‹ La question sociale en EspagneChapitre 113 sur 187 · Voir infra, p. 376 et suiv · texte numérisé non relu

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ports, publiés dans le Bulletin de V Institut : mauvais vouloir des patrons, adversaires instinctifs <le toute innovation, qui vont au nom du principe de

l'inviolabilité du domicile proclamé (Sans la (Constitution, jusqu'à refuser aux inspecteurs l'entrée de leurs ateliers, résistance des autorites locales, peu accessibles aux idées de progrès et dominées par le « caciquisme », méfiance des ouvriers, travaillés par l'esprit anarchiste et hostiles à toute action officielle et législative!

Ce sont les mêmes obstacles qu'a rencontres l'Institut, dans les enquêtes extraordinaires qu'il lit sur différents points du royaume où les circonstances réclamaient son attention, et aussi dans les interrogatoires adressés aux Chambres de commerce et d'agriculture et aux associations patronales sur le coût de la production, la journée de travail, l'état général de l'industrie et de l'outillage, aux associalions ouvrières sur le chômage, la durée du travail, la nature et le taux des salaires, le coût des denrées de consommation, aux présidents des juntes locales, enfin, sur le coût de la vie. Bien souvent, même, les questions posées par l'Institut restent sans réponse!

Ces remarques faites, on ne peut qu'admirer davantage cette élite d'hommes, poursuivant sans faiblesse et sans découragement leur œuvre pacificatrice et éminemment « sociale ». Tout au plus, est-il permis de souhaiter que la concorde continue de régner au sein de l'Institut, car la lutte engagée entre catholiques et socialistes, aux dernières élec-

tions des délégués patronaux et ouvriers, est, nous l'avons vu, un symptôme assez troublant à. cet égard. D'autre part, on peut demander aux membres de l'Institut — parmi lesquels se trouvent des sociologues remarquables — de se montrer des « politiques » plutôt que des « théoriciens », et de sortir plus volontiers de l'imitation des législations étrangères, pour s'astreindre aune étude plus minutieuse des circonstances particulières au pays : car il esl à craindre qu'une réforme importée de l'étranger, si justifiée théoriquement et si bien conçue soit-elle — risque de s'implanter difficilement en Espagne, — >i l'on n'a préparé d'avance le terrain pour la recevoir. Avant une réforme des lois, c'est à une réforme (\o> mœurs qu'il conviendrait logiquement de procéder... La tâche qui incombe aux pouvoirs publics apparaît ainsi comme particulièrement longue et ardue. Ce qui a été fait, (('pendant, et surtout l'esprit de ceux à qui est confiée cette tâche nous autorise à avoir confiance dans l'avenir.

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