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LA CASTRATION — CARACTÈRES SEXUELS CORRÉLATIFS

qui se combine avec le premier cri. Peu de temps après, il s'agit aussi pour l'enfant de téter, afin de ne pas mourir de faim, tandis que le cordon ombilical, devenu inutile, se racornit et qu'on enterre le placenta (certaines femelles d'animaux le mangent). Le nouveau-né ne se distingue effectivement de l'embryon peu avant la naissance que par sa respiration et ses cris.

On peut donc dire que l'enfance, la première enfance surtout n'est qu'une continuation de la vie embryonnaire. Les transformations que subit l'enfant de sa naissance à l'âge adulte sont connues de tous; elles vont en se ralentissant de plus en plus, sauf à l'époque, relativement courte, de la puberté.

Formation des glandes sexuelles. — Nous rappelons ici qu'à une période embryonnaire très précoce, certains groupes de cellules de l'embryon sont réservés pour former plus tard les glandes sexuelles. Ces cellules ne sont, d'abord, ni mâles ni femelles, mais demeurent indifférenciées; plus tard elles se différencient, pour former chez certains individus, dits mâles, les testicules avec leurs spermatozoïdes, et chez d'autres, dits femelles, les ovaires avec leurs œufs. C'est par conséiquent de cette différenciation que dépend le sexe de l'individu, et selon qu'elle a lieu dans un sens ou dans l'autre, tout le reste du corps se développe avec les attributs ou caractères sexuels corrélatifs du sexe correspondant (tout d'abord les organes sexuels extérieiu's particuliers à chaque sexe, puis la barbe chez l'homme, les seins chez la femme, etc.).

La castration. — Caractères sexuels corrélatifs. — On appelle castration, l'extirpation des glandes sexuelles. Lorsqu'elle a lieu chez l'enfant impubère, elle provoque un changement considérable dans tout le développement subséquent du corps, surtout chez l'homme, mais aussi chez la femme L'homme devient plus grêle, conserve une voix haute et enfantine, et ses caractères sexuels corrélatifs ne se développent pas ou se développent incomplètement. Les eunuques sont des hommes châtrés, en général dans leur enfance. Pour jouir de plus de sûreté dans leurs harems, les Orientaux ne leur enlèvent pas seulement les testicules, mais encore la verge. Les bœufs et les chevaux sont des taureaux et des étalons châtrés en bas âge, et ils se distinguent au premier abord des mâles normaux. Les individus femelles qu'on a châtrés deviennent gras et prennent parfois certains caractères masculins. Les humains

mâles châtrés ont une voix haute, une poitrine étroite; ils demeurent imberbes ou presique imberbes et ont un caractère efféminé, souvent intrigant. Chez les deux sexes on observe une tendance à la nervosité et à la dégénérescence. On se tromperait cependant en qualifiant les particularités de l'eunuque mâle du terme de particularités féminines; il ne s'agit que d'une tendance relative. L'eunuque n'est pas plus une femme que le bœuf n'est une vache. Notons encore que les caractères des individus châtrés sont dus uniquement à l'ablation des glandes sexuelles elles-mêmes, c'est-à-dire du testicule chez l'homme et de l'ovaire chez la femme. La mutilation des autres organes sexuels externes ou internes, tels que la verge, la matrice, etc., ne produit aucun résultat de ce genre. Il semblerait même résulter d'expériences récentes qu'il suffit de réimplanter une glande sexuelle dans un point quelconque du corps pour arrêter la production des particularités spéciales à l'eunuque.

Tous ces faits, presque inexplicables jusqu'ici, deviennent compréhensibles à l'aide de lengraphie des énergies mnémiques (v. plus haut. Semon). Les glandes sexuelles, étant à l'origine indifférenciées, renfermaient les énergies des deux sexes. L'ecphorie de l'un d'eux provoque celle de ses caractères corrélatifs et exclut celle des caractères de l'autre. Si l'on arrête par la castration l'ecphorie des glandes sexuelles avant qu'elle soit terminée, cela paralyse la prédominance de celle des caractères corrélatifs correspondants et rétablit une sorte d'équilibre intermédiaire ou indifférencié entre les ecphoric-s des caractères sexuels héréditaires corrélatifs des deux sexes.

Si l'on enlève par contre les glandes sexuelles d'un adulte, son corps ne se modifie pas sensiblement. Les fonctions sexuelles ne cessent même pas complètement, bien qu'elles ne puissent plus conduire à la fécondation. Des hommes châtrés à l'âge adulte peuvent cohabiter avec leur femme; seulement le liquide éjaculé n'est alors plus de la semence, mais simplement du liquide prostatique (sécrétion de glandes accessoires). Les femmes adultes châtrées conservent leur appétit sexuel (voir plus bas) et même parfois un certain temps leurs règles. Elles deviennent ordinairement grasses et subissent souvent des troubles nerveux et des changements de caractère. L'ecphorie des caractères sexuels corrélatifs étant complète chez l'adulte, la suppression des glandes sexuelles ne peut plus agir que sur leurs fonctions directes.

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