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de 21 millions la quantité totale indiquée par M. Dépincé. On pourrait encore donner comme preuve de cette affirmation quelques renseignements, malheureusement fragmentaires. Ainsi le Rapport de l’Assemblée ordinaire de la Banque d’Indo-Chine en 1901 indique qu'il a été introduit pendant l'année 1900 en Cochinchine par l'intermédiaire de la succursale de Saïgon 7.%00.000 piastres françaises contre 310.000 de piastres mexicaines, c'est-à-dire 24,2 fois plus des premières. Du reste nous reviendrons sur cette question en étudiant les effets de la politique actuelle du gouvernement français.
Enfin le tableau précédent nous montre encore que pendant la période 1879-1904, il a été fabriqué 540.000 pièces de 50/100 de piastre, 13. 625.200 pièces de 20/100, 27.200 200 pièces de 10/100, 12.800 100 pièces de 1/100 et une quantité de sapèques correspondant à une valeur de 110.000, 20 piastres. Cela est peu : car nous verrons que l’aagmentation des pièces divisionnaires serait fort utile à la colonie, et en particulier aux indigènes. Seulement les pièces divisionnaires précédentes ne. sont pas celles qui seraient le plus utile à la colonie, car leur valeur est encore trop forte.
Pour terminer avec les pièces françaises, remarquons qu’une nouvelle sapèque de zinc a été créée par le décret du 29 décembre 1904, pour le protectorat du Tonkin. Elle est de date trop récente pour
avoir pu prendre encore rang dans la circulation. Pendantles six premiers mois de 1905, la Monnaie de Paris avait frappé 42.774.218 sapèques formant une valeur nominale de 71.290.362 piastres. La méfiance qui aurait accueilli ces pièces ne peul être que passagère, et elles doivent, selon nous, arriver à jouer en Indo-Chine un rôle très considérable, grâce à leur valeur infime qui est de 1/600 de piastre.
On peut de même arriver à des indications assez précises sur l'intensité de la circulation fiduciaire dans laquelle nous ne faisons entrer que la monnaie de papier qui a le caractère de monnaie réelle, c’està-dire les billets de la Banque de l’Indo-Chine. Cette banque « est investie du droit d'émettre à l’exclu- « sion de tous les autres établissements, des billets « remboursables à vue et au porteur » aux termes de l’article 1° du décret du 16 mai 1900, qui reproduisait l’alinéa 1 paragraphe 15, section II titre I des statuts annexés au décret d'institution, du 21 janvier 1855. Les billets prévus étaient de 1.000, 500 et 100, 20, 5 francs, ou de valeurs correspondantes, celles de 5 francs ne pouvant être émises qu’avec l’autorisation du ministre de la Marine et des Colonies, après avis du ministre des Finances, pour évi. ter de concurrencer la monnaie métallique la plus répandue dans les pays où la banque établissait des agences. En Indo-Chine les billets émis furent de 100, 25,et 1 piastre: l'autorisation nécessaire à l’émis-
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sion de la coupure de x piastre fut refusée en 1885 : l'utilité de cette coupure pour remédier à la pénurie de la monnaie métallique et pour vaincre la répugnance des indigènes causée par la difficulté de léchange des grosses coupures à l'intérieur du pays, amena l’arrêté du 3 avril 1891. La banque était autorisée à émettre 500.000 billets d’une piastre ; cette autorisation était révocable. Le succès de la nouvelle coupure fui tel que l'arrêté du 14 mars 1896 permit de porter leur nombre à un million. Cette augmentation n’était que temporaire, el la banque devait revenir dans un délai de six mois aux limites fixées par l'arrêté de 1891. Une nouvelle décision ministérielle du 18 avril 1898 autorisa la banque à porter définitivement à un million le nombre des billets d’une piasire, cette autorisation étant du reste toujours révocable.
La quantité des billets émis par la Banque est limitée par les deux règles suivantes :
« Le montant des billets en circulation de chaque succursale ne peut, en aucun cas, excéder le triple de son encaisse métallique, dans laquelle est comprise celle des agences rattachées (art. 7 décret 16 mai 1900). »
« Le montant cumulé des billets en circulation (de toutes les succursales), des comptes courants et des autres dettes de la Banque ne peut excéder le
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triple du capital social et des réserves (art. 8, décret du 16 mai 1900) ».
Cette double limitation s'explique ici comme dans toutes les Banques d'émission où l’on retrouve des règles analogues, par ce.fait que les billets ont cours légal, mais n’ont pas cours forcé et qu'ils doivent ainsi être remboursés à la première réquisition.
Les quantités de billets émises chaque année, conformément aux règles et aux remarques précédentes, par les diverses succursales de la Banque, depuis 1875, sont les suivantes (1).
Lieu d’'Emission
Saïgon et Pnom-Penh æ Haïphong, Hanoï et Tourane 1875 » »