XII PRÉFACE
lesquelles tant de Russes ont fait des vœux impuissants, sont-elles seules à oser aspirer à Tautonomie? Les droits et libertés que la Russie eût voulu obtenir, fût-ce au prix de son sang, à ses congénères du dehors, qui l'empêche de les accorder elle-même, chez elle, à ses frères slaves de la Vistule ? Pour le faire, elle n'a pas besoin de prendre les armes, elle n'a de permission à demandera personne ; car il nous répugne de croire qu'elle ne se sente pas maîtresse chez elle. S'il est vrai qu'elle tient de la Providence la mission d'aider à la résurrection des Slaves opprimés, pourquoi ne songe-t-elle qu'au salut de ses petits frères du dehors, quand elle a, sous la main, sur ses domaines, l'aîné peut-être de tous les Slaves, un peuple plus nombreux que tous les Serbes et les Bulgares réunis, et qui ne demande d'elle que lareconnaissance de sa nationalité ?
Le contraste entre la politique étrangère de la Russie en faveur des Slaves du dehors et ses procédés de gouvernement vis-à-vis de ses propres sujets slaves a lourdement pesé sur la politique et la diplomatie russes. Il a longtemps discrédité ses plus généreux efforts en faveur des chrétiens d'Orient, la faisant, à tort sans doute, accuser de fausseté et de duplicité, alors qu'elle n'était coupable que d'inconséquence. Mais l'inconsé-