IN THE SUPREME COURT ON ONTARIO. HIGH COURT DIVISION
Wednesday the Twelfth day of January, A. D. 1916.
1. "This Court doth déclare that the défendants Mederic Poirier and John Menard and each of them hâve been guilty of a Contempt of Court and of a breach of the order and injunction of this Honourable Court dated the 8th day of May 1914 by continuing to employ while trustées of the Roman Catholic Separate School for School Section Number 14 for the township of Lancaster Florence Quesnel as teacher of such school she being a person not properly qualified under the Régulations of the Department of Education for the Province of Ontario, and for using or allowing the use of the French language as the language of instruction of communication (in the teaching of catechism) in the said school while the same was not permissible under the said Régulations.
Et la cour en conséquence condamna les deux commissaires d'école à $500.00 chacun.
Leur grande faute avait été d'avoir engagé une institutrice qui se permettait de consacrer une heure par jour à l'enseignement du catéchisme français dans une école de canadiens-français.
Les évêques du Canada tout entier, lors du premier concile plénier de Québec ont publié un décret rendant obligatoires dans la langue populaire de chaque localité la prédication dominicale et l'enseignement du catéchisme {Vide Acta et décréta Concilii plenarii Quehecensis Primi. N° 325).
Un décret conciliaire exige donc que dans les centres français l'enseignement du catéchisme se fasse en français.
L'école confessionnelle a donc besoin du français pour l'enseignement du catéchisme aux enfants qui la fréquentent.
M. Casgrain est d'une opinion contraire et sans même se demander si cette prétention qui est la nôtre sera soutenue par le plus haut tribunal de l'empire, d'un geste de sa dextre et d'un trait de sa plume, il supprime l'un des arguments que nous donne cette confessionnalité dont il est l'aveugle disciple.
C'est Montaigne, je crois, qui a défini l'homme un être ondoyant et divers. Je voudrais pouvoir ne pas dire plus du ministre qui prétend défendre aujourd'hui, de cette singulière manière, la confessionnalité des écoles ont ariennes.
Conscience tranquille, mais singulier esprit
J'ai écrit à M. Casgrain pour avoir de lui un exemplaire du mémoire qu'il a adressé aux membres de l'Épiscopat Canadien, afin de leur expliquer les raisons de sa conduite.
Il m'a semblé que mon titre de Président de l'Association Canadiennefrançaise de l'Éducation de l'Ontario, et la part assez active que j'avais prise dans la demande de désaveu pouvaient appeler sur moi l'attention du Ministre des Postes et suggérer à ce dernier l'idée bien naturelle de me faire connaître à moi aussi les graves raisons qu'il avait pu avoir d'abandonner la cause de ses compatriotes pour n'écouter que la voix de Toronto.
Ma demande n'a pas eu le succès espéré.
M. Casgrain m'a répondu que le mémoire en question étant la propriété des récipiendaires, si quelques uns d'entre eux voulaient m'en donner une copie ils étaient parfaitement libres de le faire. Quant à lui il ne se croyait pas libre de me l'adresser!!
Toutes mes notions sur l'étiquette des correspondances se sont trouvées du coup complètement bouleversées.
J'avais cru, jusqu'à ce jour que celui qui recevait un document marqué confidentiel était tenu de ne pas le livrer à qui que ce soit sans le consentement de son auteur, mais que celui-ci avait toujours la liberté d'en faire ce qu'il lui plairait.
Erreur; désormais c'est le récipiendaire d'un document confidentiel qui seul à la liberté d'en disposer comme bon lui semblera!
C'est la doctrine de M. Casgrain.
Elle est entièrement nouvelle pour moi.
Il y a quelques mois, j'avais demandé à M. Casgrain de me communiquer un mémoire que lui avait transmis son prédécesseur, M. L.-P. Pelletier, au sujet des négociations que M. Pelletier avait eues avec l'Association d'Éducation de l'Ontario d'un côté, et le gouvernement Hearst de l'autre, à titre d'intermédiaire entre les deux.
Le document me fut refusé par le récipiendaire, M. Casgrain, parcequ'il était marqué confidentiel.
Si M. Casgrain avait alors raison, comment peut-il énoncer aujourd'hui une doctrine contraire ?
Dans tous les cas elle sert ses intérêts immédiats, tout en laissant, dans l'esprit du public l'impression qu'il a tenté par cette simple manœuvre de surprendre impunément la bonne foi de l'Épiscopat.
Et pendant qu'il me refusait ainsi son mémoire adressé spécialement à l'Épiscopat, il en adressait des copies à ses amis de Montréal et de Québec.
J'ai trouvé le geste mesquin et je me suis imaginé que M. Casgrain n'avait pas une conscience aussi tranquille qu'il voulait le dire et qu'il ne tenait pas à une réponse qui vengerait la vérité et qui dissiperait dans l'esprit de l'Épiscopat canadien le doute injuste qu'on voulait y faire naître.
Le refus de M. Casgrain explique le retard de ma réponse et ma réponse — puis-je l'espérer ? — convaincra Vos Seigneuries de la sincérité de toutes mes démarches.
Je vous prie, Éminence et Messeigneurs, d'agréer l'expression de ma plus respectueuse considération et de me croire.
De vos Seigneuries,
l'enfant tout dévoué,
(Signé) Philippe Landry
rv