OU ir CB cc
‘La demande des pétitionnnires que le gou- *
vernement les nidât 8 acheter des'inatruments arrfoîres, des grains, etc. je dois le dira, no me semble pas devoir être accordée. .Je ne com .prends pas comment les Métis peuvent récla.
mer qu'on les traite autrement que les colons blancs des territoires,
, Les Métis qui, sous certains rapports, ont Tavantage sur les colcns blancs, devraient comprendre Îa nécessité pour eux'de se fixer dans quelque localité et demplorer toute leur éner-
élevage du bétail: et
ris à l'agriculture et à
ans ge Cas on leur assignerait des terres conine :
aux Colons blancs, Mais au-delà de ce point, ils ne doivent point s'attendre que le gouvernement leur aidera Vos pétitionnaires en g'at.
tendant que ls gouvernement leur fournira des.
netruments aratoires ot des grains sont dans Y'erreur,- On à avancé de l'argent & certains co* Jons à la condition expresse que cet argent se. rait remboursé au gouvernement par CEUX AUXquels il était prêté. Je puis ajouter quo je résuitat de cette démarche n'a pas engagé le gouvernement à recommencer, :
Si la révolte n'a pas éclatéplus tôt.cen'est pas la faute de ladministration Mackenzie, Elle a tout fait pour aigrir, exciter les Métis. Aussi, Louis Riel dont on invoque si souvent le témoignage, at-il pu dire dans son dernier manifeste... “ Le même état
‘* de choses dura jusqu’en 1876, quand le ‘
“ leutenant-pouverneur Laird conseilla au “gouvernement de rendre justice aux Mé- “€ tis. Maison ne l'écouta pas. Durant les ‘* années 1876, 1877 et 1878, la seule réponse ‘* bbtenue était : je gouvernement s'occupe ‘ de la chose. ”
Ce n'est qu’en 1879, que le droit des métis du Nord-Ouest fut reconnu, Les conservateurs avaient alors repris le pouvoir.
Pourquoi cette concession n'a-t-elle pas été octroyée de suite? allez-vous me dire.
La raison principale du retard est que les amis des Métis ne s'entendaïient pas sur ce qu'il y avait de mieux à faire. Les uns voulaient que les titres des Métis fussent
inaliénables pendant trois générations —c'était l'avis de Mgr. Taché — d'autres pendant dix ans, telle fut l'opinion exprimée par le Conseil du Nord-Ouest. Quant
© + de reconnaître le droit des Mätis dans la -* propriété du sol et d'éteindre le droit au moyen d'une concession: de terres de
. 7 1,400,006 ncres, ce qui donnait À chnqne mé. LC À 1 -tis et'enfaut de métis environ 240 arpents, | aux Métis eux-mêmes, ifs demandaient -Cette-loi fut combattue,.parleparti libéral, | tout simplement d'être craités comme ceux parce parti qui pose aujourd'hui, avec si | de Manitoba. De guerre lasse, le gouverne- . peu de titres, poux le champich de la cause | ment se décida et, malgré lui, & ac- - métisse. Cette loine s’applicuait qu'aux | céder à cette demande. Î’expérience à Métis du Manitoba Aussi, fans côe der-| prouvé que cette politique n'était pas mières années les Métis des tetritoires com- .- mencèrent à s’agiter pour ébré traités de la .‘ + même. facon. Le bison était, à peu près £ 4 +: disparu voilà l'animal qui est la cause pre- . . miére de la révolte {il leur flllaitsonger à abandonner le fusil pour la chafrue. Trans- | ‘formation, je dois le dire, dificile à opérer, ° Le gonvernement Mackenzis était alors au pouvoir. Les Métis demandéreht des ins- . frurents aratoires. Cette emhnde fut refusee, Les Métis demandérent des grains de semence. Cette demande fut refusée.
Les Métis demandérent des; concessions de --- terres-tout comme en avaient obtenues .… leurs’ fréres du Manitoba. Dette demande ‘ fut--encore: refusée, . Au ‘reste, voici le | Î
avantageuse aux Métis. En 1885, comme après 1870, la plupart des Métis ont vendu leurs titres à vil prix, for & sont, comme disent les Angiais. Alors comme aujourd’hui, ce sont les spéculateurs qui ont profité de cette concession de terres.
Aussi ce sont ceux-là qui s'agitent toujours ‘ avec le plus d'ardeur, avec le plus de véhémence pour la cnuse métisse ,
"Un autre ‘grief des Métis était que fe ea gouvernement avait-établi le système vce- ANS tangulaire pour la division dela propriété, ep. tandis qu'eux avaient adopté le bornage en vigueur dans la Riviére-Rouge et dans la | h rovince de ‘Québec. Ce hornage vent que : Lo a terre soit aussi étroiteet aussi longue 4 que possible. Le Métis, tout comme le «a. : . ‘nadien-français, aime à voisiner et pour LT
« - - texte même de la réponse de l'honorable M'Miils, ministre d "requête des Métis : ‘
‘l'Intérieur, à la
cela il faut que le voisin, même la voisine, ne soit pas très éloigné (On rit}. Le système rectangulaire a été inauguré par Îles conservateurs et ratifié par les libéraux.
C'est le système adopté dans tous Îles Etats de l'Ouest, Les représentations des Métis n'ont pas été sans efet, car toutes les paroisses qu'ils ont. fondées dans Ja Saskatchewan out la délimitution qu'ils ont réclamée, Il ya eu des retards. On ne peut guère'se plaindre .d'autre chose.
Où s'est plaint des lenteurs dans l'émission des patentes aux terres des Métis. ‘Pas de titres possibles sans arpénta-
ges. Or, on ne pouvait improviser l'arpentage de ces vastes espaces. Il fuljait et beaucoup de temps et beaucoup d'argent.
Malgré tout Fintérêt que nous portons à -nos domaines de l'Ouest, il est impossible ‘ que tous nos millions soient dirigés de ce côté, Nous voulous bien traiter leurs habi- .tants avec larzesse, avec munificence, mais les ancientues provinces sont aussi un peu obligées de s'occuper d'elles - mêmes.
À ceux qui veulent critiquer quand même, je leur dirai que le parti conservateur avait fait arpenter neuf millions d'ucres de terres dans le Nord-Ouest quand il anitta le pouvoir èn 1873. Tandis que Le parti libé-
ral fit arpenter moins de deux millions d'a- |
cres, dans les cinq années qui suivirent. Et de 1879-1684 il à été arpenté 55,618,500 acres de terre ; .dans la seule annéee 1883, il a ‘été arpenté 27,500,000 d'acres, employänit 120 arpenteurs, dont 35 Canadiens-français, moyennant une somme de $725,006 pour cette année sculeimcut. st-ce la preuve que le ministère 8e cruisuit re bras? Il nous faut parfois des années pour C!'-"1" des arpentages dans la province de Québec.
J’en sais quelque chose, car la’ com agnic qui se charge de coloniser le township de La Minerve a dû attendre trois aus avant que les arpentages fussent terminés. Et cependant personne ne songe à prendre les arines pour cela.
On se plaint aussi que plusieurs des ofliciers du gouverneinent aient molesté les Métis et les sauvages: ondit même qu'il en est qui sont prévaricateurs. Il est probable, certain même, que plus d’un oflicier n'a pas repondu à la confiance des autorités, et que c'est l’une des causées du mécontentement, Aussi le ministà doit-il agir à leur égerd avec la plus grands sévérité, Les employés maïlhonnètes ou incapables doivent être congédiés sans merci, À la distance où ils se trouvaient, loin de leurs chefs, loin de tont contrôle, exposés à beaucoup de tentations, on confoit qu'il se soit glissé des abus dans l’ad. ministration. Mais aujourd'hui que l'éveil est donné, il faut redoubler de vigilance et faire la chasse aux abus. Le salut publie l'ixige.
Les griefs réglés avant la révolte
Quoiqu'il en soit de ces griefs, le gouver-
nement avait résolu d'y remédier plusieurs !
mois avant la révolte.” Il esb faux, il ést injuste de prétendre que les ministres n'ont agi que lorsque les fusils sont partis, Le combatdu Lacdes Canards—la première rencontre et la seule entre les Métis et la police à-cheval—a eu lieu’ le ‘26- mars 1835. , Or, dès le commencement de février —c'est-à-dire environ septsemainesavantce combat—sir John Macdonald télégraphiaié à M. Charles Nolin, lun des chefs ‘métis, que le gouvernement allait sans tarder faire droit aux demandes des Métis: ‘C'est ce qu'a juré Charles Nolin lors du procès" de Riel. D'un autre côté, le Père Audré a juré, dans le même - procès, que le 4 mars 1885, une autre dépêche a été reçne annonçant que le gouvernement'allait mettre les Métis du Nord-Ouest sur le même pied que
. régler?
ceux de Manitoba. Bien pius, le BP. André a juré que toutes les réclamations. des ruétis étaient réglées avant la révolte, sauf la taxe de la coupe-sur le bois. ee © On a beaucoup parlé des lettres du P.
André, dont les premières sont. 8iaccablantes,:si écrasantes pour Riel; où -en'u publié d'autres, écrites évidemment sous le : coup des symparhies que la fin tragique du ; chef méth lui avait inspirées. On sait, en -etlet, quele P. André fni son confesseur, iqu'il pasia À ses côtés ses derniers jimorments, qu'il laida ‘à franchir le ‘seuil terrible du temps à léternité, et , qu'il eut la cousolation de le ramener à la religion de ses péres, religion qu'il avait apostasiée et qu’il avait fait apostasier par les Métis. Eh bien, laissons de ‘coté les lettresdu P. André, puisqu'elles sont contradietiires sur quelques points; eb citons un cocument inattaquable, dégagé de toute pahsion, son témoignage sous sarment lors Âu procès de Regina, Ce que je vais reproduire rouvre toute Ia question des grieis ds Métis - . ct,
Q-Quellesétaient lea réclamations des Métist
K—Depuisquand ? Il faut que vous précisiez.
Q—De 1881 ku temps de l'insurrection ?
ET pepuis ‘arrivée du prisonnier dans le payst
Oui. ‘
KR scraitdifficile de répondre à cette ques.
tion. Elics + aont modifiées de temps à autre, depuis l'arrivie du prisonnier. Lot
— Avant sen arrivée 7 . .
Rs demsndaient des titres pour Jeurs terrés, qu'elles fussent bornées en front à la rivière ainsi que l’abilition des taxes sur le bols, ot ils réclanaient les droits de ceux qui n'avaient pas eu. de scrips à Manitoba, +
Q- Veuillez dire si, depuis l'arrivée du prison. nier dans le puys au temps de la rébellion: le gouvernement'a répondu dans un Sens favorable aux demanies et réclamations des; Metis®
R- Oui, je sai qu'il a fait droit à cortaines réclimations relitivement a ceux qui n'avaient pas eu de scripa à Manitobn, Lo 4 mars dernier, un. télégramme a été transmis 4bcordant les Scripps, - D -
Q—'A vant cette époque ? NS
Oui, Quart au changement dans le mode d'arpentage des ats le lang de la rivière, le gouvernement a répondu qu'il accorderait cela, ot c'étuit là une ausstion importante. - A. ""."
Q-- Quelle était donc la question qui resfait à,
—La question des lettres-paténtes,: Cola «
aussi été réglé d'une manière, parce ane l'on a cuvoyé M. Duck, que j'ai accompagné ‘comme interprète, | st "-
* conseîldu Nord-Ouest, en fut un autre.
seulement - :
On:le voit, la révolte n'avait aucuneinent
sa raison d’être. . Les principaux griefs des Métir étaient redressés.- Ils avaient l’assurance solennelle qu’ils auraient des conces-
‘ sions de terres fout comme ceux du Manitoba.. fl: ne: restait plus à régler que la
. taxe surla coupe-du bois. Ce n'est pas un prief suffisant pour justifier, une prise d'armes, “7 ct, -
"Pourquoi Riel s'est révolté |
.… Comment done expliquer cette levée de ‘boucliers ? La raison nous en a été donnée au cours.du procès de Régina. En mêmé temps que les Métis réclamaient du
- vernement certains droits, Riel, ‘lui, négociait plus on moîins secrètement pour'obte-
sait-il; les pertes résuitant de sa première . révolte. -LeP.-André a élé Pun de ses .in- .-termédiaires. M. McDowall, membre du
Riel réélama d'abord $100,000.—On Jui fit “comprendre que c'était exorbitant.—Il' se Tabattit sur 835. On Jui: dit : cacore qu'il serait difficile sinon imnossible d'obtenir cette somme.—-Eh bien, dit-il, au P. ‘André, tâchez d’avoir lo plus possi-
ble comptant, et nous 2viserons pour Je.
teste. Dès le début.lc P. André ayant fait observerk Riel que;quandbien mêmeil rece-
: vrait'une forte somme d'argent, cela ne ré-
glerait pas la question métissé,il répondit : .# Si je suis batisfait, les Métis le seront.”
. “Atusi toutela question métisse se réduisait
Le
‘7 témoignage du Père André:
- voulait avoir 8100,000 du
‘tante et Je pri k eu. je prendrai toui de suite 535,000 comp-
“à sa seule personne, suivant Riel. “Quand ‘Augusta avait bu, touté la Pologne était “ivre.”" Pour ‘établir ce fait d'une façon irréfutable, laissez-moi encore vous citer le
Question—Je crols qu'au mois dé décembre
‘ 188 vous avez eu une. entrevue avec Riel et
Nolin au sujet d'une’certaine somme que le prisonnier réclameit du gouvernement ?
Réponse—Non pas ave Nolin. Nolin n'était . pas présent à l'entrevue. .
Question Le prisonnier y étaitt -ponse—Qui. ‘
-sonnier (Riel) voulait ir d t Er nn i 1 roulait avoir du gouvernemen
"|. Réponse-—-J'ai eu deux entrevues avec le prisonnier à co eujet. * - Question—Lo prisonnier ré:lamait uno cer-
. ‘‘taine indemnité du gouvernement fédéral ?
Réponse-—Lorsque lo prisonnier flt.8a réola- “mation, j'étais 1à avec: une-autre personne et il uvernement. Nous fûmes d'avis que cette demande était éxorbinunier répondit: Atiendez un a: PR . sm, 6 S Question—Kf' 4 cette condition le prisonnier
* Adevail quitter Le pays, -81le gouvernement lui
donnait 835,000? : . a ” Réponse Oui, c'est lu ‘ condition que Riel,
äésHon—Quand ceci se passait-ili ‘ D épouse--Le 2, décembre 1884, . :.
Q—Quélles autrés questions restalt.il à régler V- R— question ayant trait à la coupe du is,
Question— Voulez-vous déclarer ce que Îe pri-,
.| Riel vous a déclaré qu'i
< - nir une forte indemnité pour couvrir, di-
‘ Question--Il y eut ane autre entrevue entre vous et le prisonmer, n'est-ce. pas ?
Réponse N ous eûmes une Vingtaine d'entre-
E ge - .
Question—N'était-il pas toujours à vous de- . marder de vous servir de votre influence nuprès du gouvernement pour lui obtenir cette indemnité ? = oo 1
Réponse--Il m'a parlé de cette affaire pour la. premiére fois ie 12 déLembra.' II n'en avait jamais. été question entre nous avant cela, et le 23 décembre, À}: m'en reparla de nonveat. -
Question en a parlé souÿent ?
… Réponse-—En ces deux occasions seulement.
", Question—N'était-ce pas su grunde préoccupation :
Réponse—Qui, dans ces deux entrevues,
Question—N'est-il pas vrai que le prisonnier était lui-même In nues tion Méliase? . :
Réponse-Ce n'est pas co qu'il a dit en termes propres, mais c'était bien 18 pensée qui ressortait de ses paroles. T1 me disait : * Si je suis satisfait, les Métis le seront.” ‘Je dois expliquer ceci, On lui objecta que si le gouvernement lui ’accordait les 635,000 In question Métisse resterait la même et il répondit: Sije suis satisfait des Métis le seront, . L . tr
estion—N'est.il pas vrai qu'il vous a dit il aceepterait mémc une somme moindre de
Répoñse-Il rue dit: Faites valoir toute l'infuence vous pouvez avoir ; ilse peut que vous n'cbtentiez pas tout celu, maïs obtenez tout ce qu'il possible d'avoir : si vous oblenez AO, NOUS TETTONS. N
* Si le gouvernement eñt voulu fournir cette somme, Louis Riel promettait de se réfugier partout où il le voudrait.
Un jour il déclara à Charles Nolin qu’avec ses 510,000 il irait fonder un journal aux États-Unis, et que là il y soulèverait toutes les autres ‘nationalités pour ‘ s'emparer du Nord-Ouest. Nouveau Coriolan, il aurait voulu une fois encore tourner ses armes contre sa patrie, .
Est ce bien là un patriote, un champion, un défenseur de ‘sa race? Qu'est-ce qu'un patriote? C’est un homme qui subordonne les intérêts particuliets à l'intérêt général. Sans doute qu'ilest légitime de concilier les intérêts personnels avec l’intérêt général, mais encore faut-il qu'ils ne soient pas incompatibles. Qu'est-ce encore qu'un patriote? C'est un homme-qui se dévoue à son pays, à ses concitoyens, leur donnant Jé bénéfice de ses lumières, de sa sagesse. C’est un homme qui risque tout our eux, tout, sa vie même, tout, fors honneur. ” St :
: On compare Louis Riel aux -patriotes de 1837. N'allons pas insulter à leurs mânes, Est-il un seul de ces patriotes qui ait jamais offert de 8e vendre aux autorités? Est-il un’ seul parmi les Duquet, les de Lorimier, les Cardinal, dont les têtes ont roulé sur l’échafaud, qui aitjamais dit au gouvernement : “Donnez-moi $100,000 où 535,000, “Let si je suis satisfait, tous les Canadiens “le seront.” S'il en était un seul, son nom serait à jamais honni, à jamaisexécré.
‘Riel soulève les Sauvages 7
Or, du jour où-Riel acquit la certitude qu'il ne recevrait ni $100,000, ni $35,000, ni
ri S10,000 du gouvernement, 5l résolut dé 8e venger, Il résolut de plonger le pays dans
.-toutes les horreurs de la guerre rivile,. Dès
décembre 1884, il avait confié à Charles Nolin son projet de recourir à ja violence sous le prétexte que les Angiais volaient le pays depuis assez longtemps. Qui. sous le plus spécieux prétexte, Rielfait prendre lesarmes à ses gens, prodiguant les promesses aux uns, les menaces aux autres ; il s'empare des magasins, somme les commandants de la gendarmerie à cheval de livrer leurs forts, envoie des émissaires chez les Métis et les sauvages de Qu'Appelle, du Fort Bataille et autres postes, pour les gagner à Sa cause. et annoute une guerre d'extermination contre les blanes.
Que les soldats de Crozier aient fait feu les premiers à la rencontre du Lac-des-Canards, c'est possible. Mais c'est Riel qui avait déclaré la guerre en sommant Crozier d'avoir à lui rendre les forts de Carlton et de Battleford. C'est le 26 mars que s'est eugagé le combat du lac des Canards. Or, cinq jours auparavant, Riel envoyait à Crozier la sommation suivante, qui à eté produite lors du procès de Kégina: ?
Saint-Antoine, 21 mars 1855
Au major Crozier, commandant la Force üe Police-à Carlton et Battleford,
Mayor,
Les conseillers du gouvérnement provisoire de 1 Saskatchewan out l'honneur de vous communiquer les conditions suivantes de reddition: Vous devez abandonner completement la situation dans laquelie vous a placé le gouvernement à Carlton ol Battlcford, ainsi que tout ce qu'y posside le gouvernement. Sivous accoptoz, vous ct vos hommes seres libérés sur votre parole d'honnour de garder la paix, ét à ceux
ui désireraient de quitter le pays, 1 leur sern
ourni des voitures ct des pruvisions pour se rendre à Qu'Appelle. Si vous n'aceeptez pas nous avons l'intention de vous attaquer demain, aprés le jour du Scigneur, et de commencer una guerre d'exterminulion contre tous ceux qui se ecront montres hostiles à nos droits MM.
Charles Nolin et Maxime Lépine sont les hom.
mes avec lesquels vous aurez u traiter ..........
Louis RIEL,
Non content de cette sommation qui équivalait à une déclaration de guerre, Riel invitoit ses ‘ parents ”.d’attaquer et de détruire la police à cheval partout où ils la rencontreraient. Voici lun de ces appels, lancé trois jours avant le combat du Lacdes-Canards :
} Saint-Antoine, 23 mars 1885,
A nas parents-—Merci des bonnes nouvelles
ue vousaves pris lt peine de nous envoyer,
uisque vous voulez nous nider que Dicu vous bénisse. ‘
La justice ordonne de prendre les.armes, et si Tous voyez passor la pohce, uttaquez.là, détruisez-l4, (Ecrit en anglais cn travers de la première partie) après,-prévenez les Sauvages des bois do ne pas 8e laisser surprendre,
Terribles résultats de lä-guérr
Qui peut excuser Riel après uñe”pareille déclaration de guerre? Ce n’est pas senlementle tlamheau de la guerre civile qu'il al. lume.'Ïl appelle à son'secours le témahawvk et la hache de guerre de l’Indien., Tläéchatne contre nous le plus dangerenx, le: plus.
terrible des fléaux, des hordes dé barbares, qui ne connaissent aucun frein, aüeune loi, avides de pillages,- avides .de ëang, avides. d'assassinats. Riel pourrait-il se..laver de toutes ses fautes qu'il ne pourrait effacer celle.là. Co n'est pas seulement une faute, c'est unattentatsansnom,unérimeinqualifable, un crime de lèse-humanité:- Dans sa première révulte, Riel s'était vanté d'avoir refusé le concours des Sauvages: “Malgré ‘* nos difficultés, disait-il, nous n'avons ja- “ mais appelé à notre aide l'élement dange- “reuxdes sauvages. Aucontraire,tandisque “ nous n'épargnions riexpourlestranquilli- “ser, on nousa envoyé dans notre pays des ‘ émissaires chargés de nous-rendre Îes In- ‘“diens hostiles : mais nous espérons que “ Ja Providence nous aidera & pacifier com- “ plètement le Nord-Quest.”: Ces paroles lui faisaient honrieur, et je suis prêt à lui donner tout le srédit qu’elles luf méritent. | Que ne tenait-il encore la même attitude ?
Loin de refuser le concours des sauvagés, il le réclame cette fois à grands cris. Ses agents: sont partout, invitant les tribus à se soulever, à capturer, à piller les forts, Et les sauvages n’ont pas besoin qu'on leur demande de massacrer à la fa.
veur d'une surprise, à la faveur des ténèbres :ils ne conçoivent pas la guerre autrement. Ce n’est pas la lutte d’un petit peuple contre l'oppression qui s'engage: Ce :
n'est pas la iutte d’un peuple qui défend.
ses autels et ses foyers. C’est le combat de a sauvagerig contre la civilisation,
* SilestroupesdeMidületonétaient arrivées.
cinq jours plus tard, m'a dif un évêque du Nord-Ouest, tout le pays élait mis à feu et à sang. Elles n’ont pu- empêcher cependant lé meurtre de beaucoup de blancs, de plusieurs agents du gouvernement, le
illage, l'incendiat de beaucoup de maisons,.
a. captivité, les traitements cruels: hon-
{teux de plusieurs fermes. Elles font pu
empêcher, hélas! lassassinat de deux saints missionnaires, de deux membres de la congrégation des Oblats, l’un Français et l'antre Canadien:français, le Père Marchand et le Pére Fafard, qui ont'été assasginés au moment même ‘où ils donnaient l’absolution ‘à d’autres victi-
-mes -de ces barbares, Le' xmartyrologe
canadien, déjà illustré par: les Brebœuf, Jes: Lallemand et les Garnier, s’est enrichi de deux noms.vénérés, la. terre rougie de leur sang, du sang de deux confes-
seurs de la foi, est une terre à jemais bénie, à jamais sanctifiée, mais la révolte du Nord-Ouest a été souilléé,. flétrie par qui seront éternellement ré-
deux crimes prouvés.
ré,
.* la politique même ‘du ‘gouvernement est
Et a
a ‘immorfelle:
|“Maltrailone-noïs les Fanvagés ?.
One sonlevéiles sabhvage:
quuàd nous ne: leur vouions que äu bien. l'est possible que certains agents se soient. montrés durs, injusten ä-lent égard, Mais
excessivement paternelle. Nous traitons’ les sauvages avec beaucoup plus d'humunité et de générosité que nos voisins. Nous ne les exferminons pas. C’est notre première guerre indienne, tandis qw’elle existe en permanence aux Etats-Unis. . Nous travaillons à résoudre le grand; le difficile problème de la civilisation des sauvages.
C'est nous qui les nourrissons, qui les vêtissons, qui leur donnons des armes pour la chasse, des filets pour -la pêche ; c'est nous ‘qui fournissons les instruments aratoires ét des grains de semence À ceux, trop peu nombreux, qui veulent cuitiver un 50] généreux, - Chaque année nous augmentons lèurs snbvéntions. Plus d’un milion de piastres y passe. Que l'on juge de notre libéralité par quelques chiffres: En.
1872, nous dépensions 835,884, en 1875, $134,- 339, erf1878, $977,144. tandis que cette somme s'élevait -en 1882à $1,027,216, te.qui représente à peu près le chiffre actuel. ‘Pour les .aider à sortir dela sauvagerie, à la demande ‘ des évêques, des prôtres du Nord-Ouest, leurs meilleurs amis, nous les avons dotés d'écoles agricoles et industrif elles. . Dans la dernière année du--gouvermement: Jibéral, on ne comptait que trois . évoles parmi les tribus du Nord-Ouest, tandis que ce nombre est'aujourd'hui porté à 53, lesquelles coûtent $12,241 par an ou 2240 par école. , Pour les former à l'agriculture, nous avons dès 1882 établi 27 fermes agraîres,-qui entraînent une dépense de plus de $70,000 par an. Non contents de ces largesses, nous leur avons méme conféré l’affranchissement politique, dans
une certaine meënre, à ln dernière 8es- |
sion. -On a donc eu tort, mille fois tort " d'exploiter leur ‘ignorance;” leurs préiugés, de leur ‘faire voir des ennemis en , Un fouvérnement qui non-seulement veut
. les sauver de la destruction, mais qui vou-
- Arait les rendre à la civilisation,
x + Lapostasie de Riel . On no peut pas dire que les bons con- ‘sells,, que les sages avertissements ont - manqué à Rie], "Des voix. amies, des voix autorisées. ont voulu l'arrêter surle bord . de labîme : 41.1es a -orgueilleusement repoussées, " Car, pour se révolter contre FEtat,il lui fallut se révolter contre l'Eglise. L'Eglise est non-seulement la plus grande:
école’ du respect,” c’est aussi le meilleur
. - soutien -de'toute ‘autorité. : L'Eglise con--
‘ damne sévérement Ja révolte et ne l'exeuse me dans les-cas extrêmes. Il y a trois. mois peine, Sa Bainteté Léon’ XII TE énonçait la octrine catholique surce. point-dans son
‘Encygelique Jmmortale Dei:
**1Fÿ'est pas plus permis de: mépriser le
Voir. Mais j
“sonne en qui il réside, que: de résister à
ci". | la volonté de Dieu : Or céux ‘qui luirécontre, nous: Sistent courent d'eux-mêmenà leur perte,
“Quirésiste au pouvôir, résiste à l'ordre “établi par Dieu, et ceux qui lui résistent “Cg'aftirenf à eux-mémes- la. damnation
{4 {saint Paul). Ainsi donc secouer l'obéis-
“sance et révolutiunner Je société par le:
moyen de la sédition, c'est un crime de
“lèservajesté non seulement hurmeine.
% mais divine.” Ces parolés doivent suffrs pour nous faire condaîiner la révolte du Nord-Ouest:. i :
Dés le début-—en septembre 1851— Mgr Grandin vit avec defiancele mouvement dont Riel était” l'instigateur et qui déjà prenait une allure louche, secrete. Dés le début, le P. André, le P: Fourmond, le P.
Moulin et les autres missionnaires du distriet de Saint-Laurent voulurent je mettre en garde, lui et leurs ouailles, contre le danger d'une insurrection. Mais Riel pas- ‘sa outre. Non seulementil leur désobéit, mais il crén une religion nouvelle, apostasie et fit apostasier ses adhérents, se“li-
vrant à toute espèce de vilénies contre l'E:
glise et ses ministres. L'Eglise catholique est pourrie À la vieille Romain est Cas-
sée ! telles étaient les dénonciations faÿo- :
rites de Louis Riel. Pendant lougtemps
leé prêtres craignirent d’être mis à mort,
Hneïeur était plus même permis d'exercer Je saint ministère. Les religieuses.
ne furent pas mieux traitées, On ne peut
‘lire sans frémir les lettres dans lesquelles. lis racontent tous les outrages dont ils .
farent l'objet, Aussi les soldats de Middieton: furent-ils accueillis comme des sauveurs. Parmi les papiers de Riel trouvés à Batoche, on a recueilli la déclaration. suivante au sujet de son apostasie—déclaration qui est insérée au compte-rendu officiel de son procès : ‘ :
Les Métis français, membres du gouverne ment provisoire de la’ Saskatchewan, se sont séparés de l'Eglise de Rome, et la grande masse da peuple en a fait autant. .
Si nos prêtres consentaient & nous oider.
Jusqu'à cé jour nos prêtres ont refusé d’abandonner Rome. .
Ds désiront nous gouverner dnns un sens Opposé à nos intérêts. et ils désirent continuer à nous gouverner selon les ordres de, Léon XII.
Chers frères en Jésus-Christ, pour l'amour de Dien venez à notre aide, afln que nos eiforts contre Rome soient couronnés > retour, nous ferons tout on notre pouvoir pour assurer nos éroits politiques ,
Riel et la cause métisse”
Dans un mémoire püblié récemment.
l'archevêque de Saint-Boniface dit que
ses sympathies seront toujours acquises à ”
ceux quisont dévoüés à fa cause métisse.
Je m'explique, j'admire'ce sentiment de la part d'un prélat quia consacré toute 82 vie, vie ‘de. sacrifices, vie d'abnégation, à lepostolat le pins chrétien, le plus hérotque, le plus su
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e succès, et en :
lime, que lon puisse conce- .
e fais une grande distinction .
“pouvoir légitime, quelle que soit la per
-entre Rielet la cause métisse. Si je con- “amne Ja révolte des Métis, comme un -crime contre les lois de l'Eglise et de l'Etat, j'ai toujours sympathisé avec eux ‘dans leurs luttes pour le droit. Tout en désirant le triomphe de nos vôlontaires, j'ai admiré leur vaillance sur les champs de bataille. Oui, tous se sont battus comme des braves, et le plus brave d'entre eux, Gabriel Dumont, vivra daus l'histoire.
Aussi, je ne puis m'emp'’cher de féliciter le gonvernement d'avoir cédé à la voix de!
la clémence en grariant plusieurs des pri-| sonniers, et d'exprimer l'espoir, avec vous tous, qu'avant longtemps ceux qui sont | encore squs les verroux pourront respirer de nouveau le grand air de la prairie, la graud air de la liberté, Le plus tôt on aura effacé toutes les traces de cette guer-
5 — MU Le
re fratricide, le plus tôt on aura cicatricé toutes les plaies, éteint toutes les haïines,
. tous les ressuntiments, le mieux ce sera -dans l'intérêt Qu pays tout entier.
Riel à trompé les Métis
Sans doute que Riel fut choisi'par les Métis comine leur chef, Mais le chef a trompé les soldats. Ceux-ci voulaient une agifation pacifique, légale, consti.
tutionuelle, {Is ne songeaient aucunement à prendre les armes. ls furent les dupes. Tenons leur compte de leurs intentions. Quand les délégués des Mé-
tisallérent chercher Rielau Montana pour Jui demander de prendre le commandemeut, ils yréparèrent un rapport qui se terminait par la déclaration suivante :
‘{ Les discours de M. Riel nous inspirent la “plus grande confiance, car ses instruc- “tions sont de nous aider mais en nous ai- ‘- dant il ne veut en aucune manière faire “d'embarras inutiles au gouvernement.” Ce rapport était signé par Gabriel Dumont, James Isbister, Moise Ouellette, Michel Damas. Il fut soumis le 8 juillet 1884 au comité ‘‘ chargé des sept résolutions adop- ‘+ tées par la population de la Saskatche- “wan.” À cette même réunion, Riel fit un -discours dans lequel il &éclara que *‘ pour “obtenir quelque chose d'un gouverne- ‘ ment on ne doit pas s'adresser à lui en “lui faisant des æros yeux. mais en lui “ parlant avec respect et confiance, comme ‘un bon enfant qui s'adresse à un bon “père.” Le 19 juillet, à une assemblée tenue. à Prince-Albert, Riel disait encore qu'il “a été appelé dans ce pays par ses anciens compatriotes, mais qu'étant bien N accueilli par tout le monde, il veut tra- N vailler avec tous, dans union et la paix, « pour obtenir du gouvernement ce que x chacun croit être juste, Que pour réussir il fautabsolumentseservir de moycus
“ constitutionnels et pacifiques.” Le'14 juillet, un correspondant de Saint-Laurent “écrivait au Manitoba: “M. Riel est, pan raft-il,un épouvantail pour quelques-uns, n mais ils pcuventse tranquilliser ; il est ;. venu, COMME il l'a dit lui-même partout, non pour troubler le paÿs, mais pour. re.
“# mettre les esprits dans une entière placi-
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“dité, Ce qu'il veat c'est d'aider. les ci.
“toyens par des moyens légaux." .Le 5 septembre,ä une fèsemblée publique tenue à Saint-Laurent, en présence de Mgr Gran. din, M. Charles Nolin s’écriait :’. * Pas de # rébellion; ce mode n'a jamais été sé- ‘ rieusement dans la pensée -de personne ‘“ parce que ce serait un crime;nous nous “en tiendrons aux moyens légitimes.” Non content de ces déclarations publiques, Riel écrivait uue lettre à Sa Grabdear Mgr Taché, dans laquelle il lui disait de ne pas s'alarmer, que ses démarches écalent toutes pacifiques. Voici ses propres paroles, à la date du 25 jritlet 188£: “ Mon- ‘“ seigneur, mes démsrches ne sont pas “ des démarches de troubles. Je me pro- “ pose d'agir dans le Nord-Ouest de la ma- “ nière la plus propre à me gagner l'ap- “probation es gens honnêtes et: paisi- “ Êles des deux lignes.” ” Fo
Le succès d’une agitation légale
. - ea Et cette agitation légale a été courounce ‘de succès. puisque le gouvernement annonça formellement qo'il allait nommer une commission pour régler toutes les réclamations des Métis: promesse qui a été remplie à la lettre. Quel malheur que Riel ne s'en soit pas tenu à cette agitation constitutionnelle ! Qué'de saug, ue de Jarmes, que de millions, que ‘horreurs, que de ruines ‘eussent été épargnés ! L’injustice ne peut être longtemps tolérée parmi nous. Un peuple qui comme le nôtre respire la liberté en naiïssant ne saurait souffrir la tyrannie. Le despntisme, l'arbitraire sont incompatiblés avec nos institutions. \ 7e Sile gouvernement eût fait la sourde oreille, et que Riel eut adressé au Parlement du Canada une requéte exposant tous les griefs de ‘“ son peuple, ” croyez-vous que ‘cet appel n'aurait pas eu d'’écho dans l'enceinte pirlementaire ? Riel,” lui, ne pouvait plaider ignorance. T1 connaissait tous les rouages de notre système, toutes les ressources qu'il offre aux minorités opprimées.
Cependant, jamais il n’a demandé l'espui des députés de la nation. Ii pouvait bien compter sur%és sympathies du par.
ti conservateur français, auxqüelles il a eu recours tant de fois. Il pouvait compter surtout. sur les sympathies des vingttrois députés :conservatours—et' plusieurs d’entre ‘eux jsont encore .dans la politique—qui, à la seësion de 1875, votérent seuls pour Jammistie entière des ipfur-.
ges de la Rivière-Rouge. Il pouvait comp-" ter siuon sur les sympathies des libéraux, du moins sur leur concours, ne fût-ce que pour avoir l'occasion de, critiquer Je gouvernement. El pouvait même, pour cette raison, compter sur laide de ‘honorable M. Blake, qui mit sa tête à prix voilà quinze ans passes, et de J’honoræble M. Mackenzie qui traita les chefs de la
Persisté dans son agitation constitution