LA MATRICE — LE PLACENTA
rures qui rendent le museau de tanche déchiqueté. Pendant l'accouplement, l'ouverture de la verge ou membre viril la place presque directement devant le museau de tanche (fig. 18, Mus. tanch.; Ouv. urètr. m.) ce qui facilite l'entrée des spermatozoïdes dans la matrice.
Veine porte
Foie
Intestins
Cordon ombilical
Rectum
Orifice interne du col
Vessie
.Pubis
Orifice externe
du col
. Urètre
Poche des eaux
FIG. 23. — Coupe sagittale du cadavre congelé d'une femme en travail; la tête de l'enfant est engagée dans le col de la matrice. — L'orifice du col est déjà complètement dilaté, et la poche des eaux commence à faire saillie à la vulve. Elle est formée des anciennes membranes de l'œuf doublées par la caduque.
Le vitellus et la membrane de l'œuf grossissent avec l'embryon, et aspirent par endosmose les matières nutritives nécessaires à ce dernier et contenues dans le sang maternel. La matrice ellemême grossit en même temps que l'embryon. Ce dernier se forme sur une oortion du blastoderme, c'est-à-dire de la couche
cellulaire appliquée sur les membranes de l'œuf et provenant du partage successif des deux cellules primitives conjuguées et de leurs cellules filles. L'embryon a une forme de spatule, avec la tête à une extrémité et la queue à l'autre. De ses parois se détache une vésicule entourante (fig. 20), nommée amnion, tandis qu'une autre vésicule, la vésicule ombilicale, croît du côté ventral et sert, chez les oiseaux, à la circulation vitelline de l'œuf qui est détaché du corps de la mère.
Chez l'homme, cette dernière vésicule est sans importance. A sa place, la circulation du sang se forme à l'aide d'une autre vésicule appelée allantoïde (fig. 21), vésicule qui sort de la paroi intestinale de l'embryon et qui va s'appliquer sur les parois de la matrice, où elle forme un gâteau épais ou disque, nommé placenta.
Ce placenta est composé de vaisseaux sanguins dilatés, qui vont à la rencontre des vaisseaux sanguins maternels, dilatés aussi, de la paroi de la matrice. L'allantoïde devient plus tard le cordon ombilical.
Dans le placenta, les vaisseaux embryonnaires et maternels, sans s'aboucher, sont placés en contiguïté intime, ce qui permet aux seconds de fournir aux premiers par endosmose (filtration) les matières nutritives et l'oxygène nécessaires à l'être en formation. Notre figure 21 montre l'aspect d'un embryon humain au commencement de la 5" semaine de la grossesse.
Durée de la grossesse. — Naissance. — On sait que la grossesse dure de la conjugaison, qui est synonyme de la conception, jusqu'à la naissance, c'est-à-dire environ neuf mois ordinaires (dix mois dits lunaires, de 4 semaines). L'embryon est alors prêt à se séparer du corps maternel (fig. 22). Par l'acte de la naissance, il est expulsé violemment, arrachant avec lui le cordon ombilical et le placenta (fig. 23). Aussitôt après, la matrice vidée se contracte fortement, pour recouvrer peu à peu sa grosseur primitive. L'interruption brusque de ses communications avec la circulation maternelle enlève à l'embryon, devenu subitement enfant, en même temps la matière nutritive et l'oxygène.
Pour ne pas étouffer, il est obligé de respirer aussitôt l'air atmosphérique, car son sang devient noir par saturation d'acide carbonique, ce qui irrite fortement les centres nerveux respiratoires. Le premier acte d'indépendance du nouveau-né est donc un réflexe nerveux déterminé par l'étouffement ou asphyxie, acte