‹ La question sexuelleChapitre 165 sur 190 · RÉSUMÉ DU LIVRE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DU LIVRE

Pourquoi une union de plus en plus internationale entre les hommes serait-elle impossible? Seul le préjugé peut s'entêter à le soutenir.

Pourquoi, dans le domaine social, la prohibition de l'usage, en tant que moyens de jouissance, de certaines substances narcotiques qui empoisonnent lentement des nations entières, comme l'alcool, l'opium, le hachisch, etc., serait-elle une utopie? Pourquoi en serait-il de même de la réforme économique désirée par les socialistes, c'est-à-dire de la répartition équitable des salaires, par exemple à l'aide du système coopératif ou de la réduction du capital privé à un minimum? Jo n'en vois pas la raison.

Ce sont là des choses en elles-mêmes toutes très possibles à Tnomme, et même nécessaires à un développement naturel et progressif de l'humanité. Seul le préjugé des vieilles coutumes, appuyé sur la ténacité conservatrice des sentiments, s'oppose à ces projets et cherche à les ridiculiser en les qualifiant d'utopies : dans sa myopie, il ne voit pas le changement qui s'est produit dans les rapports sociaux des hommes à la surface du globe, ou ne l'évalue pas à sa juste portée, et ne peut se séparer de ses vieilles idoles.

Pourquoi, enfin, des réformes rationnelles dans le domaine sexuel seraient-elles des utopies plus irréalisables que l'alimentation artificielle, si bien organisée aujourd'hui, des nouveau-nés que leur mère ne peut plus allaiter, que les triomphes actuels des opérations chirurgicales, que la sérothérapie, que la vaccination préventive, etc. ? De même que le myope et le presbyte portent des lunettes, ou que celui qui n'a plus de dents se sert d'un dentier artificiel, les hommes invalides ou tarés d'hérédité peuvent parfaitement employer des préservatifs dans le coït pour éviter de procréer une progéniture ratée, et les mêmes moyens peuvent être employés pour donner aux femmes le temps de recouvrer leurs forces entre chaque couche.

Résumé du livre. — Résumons en quelques mots les dix-huit chapitres de ce livre :

a] Dans les chapitres I à V, nous avons appris à connaître l'histoire naturelle, l'anatomie et les fonctions des organes reproducteurs ainsi que la psychologie de la vie sexuelle.

b) Au chapitre VI, nous avons donné, surtout d'après Westermarck, un résumé de l'ethnographie et de l'histoire des rapports sexuels chez les diverses peuplades humaines.

c) Au chapitre VII, nous avons cherché, d'un côté à rendre compte de l'évolution zoologique de la vie sexuelle (phylogénie) à travers la lignée de nos ancêtres animaux, et de l'autre à décrire brièvement l'évolution ou cours individuel de la vie sexuelle humaine, de la naissance à la mort. Nous voulions par là faire comprendre au lecteur quels sont les deux groupes de sources d'où jaillissent à chaque instant de notre existence nos sensations et nos sentiments sexuels : les sources héréditaires ou phylogéniques, et les sources acquises et adaptées par l'individu.

ci) Au chapitre VIII, nous avons décrit les excroissances pathologiques de la vie sexuelle, parce qu'elles interviennent bien plus profondément qu'on ne le croit en général dans nos rapports sociaux.

e) Dans les chapitres IX à XVIII enfin, nous avons expliqué les rapports de la vie sexuelle avec les sphères les plus importantes du sentiment et des intérêts des hommes, avec la suggestion, l'argent et la propriété, avec les conditions extérieures de la vie, avec la religion, le droit, la médecine, la morale, la politique, l'économie politique, la pédagogie et l'art. Chemin faisant, nous avons jeté nos regards sur les organisations sociales et sur les mœurs qui dépendent de ces rapports.

Si nous résumons les résultats obtenus, nous pouvons en tirer une série de conclusions, que nous diviserons en deux groupes.

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