur les lieux compreud actuellement 25 ; ilons de 450 kilogrammes actionnés par “es machines à vapeur et pouvant broyer en un jour une centaine de tonnes de quartz (Annexes Journal officiel, 11 octobre 1912).
une transformation complète. Son rendement est en effet très élevé (1).
Prenant exemple sur l'Australie, quelques prospecteurs ont voulu tenter la drague à or, l’élévateur hydraulique ou la pompe aspirante. Tous ces efforts sont restés vains. La cherté du matériel, la difficulté et le coût du transport, le manque d’études préalables des gisements ont fait échouer ces tentatives scientifiques d'exploitation, et il semble qu'avant longtemps, une industrie savante ne pourra faire son apparition dans l'ile.
SECTION IV
Surveillance administrative de l'exploitation.
Le développement des mines ne dépend pas seulement des prospecteurs qui, cherchant à s’enrichir rapidement, n’épargnent ni leur temps ni leur argent pour réussir ; il dépend beaucoup du gouvernement qui doit faire exercer, par le Service des mines, un contrôle régulier sur la marche générale de l’extrac-
1. Il a été employé par la Société d’Anasaha, qui avec une machine dite « Monitor » noyaït certainesparties de la montagne sous une trombe d’eau énorme pour creuser d'immenses tranchées, et travailler son filon en carrières ouvertes,
tion des métaux. L'absence de surveillance se fait vite sentir; elle crée un nombre considérable de conflits entre les prospecteurs qui poussent parfois leurs recherches sur des terrains déjà concédés, et nuit beaucoup à la régularité de la main-d'œuvre, qui, abandonnée à elle-même, se détache peu à peu des employeurs.
Le Service des mines fut créé en l'année 1895 et rattaché à la direction des travaux publics le 6 mai 18Y6. Il devint indépendant le 8 mars 1897, lors de la dislocation de cette direction et fit partie, le 21 mai 1898, de la direction du génie et des travaux publics.
Il était d’abord constitué par un unique bureau à Tananarive, puis, par suite de l’importance que prit peu à peu au point de vue minier la région du Betsiléo, on créa à Fianarantsoa un deuxième bureau, qui fut bientôt transféré à Ambositra. On venait en effet de découvrir les richesses minières de l’Ampasary et on voulut rapprocher de cette région le chef-lieu de la circonscription. En raison du développement des exploitations de l’ouest, un nouveau bureau fut organisé à Tsiroanomandidy, et en quelques années, Madagascar se trouva partagée en un certain nombre de provinces minières s’administrant elles-mêmes sous le contrôle du service de Tananarive.
Le Service des mines, tout en veillant à l'obser-
= 00 vation des lois minières, doit garantir à ceux qui s'y conforment, les droits qu’ils ont acquis et faciliter la tâche des explorateurs et des exploitants, en leur fournissant toutes les indications utiles pour l’application des décrets miniers.
Le bureau central des mines de Tananarive examine au point de vue du respect des lois, les demandes ou déclarations qui lui parviennent directement ou qui lui sont transmises soit par les bureaux de province, soit par les chefs de divisions administratives.
Les droits acquis par les personnes qui se sont livrées à des opérations minières conformément aux lois leur sont garantis par des titres que leur délivre le service des mines et, dans certains cas, le gouverneur général,
Les actes du Service des mines qui peuvent intéresser le public sont insérés au Journal officiel de la colonie, tels les désignations de périmètres ouverts à l'exploitation publique, les délivrances de permis d'exploitation,les avis de demandes et les délivrances de concessions.
Chaque centre administratif peut fournir des renseignements généraux sur la région et les explorateurs ont la faculté d'y consulter la carte constamment tenue à jour au point de vue minier.
En outre, le gouvernement,en mai 1905, a adjoint un laboratoire au service des mines. Le prospecteur
Le envoie son échantillon et reçoit un ordre de versement correspondant à la nature d'analyse qu’il désire faire effectuer. Sur le vu du récépissé attestant le paiement, l'échantillon est remis au laboratoire et le bulletin d'analyse est adressé à l'intéressé dans les cinq jours.
Là encore, comme pour la réglementation du contrat de travail, nous reconnaissons les efforts faits par l'Administration pour encourager et protéger l’industrie minière ; de leur côté, les prospecteurs ont senti le besoin de cesser leurs discordes et de s’unir pour la défense de leurs intérêts, en créant entre eux une Chambre des mines qui pouvait leur rendre les plus grands services.
Cette Chambre, qui remonte au mois d'avril 1907, a pour objet :
1° D’organiser les missions d’études minières, de créer des exploitations industrielles modèles et des laboratoires d'essais, de partager entre ses membres les bénéfices pécuniaires de ces opérations, d’en publier les résultats pratiques ;
2° De concourir à l’avancement, au développement et à la protection des intérêts miniers à Madagascar par l’étude de toutes les questions qui s’y rattachent, par la réunion et la publication de statistiques et de renseignements relatifs à ces intérêts et en général, par tous les moyens qui seront trouvés
bons à un moment donné ;
ae GET
3° D’éclairer par la discussion et le travail en commun les questions concernant les mines ;
4° D'intervenir auprès des pouvoirs publics au sujet de toutes questions se rattachant à l’industrie minière ;
5° D’assister temporairement dans la limite de ses ressources tout particulier ainsi que toute association, société ou institution ayant trait à l’industrie des mines à Madagascar ou ayant pour but le bien de celle-ci ;
6° De souscrire à toute œuvre de bienfaisance ou de charité, à toute exposition, à toute œuvre ayant un caractère d'utilité publique au point de vue minier ;
7" D'agir en qualité d’arbitre dans tout différend au sujet des mines.
Dès sa création, la Chambre des mines a fait preuve d’une remarquable vitalité et l’activité déployée par elle permet d’espérer qu’elle saura maintenir et certainement même accroître son influence. Elle a reçu l’adhésion d’un grand nombre de prospecleurs ainsi que de commerçantsid’or et de métaux précieux ou communs, el a encouragé la formation de sociétés minières régionales sur le modèle du «Syndicat professionnel minier des prospecteurs de la règion de Mananjary » qui avait été fondé avant elle au mois de juin 1905. Jusqu'à ce groupement, les prospecteurs, qui travaillaient dans
la région de Mananjary s'étaient joués les uns les autres, soil en détournant la main-d'œuvre indigène, soit en empêchantles voisins de profiter d'une occasion favorable de vente ou d’apportde capitaux. Loin d'attirer par là les ingénieurs étrangers, qui cherchaient à se rendre un compte exact de la valeur du sol de cette provinceet pouvaient faciliter le développement de ses exploitations aurifères, ils les éloignaient par les difficultés qu'ils leur créaient. Ce n’est qu’au moment de l’exode des capitaux Afrikanders à Madagascar qu'ils comprirent leur intérêt et songèrent à s'unir pour faire face aux demandes étrangères.
Nous ne nous attarderons pas plus longuement sur ces syndicats que nous désirons plus nombreux, et qui par leur cohésion, défendront les intérêts des colons prospecteurs et de la colonie contre les mesures arbitraires, parfois même inqualifiables du gouvernement.
Nous reviendrons, du reste, sur ce sujet à la fin de notre étude des législations successivement en vigueur dans l'ile, et nous examinerons particulièrement les projets de réforme mis à l'ordre du jour par la Chambre des mines.
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