‹ La Question ouvrière d'après les principes catholiquesChapitre 2 sur 12 · PR. C. J. M · texte numérisé non relu

PR. C. J. M

Ce 15 décembre 1920, jour octave de l'Immaculée- Conception.

Séminaire de Québec, 17 janvier 1921.

AU RÉVÉRRND PÈRE ÉMÏÏ.E GEORGES

MiSSfIONNAIRE EUmSTE

Bfffhufst, N.B.

Rkvkrend et cher Père,

Vous avez la bonté de me mettre sous les yeux les solides conférences que vous avez prononcées, à Moncton, devant la population acadienne et catholique de cette ville, sur la question ouvrière.

Je vous félicite de ce beau travail, où sont étudiés, à la lumière des enseignemeiits de l'Kglise et de la raison , des problèmes très actuels et très délicats, sur lesquels on ne saurait jeter de trop vives clartés.

Les Papes demandent expressément que le prêtre applique à l'examen des problèmes sociaux toutes les forces de son intelligence et tout le zèle de son âme apostolique. Vous avez obéi, mon Révérend Père, à cette direction venue de haut, et les conférences que vous offrez au public, après les avoir dites devant un auditoire heureux de vous entendre, témoignent d'un rare souci de vérité et d'exactitude. Vous tenez à approfondir les questions que vous traitez. Au lieu de flatter les instincts populaires, vous vous préoccupez avant tout d'instruire, d'éclairer, de verser dans les esprits dos notions fondamentales

-iode philosophie et de religion sans lesquelles la pensée sociale n'est que chaos.

Je lisais récemment, dans un ouvrage français, cet énoncé très juste, que s'il y a, en presque tous les pays, lutte des classes, c'est surtout parce qu'il y a conflit des idées. Déplacez, supprimez le fond d'essentielle doctrine, sur lequel la société repose, vous ruinez l'ordre public tout entier. On ne peut donc mettre trop de soin à bien définir, selon les lois imprescriptibles de la justice, tous les droits et tous les devoirs, et à préparer, en même temps, par l'application du grand précepte de la charité et de celui de l'équité, le rapprochement de deux catégories d'hommes, trop souvent divisées, faites cependant pour travailler, d'un commun accord, quoique de façon diverse et avec des responsabilités inégales, au bien privé et à la prospérité publique.

C'est là le but de vos conférences. Ce travail, j'en suis sûr, contribuera à redresser plusieuis idées fausses et à inculquer davantage cette vérité capitale qu'au-dessus des intérêts matériels, il y a des intérêts infiniment plus précieux qui dominent toute la vie humaine, et qui méritent le suprême effort de nos âmes.

Veuillez agréer, Révérend et cher Père, avec mes félicitations, l'assurance de mes plus dévoués sentiments.

Louis- Ad. Paquet,

Prêtre.

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