‹ La question Riel: discours de M. Tassé, M.P., prononcé devant le Cercle Lafontaine d'Ottawa, le 19 février 1886Chapitre 4 sur 4 · CR · texte numérisé non relu

CR

nelle, il eût été un patriote, .le champion

révolte de chefs de bandits. Oui, si Rieleñt ” -

‘uue verge de fer.

-‘aui"plengenient dans la plai

peit'êtré lé sauveur de: s4 race, tandis qu'il <n est dévenn le manvais génie, le fléau, presque le destructeur, - . : ‘

De

«27 Des agitateurs modèles Voyez .O'Connell. Pendant des siècles son peuple a gémi sous l'oppression, sous L A-tit jamais songé à lui faire prendre les armes ? Non. . Et cepen-

. dant'il luiaurait suffi d'un geste pour voir

briller cent mille fusils dans les plaines de Claire ou de Tipperarye Mais O'Connell n'aurait pu. se consoler d'avoir fait verser une goutte de sang. Son mot d'ordre était : Agitatel Agitate! Sa gioire est d'avoir abattu les murs séculaires dela tyrannie, pan par per, d'avoir arraché la liberté, Jars-

eau par lambeau, d'avoir obtenu l'é- -mavcipation des catholiques, sans jainais avoir. fait entendre autre rhote quesa voix puissante. Mais cette voix était ‘plus retentissante que le canon ‘Krupp ou la carabine Winchester. Elle résonnait comme un clairon dens toute l'Irlande, remuant toutes:les Êmes, faisant tressaillir ‘tous lea coeurs. Aussi le. patriote irlandais paraît-il aux yeux de- l’histoire comme J'en des plus grands bienfaiteurs de l'humanité, Aussi n’estilpas de tache sur cet astre d'une ïincomparable grandeur. O’Connell mourut eu féguant 5es os à sa patrie et son cœur à Rome : ces deux patries qui sont l'atitichambre de Ja patrie céleste. C'est uue fin digne de sagrande vie. Surun théâ.

tre plus rétréci, au milieu des plaines de la Saskatchewan, Lonis'Riel ânrait pu deveniren quelque sorte l'O’Connell dn Nord- Ouest. Il a préféré le sort d’Erostrate mettant .le feu à un temple célèbre pour Jégner son nom .à Ja postérité. Et de . nos ‘jours : que’ voit-on ® Toute l'Ir- Jandeest'nour ainsi dire aux pieds de Parnell. La Grande-Bretagne a bien un vice-roi à Dublin, maisleroïde l'Irlandeest Parnell, Siquelqnes-uns de ses compatriotes ontemployé le poignard ou Ja dymamite pour détrnire ceux qu’ils considérent comme leurs oppresseurs, Jui a toujours réprouvé: ces moyens odieux, il n'a voulu - que de l'agitation légale et constitutionnelle. Et ls jour

” n’est pas éloigné où, grâce à cette agitation

incessante, lui et son peuple pourront g'é.

crier : L’Zrlandeest libre! -

(2 a fin déRidl

- Le fin tragique-de‘Rièl'je la regrette, 1 la déplore. Oui, je regrette qu'il ait fallu donner cétte grande feçon d'autorité. Je regrette qu’il ait fallu punir la révolte dans ‘la personne de son chef." C'est le premier échafaud politique que l'on a vu se dresser .Sepuis les jours sombres de 1829; espérons que’ cé sera ‘le dernier, La mort de Riel,-je l'appris en mer. C'était nn soir, le dernier. soir que nous parsimés à bord du steamer qui me .ramenait au pays.

‘Le ciel était sillonné de météares lumineux ‘humide

pour ve plus reparaître. Nous n'étions qu'à cent cinquante miies de terre. Le pilote qui était venu au-devant

[de nous, rous apporta Îles derniers journaux d: New-York: ils contenaient :

les renseigr:ements les plus complets sur

la fin de ‘tel et sur lagitation qui s’en est suiv'e, agitation immense comme les

flots qui nous ballottaient. J'étais tout :

entier « la joie du retour; mais à cette

nouv-ile je me sentis le cœur saigner, je: ”

we sentis le cœur plein de deuil, J'avais cor au Louis . Riel à sa sortie du collège.

Nous avions tous deux la tête pleine d'illusions ‘hélas! bien ‘effeuillées depuis. J'avais pour luides sympathiesassez vives— Ayant écrit plus tard l’histoire de son père qui fut le libérateur commercial de la Rivière Rouge, il est naturel que je ne fusse pas indifférent au sort du fils. J'avais aussi connu sa mére, sa bonne méère—et quelle est la mère qui ne l’est pas?—et je me figurai son inconsolable douleur, toute lamertume de larmes qui ne se lassent nas de couler. Les anciens appelaient avec raison la guerre lennemie des mères— bella matribus detestata. Et, puis, si coupable que soit un fiis,quelle est la mère qui ne lui pardonne pas, qui ne lui trouve pas des excuses? La mére est nun- seuiement un trésor de bonté, c'est encore un trésor de miséricorde Vous tous qui, plus heureux que moi,possédez cef ange tutélaire, l'ange du foyer, vous me coniprendrez.

En cette heure attristée, je songeai atwssi à ces paroles de Napoleon—qui, lui, a fait pleurer tant de mères—paroles qui avaient une si douloureuse actualité : ‘Le sang “ appelle le sang. c'est la réaction naturelle, “ inévitable, infaillible; malheur à qui la ‘ provoque | Quand on s’obstine à susciter.

“ des troubles civils et des commotions po- « litiques, on s'expose 4 en tomber victi- “me.” Mais tout en sympathisant avec la famille de Riel, je me surpris aussi à pleurer avec les parents, avec les amis des autres victimes—et il en est plus de deux cents--de cette guerre fratricide. En cette ville même, nous avons vu passer le cortème funèbre qui accoin-

agnait à leur dernière demeure deux Braves. - morts au.champ d'honneur, morts pour Ja patrie Nous avons payé la dette terrible du sang. Combien sont coupables ceux qui attirent sur leur pays de pareils fléaux |

Ceux qui ont demandé la tête de Riel

Pour soulever le, sentiment catholique contre Je gouvernement, ona dit que la mort de Riel avait été arrachée, . décrétée, parles orangistes. Où est la preuve? On se sert des orangistes. comme d'un épouvantail, Ce qui est vrai, c’est que la‘presse anglaise, à de rares exceptions prés, demandait que la sentence fut exécutée. Le Globe, le Free Press d'Ottawaetle Free Press de Winnipeg—trois des p e du parti libéral—ont réclamé & grands cris la tête de Riel. Depuis mars jusqu'à oct6

bre 1885, le Globe n'a cessé d'écrire que iiel.

rincipaux organes, <* \

— ]0 — rot! ae ï,

méritait richement la mort, Avant sa

“capture, il demandaitque le gouvernement mit sa têteà prix. Une fois pris, il déclara que le peuple tiendrait le gouvernement responsable de tout déni de justice, que Von re pouvait sauver Riel parle plaidorer d'insanité, et que si on le declarait fou,fauérait agrandir considérablement nos asiles d'aliénés. Vous jugerez de son langage par l’extrait suivant d’un article en date du 14 août :

Le crime dont” Riel s'est rendu coupable est un de ceux pour lesquels on ne vent demander twerci, un des plus condumuubles que l'on ait jamais pu imaginer. Ila causé Li mort de deux cents Crundiens, et il en a fait blessuret rendu invalides deux fois autant, Si ses tentatives pour soulever les sauvages avaienc eu plus de succés, les blancs etnhtis au Nord Quest auraient eu probablement a subir les outrages les plus épouvantables, La circonstance In plus aggravante du erime dt Riel, c'est qu'il savait à quels excès les sauvages se livreraient une foïs déchainés. . . Tous ceux qui ont lu lesdepositions des temoins nc peuvent mer que Riel mérite richement la mort.

Le Free Press de Winnipeg, écrivait plus tard que le gouvernement ne pouvait pas faireautrementque de pendre Riel, et que son exécution,jointe a celle des chefs sauvages aurait un effet salutaire. Le Frre Press d'Uttawa, paraît avoir changé d'avis depuis, suivant les intérêts de san part, mais voici le langage qu'il tenaît avant l'exécution de Riel : “ Louis Riel connais- 4 sait bien la nature du sauvage eb savait ‘que son mode de guerre répugne 2 nos it jdees de civilisation, Quand Rif: cons- “pira avec les sauvages, il ouvrit les por- “tes âe la rapine et du meurire, et pour 5 cette oflense il méritait je plus sévère ‘’châtimeut." Le Port Hope Guide s'èeriait : “* Silechef rebeite n’est pas pendu, “ c'est parce que sir John Macdonald n'o- ‘sera pas se mettre en travers des Fran.

% çais de Québec.” Et je pourrais citer des douzaines d'autres jnurnaux du parti libéral. ‘Tous ont vousiu du sang de Riel tant qu'ils ont cru que le gouvernement ne'laisserait pas ia justice suivre son cours.

Aussi £i ie chef métis n'avait pas éte exécuté, ces mêmes journaux dénonceraient au jourd'huile gouvernement coinme ayant cédé de nouveau à l'influence des bleus— ces terribles bleus de la province de Québec—qui ont fait souche un peu partout, depuis l'Acadie jusqu'à Vancouver.

Blake, Cariwright et la mort de Riel

Le chef du parti libéral, l'honorable M.

Fake, a dit qu'il ne voulait pas engager une luvte, de ‘parti sur la tragédie de Régina, qu'il ue voulait pas bâtir une

Jate-forme politique sur un échafaud m1 a créer niln cimeriter ‘avec des liens. de sang. Je le félicite d’être revenu à de meilleurs sentiments, à des sentinients plus dignes d’un homme d'Etat. Carces paroles sont la condamnation desa conduite d'il y 8 quinze ans. Si M. Blake veut l'oublier, le public, lui, n'a pas oublié qu'il réussit à

renverser le gouvernement Sandfield- Mredonaïd en se glissant au pouvoir au moyen d'un cadavre, le cadavre de Thomas Scott.

line recula même pas devant la trahison d'undes membres du gouvernement Mac.

donald. Et cetraître fut plus tard nommé juge en chef de Manitoba : c'était le prix de la trahison. ÆEtce.juge fut celui qui détermina le jury à prononcer un arrêt de mort contre Lépine, malgré toute l'éloquence de .Chapleau. .

Les paroles de M. Blake sonë aussi la condamnation de ses alliés de la province de Québec.—Attendez M. Blake, nous disait-on, et Jon verra combien il sympathise avee nous, Eh bien, M. Blake a parlé Qua-til dit? Ati blà.

mé le gouvernément d'avoir exécuté Riel { Non.— Atif blâmé la manière dont le procès de Riel a été candnit?

Non.—L'a-t-il qualifiéde meurtre judiciaire Non.—-Il a déclare qu'ii n'entretenaitaucun doute sur la justice du procès,. Il a même félicité le gouvernement d'avoir-payé les frais des témoins de la défense: ce qui avait été refusé dans le procés Lépine.

Bien plus, il 4 blâmé plusieurs de ses amis ” de la province de Québec d'avoir prononcé certaines paroles eë5 fait certains actes qui ne sauraieut avoir son approbation.

Son discours a tellement terrifié les chefs iibéraux de Quebec qué M. Lau.

rier n'a pas osé depuis prendre la parole. Et cependant M, Laurier avait dit que s'il avait été à Batoche il n'éurait pas craint de décrocher la carabine de ses pères pour combattre pour la liberté. Eh bien, ML. Laurier, quoique dûment invité de figurer en public à Montréal ef à Toronto, n'a pasencore osé décrocher sa redoutable carabine, Un autre chef libéral, sir Richard Cartwrighé, 8 lui aussi parlé. Et qu'a-t-il dit ? Qu'il ne voulait pas. blâmer le gouvernement d'avoir exécuté Riel—*"Une rébellion,” a-t-il ajouté, ‘ peut étré ‘excu- “ sée, et cependant les meueurs qui entrai-

“nent des bommes ignorante et alheu- “ reux dans la rébellion être punis.” Sans doute que ces messieurs condam-

nent toute l'administration des affaires du Kord-Ouest: mais ils neseraient pagl'opposition s'ils ne le faisaient pas. Voussavezla définition de l'opposition par M. Mackenzie : elle doit combattre tout ce que propose où faitle gnuvernement. C'est rétrécir, Ta baisser son rôle, mais c'est ainsi que Îles libéraux entendent lopposition, pour laquelle ils sont tellement nésqu’elle menare de devenir pour eux le rocher de-Sisyphe.

Les accusations de trahison

Je ne suis pas de ceux qui s'effraient des accusations de traître, .de . rénégat, de pendard, portées contre nos ministres, Qu'ils.

s'en consolent, l'injustice, l'ingratitude popuiaire est le tous les temps, de tous les

ieux. La tête de Cicéron fut promenée au bout d'une nique. ,Le vainqueur dé Waterloo fut pendant longtemps l'idole de VAngleterre, ce qui n'empêcha «pasla po--

pulace de Londres d'aller briser ses’ fenétres. Qu'ils s’en consolent, leurs prédécesseurs même:r'ont.pas Sté plus respectés.

Lafontaine, Morin, Taché et Cartier furent, eux aussi, trainés dausla boue. “En'1849, Lafontaine. était brûlé en effigie en pleine ville de Montréäl, Quinze ans: plus terd, Cartier avait le même honneur. La ealomnie, l'avanie sont trop souvent lé prix de la gloire C'est Corneille qui a dit :

La gloire est'plus solide aprés la calomnie

. Et brille d'autant mieux qu'elle s'en vit ternic. La démission dg nos ministres eût été une faute, une grande faute. L'homme politique qui cède Atoutes les clameurs popu- Jaires n’est pas un homme d'Etat. S'il en était autrement, autant vaudrait dire que le capitaine: qui abandonne le commandedement, “qui déserte son bâtiment à la première tempête, à Ja première fureur dé l'Océan, est un bon, un brave marin,— 11 faut bien que je les suive puisque je suis leur chef, disait Ledru Rollin.

Avec cette doctrine, une nation flotte à tous les caprices, à tous les virements de l'apinion publique. La stabilité gouvernementale n'est plus qu'un vain mot. La: révolution s'établit-en permanence. Sir Robert Peel a pus'écrieravec beaucoup de vérité: Jepro- * teste contre la doetrine que nous-devons ‘céder parce que c’est la volonté popu- ‘’jaire. Si nous sommes convaincus que * ce n'est pas l'intérêt populaire, c'est notre s * pénible mais impérieux devoir de résis- “ter.” Il est des temps où il faut que les ministres aient le courage de se rmettre en travérs du: flot populaire et de lui dire’:

. # Tu n'iras ‘pas plus léin” ‘Et céux qui tiennent ce lengaze sont les vrais patriotes. Ce ne sont ni des flatteurs, ni des courtisans : cette plaie des rois, cette plaie des ponplese Ces hbommes-li sont de véritables

che , des conseillers éclairés, des guides sûrs. "2,

. Sé démettre eut été pour.nos ministres masser tout l'élément français contre lélé-

ment anglais.—Se démettre, c'était précipi- . terle pays dans une lutte électorale, qui ‘‘aucait été inévitablement une lutte de ra- . æes, ‘Se’ dérmettre, c'était peut-êtré la grerre civile, c'était peut-être recommencer la baraïñle des Plaines d'Abraham. Déjà trop de paroles, trop de provocations offensantes.ont été lancées, Le feu des haines na- -tionsles.est facile à allumer : mais souvent il fauc des siècles pour l'éteindre. C'est ce que nos. ministres ont compris en bravant une tourmente qui aurait pu em porter" l'édifice de 18 Confédération tout entier, Et Joiri de les,elouer au pilori, l'his- . taire les -rernerciera d’avoir placé'leur devoir, le salut quoi au-tdèssus dea vaines satisfactions d'une popularité éphémère.

Îa 2 Le parti national

- Dans ces derniers niois, on & beaucoup parlé d'nnirles Canadiens-francais sons un ‘même drapeau, bonus un drapéauque l'on

hraitappulé le drapeau nation. :

tquels !

oo

sont les hommes qui veulerit ensevelir ainsi les haines du passé, qui sont devenus tout à coup de si chauds partisans de lanion ?

Ce sont les hommes mêmes qui ont brisé cette union quand elle existait: ?

. Xi fut un temps, et ce temps n'est pas

encore très éloigné, où les Canadiens-fran-

çais ne: formaient qu'une même phalange, qu'un même.parti. C'était au lendemain

es jours orageux de 1837, peu-anpés l'établissement de l'acte d'Union. Cette union avait été créée pour nous noyer, pour nous perdre, et ils'agissait d'en faire linstrument du salut. Pour arriver à ce but, il nous fallait une union compacte, il nous fallait aùssi des chefs habiles, intègres, inspirant la confiance générale. L'union se fit d'elle-même, tant le danger était grand, et nous trouvêmes en Lafontaine et Morin, son lieutenant, des chefs que nous pourrons toujours citer comme des modèles. Grâce à cette union, le gouvernement responsable. nous fut enfin conféré ; grâce x cette union, la langue française fut de nouveau officiellement reconnue ; grâce à cette union, les portes de la patrie purent s'ouvrir à nos exilés politiques, Papineau en tôle; grâce à cette union le Bas-Canada fut mis sur le même pied que le Haut-Canada, et il devint l’allié, non.plus le vassal de l’autre.

Eh bien, qui a brisé l'union des Canadiens-français ? Est-ce Lafontaine qui lui, avait dit : “Je ‘ne servirai jamais “d'instrument pour diviser mes com ‘“patriotes... Ne détruisons pas le seul “lien qui fait notre force, l'union “entre nous?” Non. L'histoire nous dit que c'est le chef, le fondateur du parti rouge.

A peiné rentré en chambre, Papineau, jaloux probablement de ne plus jouer le premier rôle—les révolutionnaires sont rarement des hommes de gouvernement — battait en brèche le ministère Baldwin - Lafontaine. Sur plus d'une mesure: importante il fut même le seul Canadien-français qui passa à lon position! Papineau n'avait pas foi dans le gouvernement responsable ;.ce qu’il désirait, c'était un régime démocratique, l'annexion aux Etats-Unis. Et cette rupture du parti libéral, commencée par Papineau, fut continuése par les Dorion,les Doutre, les Dessauliles, les Papin, les Laberge, par toute cette pléïade d'hommes de talent mais dévoyés, que l'on aappelée la pléfaderouge.

Et quelétaitle programme qu'ils propo-

dimes, écoles communes, élection desjumes et des employés publics, et, pour couronnement bien entendu, l'annexion aux Etats- Unis.. Le peuple a depuis longtemps fait justice de ces réveurs et de ieurs rêveries, Oui, tels sont les hommes qui sont responsables de le division des Canadiens-

- Piye tn, sr George Cartier offrit un portefeuillé à M. Dorion pour rétablir canton pare “2. compatriotes. Cartier s’inshirait del sim de Lafontaine; mais lle fut pas cmnptis, M. Dorion refusa la branche d'oiivier:. De !1 toutes les luttes acharnées . dont

saient? Suffrage universel, abolition des :

Qu . AVONS été té-

pe

: 7 —1 moins. Ces Inttes n’ont pas empêché cependant ls masse de la population de se tallier autour du parti conservateur qui est devenu le grand parti national.

Plus tard encore, les libéraux voulurent jouer la comédie dont nous sommes aujourd’hui témoins—et ils fondèrent un prétendu parti national. Grâce à cette comédie, qui fut malheureusement prise au sérieux par trop de gens/ils réussirent ä battre Cartier et à commettre un acte d’ingratitude populaire que la ville de Montréal regrette encore. Au lendemain de sa défaite, le National s'écriait: “ Pitié même “ pour ce tentateur, ce corrupteur, ce Mé- ‘“ phistophelès légendaire qui vivra com- “me l'être le plus malfaisant de notre ‘“Chistoire.” Quelques mois aprés, Cartier ællait mourir à Londres, abreuvé de chagrin. Aujourd'hui ils ie pleurent avec des larmes de crocodile. - Ah! si Carrier vi. vait les choses iraient bien autrement, disent ceux-la qui ont aidé à creuser sa fosse, On réserve la même antienne à ses successeurs. ...quand ils ne seront plus, Mais le tour était joué. Grâce à cette comédie, on a réussi à faire arriverle parti rouge au pouvoir sous de faux pretextes.

Arrière les nationards ! C'est à peine si quelques-uns ont pu troquer leurs convictions protectionnistes pour des places, parmi lesquelles on a ramassé quelques tricornes. Et le parti rouge an pouvoir nous a valu cinq années de détresse, cinq années de ruines, cinq années de mauvaise administration. On eût cru qu'il voulait réaliser le fameux songe de Joseph concernant les sept vaches maigres qui dévorerent les sept vacbes grasses (On rit). Ces cinq années de pouvoir nous ont aussi valu hélas!

cinq années d'humiliation française : en ces temps-là, on ne parlait pas de domination française !

L'œuvre du parti conservateur

On à fait et on fait encore un grand effort pour briser nos liens de parti, briser notre allégéance au parti conservateur, Mais les membres du Cercle Lofontaine outété parmi les premiers à repousser cette offre séduisante. Fiers du passé de votre parti, de ce parti qui a fait ia Confé. dération, qui a réglé la tenure seigneuriale, qui «& codifié nos lois civiles, qui a bâti Le Grand Tronc, ie pont Victoria et FIntercolonial, qui vient d'achever l’œuvre incomparable, l'œuvre monumentale du Pa.

cifique, qui nous a doté de la protection, qui a été pour nous l'ancre du salut, vous avez voulu vous recueillir avant de prêter l’orcille aux sirènes libérales, Et après vous être recueillis, après avoir mesuré la situation, vous êtes venus à la conclusion que, si tout n’est pas parfait daus le parti conservateur, que si ce parti n’est après tout qu'une institution humaine, vous trouvez là des garanties d'intelligence, de patriotisme, de largeur d'idées, de bon gouvernement, que nos adversaires ne sauraient vous offrir.

De

Les injures des grits ë

Timeo Danaos et dona ferentes. - Oui, nous avons raison de craindre “les erits quand ils nous tendent une main chargée de présents. Pendant'trente :on-" gues années cette main a soufflaté ‘notre pationalité sur toutes les faces. Pendant plus de trente ans,les grits onb exploité contre nous les plus mauvais préjugés, les plus dangereuses passions. Pendant plus.

de treute années, ‘ils ont voülu soulever Ontario contre Québec, représentant notre vieüx chef comme étant vendu ‘aux. intéréts français. Pendant plus-de trente années, ils nous ont ridiculisés, vilipendés, conspués comme étant la queue trançaise du parti—the French tail of Sir John Macdonald. Encore ces jours derniers, le Times d'Elamilton, parlant de votre Cercle, nous insultait bassernent en disant que les trois quarts des conservateurs français d'Ottawa sont des écumeurs de places.

Avant lui, d'autres feuilles grites nous avaient traités d’ignorants, d’encroutés, de | lécheurs de crachats, et antres gentillesses de cette essèce, Nous pouvons regretter, condamner ‘quelques articles publiés dans des journaux conservateurs :anglais—ar.

ticles qui n'ont malheureusement pas été.

sans provocations; mais cela nesauraitsuf.

fire pour nous faire oublier en un jour tous Îes outrages, toutes les avanies toutes les caloranies, dont nous avons été l'objet.

Et uous ne les oublierons pas. Si jamais.

nous devons changer nos alliances politiques, que ce soit sur une autre base etdans d’autres’ conditions, .

Dangers d’un parti “national” .

Mais plaçons la question à un point de vue pluséleve. Le parti national serait pour nous l'isolement. Or, l'isolement pourrait nous être funeste. Nous sommes la minorité, Et cette minorité ne pent se coaliser sans que la majorité ne concentre également ses forces. C'est une réaction inévitable, Tout notre intérêt repose dans le jeu des partis. C'est ce qu'ont compris les hommes qui. par leur :

position sont en état de mieux juger des intérêts de notre race, je veux parler des chefs des minorités françaises dans les différentes provinces. Parlant au nom des Acadiens, l'honorable M. Landry a refusé de prenûre part au mouvement dit. national. Partant au nom des Canudiens-frausais d'Ontario, notre vaillant député de-

ussell, M. Honoré Robillard--ceiui-là même qui a fait son premier discours en français dans da chambre - de ‘Toronto—a dénoncé ce mouvement comme.dangereux et propre senlement à livrer nou forteresses à ennemi. Son collègue, le député d'Essex,.

M. Solomon White, qui n'est anglais que de.

nom, a tenu le même langage. Le chef des.

Canadiens-francçais du Nord-Ouest, l'honorable M. Royal,dont l'expérience, le . sens politique, l'esprit éclairé, m'inspirent, la

plus ‘hanfe- conflance,, n'a pas encore

parlé, maïs jeunis qu'il partage les mêmes

vugs. "Ces voix ‘patrintiques, tes voix au-

<torisées, me rassurent, me démontrent

que nous sommes dansia bonne, dans la roite voie. °° -

— Restons fidèles au parti

- Oüi, nous resterons fidèles à notre parti.

Nous -resterons ‘fidèles aux idées de ‘progrès, de justice et de grandeur u'il représente. S'il est des abus, es injustices, nous essayerons de. les corriger, de les .redresser., Depuis longtemps ‘ le grand arbre conservateur couvre le pays de sa bienfaisante fufluence, et. quelquesuns de ses rameaux peuvent être viciés, -vermoulus. Nous éboñrgeonnerons, nous émonderons ces branches, mais nous ne détruirons pas le vieux tronc qui a produit des fruits ai abondants et si généreux.

Ainsi taillé, ainsi rajeuni, le grand arbre conservateur qui puise sa force dans la sève de ‘la vraie liberté, qui étend ses Jacines jusqu'aux denx océans, saura retrouver une nouvelle vitalité, une nouvelle puissance. - ° :

Des luttes ardentes nous attendent,elles seront peut-être prochaines. Ces luttes

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ne nous effraient pas.. Nous sommes.

babitués à combattre, à porter le poids de la journée. Mais pour combattre avec succès, faisons en sorte que personne ne manque à l'appel au grand jour de la. bataille. Sous notre systèine politique, le réldat est l'électeur. Que tous soient. inseri's à l'ordre du jour—et cetordre du jour est la liste électorale.

Nous sommes encore à la période des barangues, Mais quand il nous faudra passer des paroles à l’action, quand il faudra nous resurer de nouveau avet l'ennemi, quand noue vieux chef dira comme autrefois Napoléon à :°s soldats : Déployez les drapeaurr, le moment est arrivé, que ce moment noustrouve tous prêts, armés de pied en cap corume autrefois la redontable Minerve. Et si je n'ai pas l'honneur d’être votre chef, si je mwei pas l'honneur de vous conduire au feu, je ne serai pas le dernier à vous admirer, à vous acclarmer, tout comme nux grands jours de 1878 et de 1882, alors que de toutes les poitrines conservatrices—et dans ces poitrines battait le cœur de la nation— s’échappait un immense cri de joie—répété par tous les échos du Dominion :—et ce cri

ue j'espère vous entendre pousser encore, était VICTOIRE ! é

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