VI PREFACE
trace du vieux romantisme qui durant plusieurs générations a discrédité, aux yeux des politiques, les plus légitimes revendications des Polonais de Russie. M. Dmowski demeure toujours sur le solide terrain des faits et des réalités contemporaines. Son langage est celui d'un véritable homme d'Etat; il sait qu'en politique la première règle est de tenir compte des possibilités de l'heure présente.
Il fait appel à la raison et aux intérêts plutôt qu'au sentiment. Il s'abstient de toute récrimination inutile ; il s'inspire des nécessités du présent et non des rancunes du passé. S'il offre aux Russes la main des Polonais, il montre aux deux peuples que tous deux ont à s'entendre un égal intérêt.
Pour la Russie, comme pour la Prusse ou l'Autriche, entend-on parfois répéter chez nous et ailleurs, la question polonaise est une question intérieure que les étrangers ne sauraient se permettre de toucher sans blesser le gouvernement et le peuple russes. Si plausible que puisse sembler, au premier abord, un pareil langage, il ne tient compte que d'une partie des faits; il s'inspire plutôt des apparences que des réalités. Affirmer que la question polonaise n'est pour la Russie qu'une question intérieure qui