‹ La quéstion ouvrièreChapitre 50 sur 66 · FABRICANTS DE OUISTITIS EN CHENILLE · texte numérisé non relu

FABRICANTS DE OUISTITIS EN CHENILLE

Main-d'œuvre :

40 journées de '11 heures ù 3 f 00

Intérêt du matériel (il f, à 5 0/0, poui' trois inu\>}

Bénéfice résultant de Tinduslrio. . .

Total comme ci-dessus

C. — Résumé des comptes des bénéfices résultant des industries (A à B)

RECETTES

Recettes en argent appliquées aux dépenses de la famille

Recettes en argent à employer de nouv(»au pour Ii^s industries elles-mêmes. . /

ÏOTAl'X

DEPENSES

Intérêt des propriétés possédées par la famille et employées par elle aux industries

Produit des subventions reçues par la fumilh^ et employées par elle aux industries

Salaires afférents aux travaux exécutés par la famille pour les industries

Dépenses en argent qui deviont elre rcmbouisées par (les recettes provenant des industries

Totaux des dépenses (3112 iiC)

Bénéfices totaux résultant des industrie^

Totaux comme ci-dessus

VALEURS

en nature

en argent

IGDo 30

1*) iiO )) 1680 00

■2016 rif 3112 00

SECTION II

Comptes relatifs aux subventions.

Ces comptes, se rapportant à des opérations très simples, ont été établis dans le budget lui-même.

SECTION III

Compte de la dépense annuelle concernant

les vêtements.

Art. !«'. — Vêtements de l'ouvrier.

Vêtements de dimanche, des jours ordinaires et ,de travail (ils se confondent).

Dorée

1 pardessus

1 costume complet (redingote, gilet, pantalon, drap noir) acheté sur le carreau du Temple.

pa « a

*m Mh ?.*

as 4»

H a ir

fi. C3 CB

Q cd a

1 chapeau de feutre

2 cravates

4 chemises en toile (achetées aux 100.000 chemises)

2 tricots de coton

2 caleçons

6 paires de chaussettes

2 paires de bottines à élastiques

Totaux

Art. 2. — Vêtements de l'ouvrière.

Vêtements de dimanche, des jours ordinaires et de travail (ils se confondent).

1 manteau drap brun ,.

1 robe et corsap^e mérinos, cachemire . . .

1 chapeau

Jupons, vieilles robes (pour mémoire) . . .

1 pantalon coton .

1 corset

1 tricot coton

4 chemises coton

4 paires de bas coton

Fichu

1 matinée en pilou

3 matinées en cotonnade . -

2 tabliers de coton bleus

2 tabliers de travail

2 paires de bottines, Richelieu, Molière. . .

PRIX

d*achat

Durée

Totaux,

sa

Sommaire. — Ecrasement des classes moyennes sous leur ancienne forme. — I. Le capital ; âpreté de ceux qui le possèdent, a) lutte commerciale, 6) lutte industrielle, c) lutte entre le commerce et l'industrie. — II. Le travail ; la montée des besoins des ouvriers et leurs exigences ; les mesures législatives méditées. — • Ainsi écrasées les classes moyennes sentent croître le désir de manisfester durement leur force et de satisfaire des besoins nouveaux. Leur avenir ? N'y aura-t-il pas une reconstitution ?

1 . — Les quatre précédents chapitres, — ces méthodiques excursions à travers le commerce et la « fabrique >, — viennent d'entasser à notre disposition une masse de faits accumulés, de détails infinis, d'aperçus sans nombre, d'où il nous faut maintenant, conformément au principe directeur auquel nous restons toujours fidèles, dégager et faire ressortir l'idée générale, d'ailleurs pressentie. Sans doute ces éléments épars pourraient être rangés, dans le métier du jouet comme dans le meuble^ sous les trois rubriques éternellement rencontrées au seuil de toutes les industries : crise commerciale, c'est-à-dire resserrement du marché international et national; crise industrielle, c'est-à-dire changement de rapport entre les rouages de la production, magasin et atelier, fabrique collective et annexes ; crise sociale, ou rupture entre les individualités libres que le métier réunit et qui se déclarent une guerre sans merci, forts contre faibles, faibles contre forts ; mais aujourd'hui que notre puissance de concevoir s'est accrue par Texercice même des observations sociales, il convient de faire passer au second plan toutes ces classifications de phéno-

192 CHAPri'KK V£

mènes, qui n'embrassent chacune que des idées incomplètes ; il faut dominer l'ensemble dans la complexité même de sa manifestation et établir le point de vue souverain, auquel toute cette confusion se ramène.

a. — A quoi nous a heurtés, pour ainsi dire, chaque pas de celte enquête? A ce petit bazar, agonisant dans l'ombre du formidable comptoir, comme la modeste boutique que E. Zola a placé en antithèse de son Bonheur des Dames ; à ce microscopique atelier métal, acculé à la liquidation, par la manœuvre savante de la grande industrie ;àcette humble fabrique de poupées en peau bourrée de son, déjà vestige historique; aux moyennes fabriques du bébé biscuit ou pâte, réduites aux abois devant un compétiteur plus puissant ; à l'atelier producteur de ballon en caoutchouc auxiliaire soumis de la grande usine ; à la foule des façonniers asservis par l'entrepositaire.qui trouvent leur expression la plus abaissée dans le failli devenu ouvrier en chambre, locataire de passage d'un hôtel meublé! Tout cela, c'est le délilé des classes moyennes, de cette hiérarchie intermédiaire entre les infiniment riches et les infiniment pauvres, qui dans les cantons ruraux, unit au châtelain continuant les grandes traditions de la vie seigneuriale, le journalier locataire d'une borderie de quelques arpents, déraciné du sol et même nomade à l'époque des grands travaux, — qui, dans lesmilieux urbains, parrincessantemontéedes plus habiles, des plus travailleurs et des plus énergiques, s'efforce de relier le commerçant milliardaire, spéculateur ou armateur, au prolétaire des sociétés secrètes et des journées sanglantes. Petits nobles, riches bourgeois, ns ou notaires, propriétaire aisé et indépendant, ivantà la paysanne, fermier, métayer possesseur ipargne, dans la vie agricole : marchand ou comnnaire de second rang, industriel qui réunit auses établisou de ses machines une trentaine d'ouartisans chefs de métier de toute espèce, de toute , dans la vie des ateliers et des comptoirs, voiià les de ces classes moyennes, garantie des civilisaorsqu'elles restent prospères, parce que à défaut galité utopique, qui supposerait une égale attri-

bution de jugement, dlntelligence et de volonté, elles sontlapreuve d'une égalité relative, d* une proportionnalitéySénle pratique, entre les aspirations de la masse et les satisfactions qui lui sont accordées; signe de leur décadence irrémédiable, lorsqu'elles disparaissent, car alors surgit, par une sorte d'évolution nécessaire dans Thistoire du monde, la lutte sans merci de ceux vers qui tous les bonheurs ont reflué et de ceux qui semblent deshérités même du droit de vivre, prolétaires de la Grèce, Jacques du moyen âge, artisans florentins du XV° siècle, anabaptistes du XVI% septembriseurs de la Révolution,

3. — Or, dans Tindustrie du jouet — et chaque coup de sonde en chaque industrie ramènerait une constata tion semblable — les classes moyennes sont écrasées entre deux forces, deux forces convergentes, le jeu du capital, ou de ce que Ton est convenu d'appeler ainsi, la résistance passive et les attaques du travail^ dont les agitations ont précisément posé cette question ouvrière confondue sans cesse avec la question sociale^ véritable maladie de notre civilisation. Les faits déjà cités et réunis par un rapport simple vont en convaincre le lecteur.

Page 1