CHAQUE CELLULE PORTE EN ELLE LES ÉNERGIES ANCESTRALES
Chaque cellule porte en elle les énergies ancestrales. — Comme nous l'avons vu, les cellules g-erminatives ne possèdent pas seules les énergies de tous les caractères de l'espèce. Il devient, au contraire, de plus en plus certain, d'après les nouvelles expériences, que chaque cellule du corps porte en elle-même, pour ainsi dire, toutes les énergies de ce dernier, comme nous le voyons si distinctement chez les plantes. Mais chez toutes les cellules qui ne sont pas capables de germer, ces énergies demeurent incapables de se développer. Il en résulte que de pareilles énergies, demeurant virtuelles, n'ont pas d'importance pratique actuelle.
Dans un sens analogue, on peut dire que toutes les cellules du corps sont hermaphrodites, comme toutes les cellules germinatives, car chacune d'elles possède en elle-même les énergies indifférenciées de chaque sexe. Chaque spermatozoïde contient toutes les énergies de l'ascendance paternelle et maternelle de l'homme, et chaqiie œuf, celles de l'ascendance paternelle et maternelle de la femme. Le mâle et la femelle ne sont que les porteurs de chacune des sortes de cellules germinatives nécessaires à la conjugaison, et chacun de ces porteurs ne diffère de l'autre que par ses cellules sexuelles et par ce qu'on appelle les différences sexuelles corrélatives. Or, n'oublions pas que les cellules germinatives elles-mêmes ne se différencient qu'à une certaine période du développement de l'embryon; elles sont donc hermaphrodites à l'origine et ne deviennent que par la suite mâles ou femelles.
De nouvelles expériences faites sur des œufs d'oursins et d'autres organismes moyens ont montré que la conjugaison peut être remplacée par un agent irritateur externe; par exemple, l'action de certaines substances chimiques suffit pour faire se développer par parthénogenèse des œufs qui seraient morts sans cette action. On a aussi réussi à déterminer la production d'un être entier avec un œuf partagé en deux au moyen d'un cheveu et même (Boveri, avec du protoplasma de l'œuf sans noyau, mais à l'aide d'un spermatozoïde. Nous ne devons cependant pas appuyer sur ces faits des hypothèses prématurées.
Lorsqu'une cellule femelle (un œuf) se développe sans fécondation (par parthénogenèse), son noyau croît et se partage de la même façon que les noyaux conjugués, ou plutôt comme dans la mitose.
Un fait d'un intérêt général est encore constitué par ce qu'on a appelé la polyembryonie spécifique de certains insectes para-
sites (hyiMénoptères du genre Encyrtua). D'après P. Marchai, leurs œufs croissent et se partagent ensuite en un nombre considérable d'œufs secondaires, de chacun desquels sort un embryon et plus lard un insecte parfait. En secouant les œufs de certains animaux marins, on est même arrivé à provoquer leur partage en plusieurs œufs, et ainsi à la production de plusieurs embryons. Tous les individus sortis du partage d'un même œuf d'Encyrtus appartiennent au même sexe.
Notions embryologiques. — Il n'est pas nécessaire de décrire ici en détail les différentes transformations que subissent les deux cellules conjuguées pour devenir un homme adulte. C'est l'objet de toute une science appelée embryologie. Nous y reviendrons du reste au chapitre III. Quelques mots cependant pour rappeler les faits généraux.
Trompe
Utérus
Ouv. abd.
Ovaire.
FIG. 19. — Le pavillon de la trompe s'appliquent sur l'ovaire, au moment de l'expulsion de l'ovule
pour le recueillir.
Ovulation. — Corps jaune. — Les ovaires de la femme (fig. 18, Ovaire) contiennent un nombre considérable de cellules ou ovules, mais ce nombre est infime à côté de celui des spermatozoïdes contenus dans les testicules. De temps en temps, quelques-uns de ces ovules grossissent (fig. 18, Oo.) et s'entourent d'une vésicule à contenu liquide, vésicule qu'on a appelée follicule de Graaf (fig. 18, Ov.). Au moment des règles, un œuf, quelquefois deux, soit de l'un, soit de l'autre ovaire, sont expulsés de leur follicule de Graaf. On nomme ce phénomène ovulation. Le follicule vide se cicatrise dans l'ovaire (fig. 18, Graaf); on le nomme alors corps jaune.