‹ La question sexuelleChapitre 90 sur 190 · AMOUR DES PSYCHOPATHES · texte numérisé non relu

AMOUR DES PSYCHOPATHES

d'esprit, il s'entendait à merveille à tromper les gens, commettait de nombreux faux, ne travaillait jamais honnêtement ni tranquillement pour gagner sa vie et ne pensait qu'aux grandes spéculations. Avec sa femme il était aimable et bon, ce qui ne l'empêchait pas de s'adonner à la pédérastie avec des hommes. Jointe à ses escroqueries, cette perversion lui valut m'ainte condamnation judiciaire. Je le traitai plusieurs fois à l'asile des aliénés. Sa pauvre femme se plaignait amèrement à moi, trouvant néanmoins des consolations dans l'amour apparent de son mari et surtout dans l'éducation soigneuse qu'elle donnait à ses enfants. Mais lorsque ceux-ci devinrent grands, ses illusions disparurent l'une après l'autre. La fille devint faible d'esprit. L'un des garçons aussi était peu doué à tous les égards et avait mauvais caractère. La mère se consolait encore avec son second fils, qui, quoique un peu sombre d'humeur, lui paraissait honnête et laborieux. Ce dernier avait trouvé du travail dans le sud de la Suisse. Le père se trouvait alors justement à l'asile, sans être atteint de manie, ses diverses récidives ayant engagé le tribunal à me charger d'une expertise psychiatrique sur son compte. Un jour, la mère arrive vers m'oi complètement désespérée et me montre unei lettre du fils à son père, lettre qu'elle avait ouverte et dont la teneur était à peu près la suivante : « Misérable père! Quand tu recevras cette lettre, je ne serai plus de ce monde. Mais avant de mourir, je veux encore te maudire. Tu as été la honte de notre famille. Tu as fait le malheur de notre mère et de tes enfants par tes crimes et tes canailleries. Pourquoi m'as-tu donné le jour? Depuis longtemps je sens tes mauvais instincts se dresser en moi comme un héritage maudit. Je lutte en vain contre eux : plus je lutte, plus je me sens succomber. Je suis incapable de résister plus longtemps; mais je ne veux pas devenir un criminel comme toi, c'est pourquoi je me pends cette nuit même; mais je te maudis encore avant de le faire. »

Tel était le sens, sinon la lettre exacte, de cette missive, que je ne possède plus. Le malheureux s'était en effet suicidé, plongeant sa pauvre mère dans le désespoir. Je fis venir le père et lui fis la lecture de la lettre de son fils. Un sourire et un haussement d'épaules furent sa seule réponse.

Que dire enfin du cas suivant :

F. , âgé de 50 ans, marié, père de 6 enfants de 6 à 24 ans, les a tous violés, garçons et filles. Toute la fan:ille était anormale et perverse. Le fils de 18 ans avait des rapports sexuels avec sa mère et avec sa sœur. Le père (l'accusé) avait encore des rapports sodomistes avec des chiens et des chats. Le juré de qui je tiens le cas considéra l'accusé comme fou, mais il fut condamné à dix ans de maison de force. Un asile pour aliénés dangereux et pervers serait urgent pour les cas de ce genre.

90 EFFETS DES NARCOTIQUES EN PARTICULIER DE L'ALCOOL, SUR L'APPÉTIT SEXUEL.

La paralysie cérébrale fonctionnelle produite par les narcotiques ressemble beaucoup, on le sait, dans sa physionomie psycho-pathologique, aux paralysies organiques qui résultent d'athrophies lentes de l'écorce cérébrale, comme celle de la paralysie générale : exaltation joyeuse du sentiment, tremblement et alourdissement des mouvements jusqu'à paralysie totale, troubles de l'orientation dans le temps et dans l'espace, dissociation mentale profonde intéressant les automatismes subconscients.

En même temps l'individu perd l'appréciation exacte de sa personne et du monde extérieur : il se juge très capable de corps et d'esprit, alors qu'il est de plus en plus impuissant, et tout lui apparaît couleur de rose au moment où sa position est le plus critique. Il se croit doué d'une grande force musculaire au moment où la paralysie le fait chanceler, et ainsi de suite.

Au commencement de la narcose, les phénomènes sont un peu différents de ce qu'ils deviennent plus tard; une certaine excitation prédomine, ainsi que l'esprit d'entreprise et l'exaltation des appétits, tandis que plus tard la paralysie, le relâchement et la somnolence jouent le rôle principal.

La narcose agit dans un sens analogue sur le sens génésique. Elle commence par exciter le désir ou l'appétit sexuel, tout en diminuant la puissance. Shakespeare dit : La boisson favorise la paillardise et l'affaiblit en même temps; elle excite le désir et entrave l'action (Macbeth, acte II, scène 11). Sans doute les narcotiques ne sont pas tous égaux. Chacun d'eux a dans son action des particularités spécifiques. En somme, cependant, ces quelques mots de Shakespeare expriment l'effet essentiel de toute narcose sur l'appétit sexuel : d'abord l'excitation de l'appétit, la disparition des représentations inhibitrices intellectuelles et morales, et le renforcement de l'esprit d'entreprise. Ensuite l'augmentation progressive de la paralysie de la puissance sexuelle et finalement l'extinction de l'appétit initial lui-même.

Les phénomènes que nous venons de décrire ont une importance capitale dans la narcose alcoolique, qui joue le principal rôle dans les pays civilisés. L'excitation initiale y est très accentuée. Si l'on

examine de près, on observe néanmoins dès l'abord un ralentissement de l'activité sexuelle et un affaiblissement de toutes les irritations sensorielles Dans le coït, les érections se produisent plus lentement; les sensations voluptueuses sont, il est vrai, d'une grande intensité subjective, mais elles se développent plus lentement et ont plus de peine à produire l'éjaculation séminale. Le relâchement subséquent est énorme, et un homme lancé, même légèrement, n'est plus capable d'accomplir le coït aussi rapidement ni de le renouveler aussi souvent que lorsqu'il n'a pris aucune boisson alcoolique. Lorsque la narcose augmente, l'impuissance devient à peu près complète. Grâce à l'illusion que produit la narcose, l'homme ivre s'imagine en général, au contraire, être extrêmement puissant.

Le genre lourd, grossier, maladroit, fastidieux, que prend le flirt sous l'action de l'alcool, n'est que trop connu. L'obscénité lourde et persistance des gens ivres dans les chemins de fer, dans les lieux de réunion, etc., envers les femmes n'est autre chose, nous l'avons vu, que le flirt influencé par l'alcool (v. chap. IV).

Une autre particularité de l'appétit sexuel dans la narcose alcoolique est sa bestialité. Les irradiations supérieures de l'amour sont ici, d'ordinaire, complètement paralysées, et la sensualité pure apparaît nue et sans frein, même cliez les hommes qui, lorsqu'ils n'ont pas bu, sont pleins d'égards et de sentiments élevés et fins. Ij'action dépravante de l'alcool sur l'appétit sexuel est donc incommensurable. Et pourtant nous n'avons nullement épuisé la liste de ses effets destructeurs dans la question qui nous occupe; nous devons encore en relever deux.

L'alcool ne se contente pas de donner libre essor à un appétit bestial en paralysant la raison et les sentiments de sympathie et de devoir; il a encore une forte tendance à pervertir l'appétit luimême. Dans une proportion très notable des cas d'exhibitionnisme, d'inversion, de pédérose, de sodomie, etc., l'éclosion de la perversion est extrêmement favorisée ou même directement produite par l'action de l'alcool, surtout lorsqu'il s'agit d'une disposition latente. J'ai observé une série de perversions chez des personnes dont l'appétit sexuel était normal lorsqu'elles n'avaient pas bu, mais devenait pervers à la moindre ébriété. Je suis persuadé que, si l'on donnait plus d'attention à ces faits, on verrait s'accroître le nombre des cas dans lesquels l'alcool augmente la perversion ou est même nécessaire pour la faire éclore.

Mais ce qui est bien plus important, c'est le fait que Tintoxication alcoolique aiguë et chronique détériore à un haut degré le protoplasma germinatif des procréateurs. Je renvoie à ce que j'ai dit, à la fin du chapitre I'' sur la blastophthorie. La blastophthorie alcoolique a été démontrée par Demme (38 dégénérés et i2 morts en bas âge sur 57 enfants d'alcooliques, 6 dégénérés et 5 morts en bas âge sur 61 enfants de parents sobres) par von Bunge (perte de la faculté d'allaiter, disposition à la tuberculose et aux maladies mentales en énorme proportion chez les descendants d'alcooliques; statistique d'environ 4.000 cas, par Hoclge, Combemalle, Marillier et Laitinen sur des animaux alcoolisés expérimentalement et sur leur descendance (résultats tout analogues). En outre, Laitinen a prouvé l'affaiblissement de la force vitale et de la résistance aux maladies même à la suite de doses d'alcool très modérées. Enfin Bertholet et Weichselbaum ont démontré anatomiquement la dégénérescence des testicules de presque tous les alcooliques même à la force de l'âge. Les recherches de Bezzola semblent en outre prouver que la vieille croyance à la mauvaise qualité des enfants conçus pendant l'ivresse n'est pas sans fondement. S'appuyant sur le recensement suisse de 1900, dans lequel figurent 9.000 idiots, et après un dépouillement soigneux des bulletins qui les concernent, cet auteur a prouvé qu'il existe deux maxima aigus annuels pour la conception des idiots (calculée en remontant neuf mois avant le jour de la naissance) : les époques du carnaval et de la vendange, celles dans lesquelles on boit le plus. Or, dans les cantons viticoles, le maximum constitué par l'époque de la vendange est énorme et se produit presque seul, tandis qu'il existe à peine dans les autres ! De plus, ces deux maxima tombent précisément sur la période de l'année où la courbe des conceptions du reste de la population présente son minimum. Le maximum des conceptions normales se trouve au commencement de l'été.

Si ces faits sont confirmés par des recherches ultérieures, on pourra en conclure que l'alcoolisme même aigu, c'est-à-dire l'ivresse, a une action blastophthorique. On sera alors obligé d'admettre que, lorsqu'une cellule germinative sort de sa glande au moment où elle est imprégnée d'alcool, et qu'elle réussit à se conjuguer, elle n'est plus capable de revenir absolument à l'état normal, faute de pouvoir être assez promptement et assez complètement lavée à l'aide de la nutrition et de la circulation du sang.

Cela expliquerait comment elle transmet à rindividu qu'elle développe toute sorte de tares et de défectiiosités.

D'après ce que nous venons de dire, nous pouvons relever les effets destructeurs suivants des poisons narcotiques, et en particulier de l'alcool, dans le domaine sexuel, tant au point de vue individuel qu'au point de vue social :

a) Les unions sexuelles irréfléchies, par suite de l'exaltation de l'appétit animal et de la paralysie momentanée des conceptions et des sentiments qui les inhibent chez celui qui n'a pas bu. Telles sont la séduction des filles, les tournées dans les bordels et chez les prostituées, la procréation d'enfants avec des individus de mauvaise valeur et dans des conditions défavorables.

b) Pour les mêmes raisons, augmentation considérable des maladies vénériennes. Une statistique faite par moi-même m'a montré que 75 p. 100 environ des maladies vénériennes se produisent chez les hommes sous l'influence de l'alcool, principalement chez les personnes légèrement excitées par la boisson et devenues par là entreprenantes.

c) Pour les mêmes causes encore, toute sorte de malheurs et de catastrophes, telles que les grossesses illégitimes, le désespoir, le suicide, etc., à la suite des unions sexuelles irréfléchies et des infections que nous venons de mentionner, enfin la désunion et la destruction des familles.

d) Production de la majorité des crimes et délits sexuels commis, eux aussi, par suite de l'exaspération de l'érotisme jointe à l'irréflexion et à une impulsivité motrice générale, si lourde qu'elle soit. La jalousie joue encore ici un grand rôle. Les statistiques les plus importantes et les plus consciencieuses (par exemple, celle de Baer pour l'Allemagne) prouvent que plus de la moite ou même les trois quarts des crimes contre les personnes sont commis sous l'influence de l'alcool. Les crimes et délits contre les moeurs viennent en tête de ligne avec un chiffre de 75 h 80 p. 100.

e) Exaltation et parfois éclosion de perversions sexuelles.

/) Création de la blastophthorie héréditaire alcoolique, soit à la suite d'une seule ivresse, soit par la boisson habituelle. Les descendants tarés de blastophthorie alcoolique souffrent des anomalies corporelles et psychiques les plus diverses, parmi lesquelles la taille naine, le rachitisme, la disposition à la tuberculose et surtout l'épilepsie, l'idiotisme moral (amoraux), l'idiotisme en général,

la disposition au crime et aux maladies mentales, enfin et surtout peut-être les perversions sexuelles, jouent un rôle prépondérant, sans parler de cent autres misères du même genre.

g) Le désir de jalousie est un symptôme spécifique de l'alcoolisme chronique. Ses effets sont terribles et conduisent à toute sorte d'infamies de voies de fait et même d'assassinats.

hj L'alcool est en outre le véhicule presque indispensable de la prostitution et du proxénétisme qui sans lui ne pourraient se maintenir, du moins dans leur forme actuelle si brutale et si dégoûtante.

i) La lourdeur et la maladresse de l'érotisme alcoolique produisent dans les lieux publics, de même que dans l'intimité, une forme aussi importune qu'obscène du flirt, qui vient blesser brutalement et cyniquement tous les sentiments de convenance et de pudeur.

Ce que nous venons de dire se rapporte avant tout à l'homme. Chez les femmes, l'alcoolisme est bien plus rare, du moins dans l'Europe continentale. En Angleterre, par contre, on voit une foule de femmes ivres dans les rues, et les effets de ce phénomène sont désastreux. Chez les prostituées, l'alcoolisme règne cependant presque partout. Le proxénétisme se sert avec une ruse calculée et raffinée de l'alcool pour compromettre les filles, les séduire et les faire ainsi tomber dans des pièges qui les conduisent à la prostitution. Une fois tombées, elles continuent souvent à boire pour s'étourdir sur l'horreur de leur condition.

L'action de l'alcool sur l'appétit sexuel féminin est très particulière. Ici, l'appétit est en général exalté, comme chez l'homme, tandis que la puissance n'entre pas en ligne de compte, étant donné le rôle passif de la femme dans le coït.

Tout d'abord, la paralysie des inhibitions psychiques dont nous avons parlé et de leurs irradiations supérieures (amour, sentiment de pudeur, de devoir, etc.), par l'action de l'alcool, enlève à la femme presque toute sa faculté de résistance aux désirs sexuels de l'homme. Il en résulte qu'une femme ivre devient la proie facile de tout homme dont l'appétit sexuel est excité. J'ai eu l'occassion d'observer divers cas extrêmement instructifs à cet égard. Qu'on me permette d'en citer un :

Une jeune fille fraîche, jolie et dans une position aisée, épousa un homme dont le caractère était assez faible et vul-

gaire, sans être cependant méchant. Tous deux aimaient passablement à boire. Étant enceinte, la femme absorba, par ordonnance de son médecin, de fortes quantités de vin, ce qui la fit tomber dans l'ivrognerie. Alors les amis et connaissances du mari, trouvant la chose amusante, se mirent à flirter si bien avec elle qu'elle devint leur proie, se livrant à tous leurs appétits sexuels dans son état perpétuel de demi-ivresse. Le mari n'eut d'abord pas le courage d'en finir et ne voulut pas divorcer par raison d'argent, sa femme étant maîtresse de la fortune. Il se décida enfin à l'amener à l'asile des aliénés que je dirigeais pour la guérir de son alcoolisme.

D'après les antécédents de la malade, je m'attendais à voii' une personne cynique, erotique et provoquant les hommes. Pas le moins du monde. A peine dégrisée, cette femme se montra aussi pudique que convenable et travailleuse. Ce qui me frappa le plus fut son sentiment de pudeur très accentué, qui me rendit même d'abord assez difficile d'approfondir son état psychologique. Je la fis observer à son insu par des infirmières. Sa conduite demeura tout le temps exemplaire, et elle finit par me confier que ce n'était pas tant l'appétit sexuel que la profonde indifférence et la faiblesse développées chez elle par l'ivresse qui l'avaient fait se livrer aux premiers venus. Avant de quitter l'asile, elle s'affilia à une société d'abstinence totale, revint vers son mari, qu'elle finit même par convertir à l'abstinence de toute boisson alcoolique (y compris, cela va sans dire le vin et la bière). Elle demeura toujours fidèle à son engagement et vécut dès lors en paix et dans le bonheur conjugal le plus complet, sans jamais retomber dans ses anciennes infidélités.

Je la revis plusieurs années après avec son mari, heureuse, reconnaissante, fraîche et florissante.

J'ai cité ce cas pour montrer que par eux-mêmes les excès sexuels ne détruisent pas nécessairement, même chez la femme le caractère, les sentiments de pudeur, ni la volonté. Tout tient à leur cause. Gît-elle dans une faiblesse congénitale du caractère, il va sans dire que le mal est irréparable; est-elle, au contraire, uniquement le fait d'actions extérieures et peut-on l'éli miner à temps, son effet pourra souvent être définitivement supprimé.

On voit aussi des femmes ivrognes être froides au point de vue sexuel et repousser les hommes. Chez d'autres, au contraire, un érotisme dégoûtant, allant jusqu'à la nymphomanie s'associe à la boisson.

Quiconque possède un cœur qui bat pour l'humanité et pour son avenir, s'il se donne la peine de réfléchir non seulement aux phénomènes que nous venons de décrire, mais encore à tous les autres ravages que l'alcool provoque dans la société humaine, devrait, semble-t-il, avoir le courage de faire un léger effort et de renoncer à toutes les boissons alcooliques — disons d'abord pour six mois, à titre d'essai — afin de combatre la misère alcoolique sociale par l'exemple, et ne pas se contenter d'une phraséologie égoïste ou indifférente. Il découvrira alors, comme tous les abstinents, que l'usage de l'alcool (y compris, nous le répétons, le vin, le cidre et la bière), en si petite quantité qu'il soit consommé, ne sert à rien qu'à entretenir une habitude vicieuse et néfaste pour la société, en donnant l'exemple contagieux d'une prétendue modération, à laquelle une foule de nos semblables ne peuvent se maintenir. Alors il demeurera abstinent pour le reste de ses jours et comprendra de moins en moins comment l'humanité a pu en venir, par pur esprit d'imitation d'abord, puis plus tard par esprit conservateur des préjugés, à développer, à maintenir et à défendre un pareil abus social à l'aide d'une légion de sophismes. En pays anglo-saxons, Scandinaves et allemands, l'abstinence totale fait actuellement d'immenses progrès. Les Etats-Unis d'Amérique et la Finlande viennent de décréter la prohibition totale de toute boisson alcoolique sur tout leur territoire (1919).

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