‹ La question religieuse en Orient. Refutation d'un écrit intitulé: Parole de l'orthodoxie catholique au catholicisme romainChapitre 3 sur 5 · SUR LA COUTUME DE BAISER LE PIED DU PAPE · texte numérisé non relu

SUR LA COUTUME DE BAISER LE PIED DU PAPE

Ce n’est pas ici le lieu de faire une dissertation sur la coutume très -ancienne de baiser le pied du pape; mais en supposant même que cette coutume pût choquer les peuples de l’Occident , on ne comprend pas comment les Grecs de Constantinople pouvaient éprouver quelque répugnance pour une cérémonie qui devait leur paraître moins extraordinaire qu’à qui que ce soit parmi les peuples chrétiens. D’après le cérémonial de la cour de Constantinople) les grands de l’empire baisaient fréquemment le pied de l’empereur S et je ne vois pas pourquoi les Grecs n’auraient pas pu rendre au souverain pontife le même témoignage de respect qu’à l’empereur, d’autant plus que la mule du pape porte une croix à laquelle on rend hommage, tandis que la chaussure de l’empereur ne portait que des aigles. De plus , si l’empereur de Constantinople ne refusait pas cet hommage au vicaire de Jésus-Christ , on s’explique encore moins comment ses sujets pouvaient se montrer plus difficiles que lui ; or, le pape Constantin étant venu à Constantinople , l’empereur Justinien II , la couronne sur la tête , se prosterna publiquement devant le sou* verain pontife, et lui baisa les pieds. In die autem qua se vicissim viderunt, Augustus christianissimus cum regno in capitese pro • stravit, pedes osculans pontificis 8 .

1 Georcius Coduiüs , curopalata. De officii» et officialibut magnœ Ecclesiœ et aulœ Constantinopolitanœ. Paris, Cramoisy, <625, chap. iv, n. 7. —Voyez aussi les notes de Gretser, pag. 250 et 257.

2 Anattasii bibliothecarii de vitis Roman. Pontif. Constantinus. — Migne. Patrol., tom. CXXVIII , pag. 950, n. <73.

NOTES. 23

11 faut bien remarquer que les empereurs grecs qui baisaient le pied du pape ne rendaient pas le même honneur au patriarche de Constantinople. Bien loin de là, nous trouvons dans Georges Codinus que lorsque l’empereur recevait la communion des mains du patriarche, l’empereur et le patriarche, immédiatement après la communion , faisaient la génuflexion l’un devant l’autre 1 ; et du temps d’Isaac Comnène , un patriarche s’étant avisé de porter une chaussure brodée , fut pour ce fait déposé , la chaussure brodée étant réservée à l’empereur et à quelques-uns des princes de sa maison *.

On peut voir dans Constantin Porphyrogénète les formules dik férentes employées à la cour de Byzance lorsque l’empereur écrivait au pape ou aux patriarches orientaux ; le pape est le seul que l’empereur appelle son père spirituel 3 .

1 Constantini Porphyrogeneti imper atoris Constantinopolilani libri duo de ceremoniis aul<e byzantine?. Leipzig, 4757, tom. I , pag. 40.

* Melrsiis. Glossarium grm-o-barbarum. Leyde , Elzevlr. IGM, au mot TZAITA1.

3 Constantini Porj)hyrogeneti, tom. II , pag. 392 et59G.

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