‹ La question sociale en EspagneChapitre 114 sur 187 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L'enquête sur la crise agricole de 1887. Le Rapport du comte de Romanones en 1905. Un vaste programme de réformes.

I. L'agriculture et le régime douanier : les tarifs de 1892 et de 1906. Les doléances des agriculteurs.

IL Le reboisement et la politique hydraulique : le problème de l'eau. La rareté des pluies. L'initiative prise par l'État. Terre de regadio et canaux d'irrigation. Travaux en exécution ou à l'état de projet. Les puits artésiens. Ce qu'il faut attendre de la « politique hydraulique ». Sa justification.

III. Les voies de communication : les chemins vicinaux. Ce qui reste à faire.

La question agraire en Espagne — nous l'avons dit — est à la fois une question économique et sociale. L'état arriéré de l'agriculture, au sud des Pyrénées, tient lui-même à une foule de causes diverses : les unes naturelles, les autres dues à la loi, au caractère des habitants, ou aux mœurs politiques. Ce sont, énumérées en bloc, les accidents du sol, l'insuffisance des pluies, l'irrégularité des fleuves, le manque de bras, la lourdeur des impôts et l'usure, l'absence de capitaux et de crédit agricole, les tarifs trop élevés des chemins de fer, l'insuffisance des voies de communication, la corruption de l'administration, l'esprit routinier du paysan espa-

gnol, la mauvaise distribution de la propriété, enfin les rigueurs du climat que Ton rend, non sans raison, responsable de la nonchalance des habitants de la Péninsule, en général.

L'Etat ne pouvait se désintéresser de cet important problème. Autant et plus encore peut-être qu'en France, l'agriculture n'est-elle pas chez nos voisins une des « mamelles » dont parlait Sully et auxquelles s'alimente la force vive de toute la nation ? Les troubles qui ont éclaté à diverses reprises dans différentes régions — mais particulièrement dans le Sud — obligeaient aussi les pouvoirs publics à s'inquiéter du sort, d'ordinaire si misérable, du prolétariat agricole.

Pourtant, à prendre les choses dans leur ensemble, il ne semble pas que l'action de l'Etat ait abouti jusqu'ici — faute de ténacité sans doute et d'esprit de suite — à de bien grands résultats. La situation n'a guère changé depuis le jour où Jovellanos poursuivait sa célèbre enquête : elle a plutôt empiré, comme nous l'avons vu, à la suite des lois de désamortissement de 1836 et de 1845 \ 11 suffit, pour s'en convaincre, de rapprocher Y Informe du ministre de Charles 111 de cette autre enquête « sur la crise agricole » faite en 1887, sur l'impulsion de M. Moret2,

■1. V. supra,]i. 21. Sur les tentatives faites pour remédier au problème agricole au cours du xix° siècle, voir Pazos y Garcia, op. cit., pp. 105 et suiv.

2. La crisis cujricola y pecuaria (enquête ouverte par le décret royal du 7 juillet 1887. Publication officielle. Madrid, 1889, 7 tomes). Cette enquête mit particulièrement en relief les causes de la crise traversée par l'agriculture et l'élevage en Espagne : causes générales à l'Europe, depuis le milieu du xi.v siècle, telles que la concurrence des pays

ou bien encore de comparer les remèdes proposés par Fermin Caballero, dès 1864, dans son ouvrage si réputé sur le « Développement de la Population rurale » aux conclusions du comte de Romanones, ministre de l'Intérieur, dans un rapport de 1905 \

Rapports et enquêtes aboutissent, en somme, aux mêmes résultats, que Ton peut condenser, dans les propositions suivantes, où se trouve résumée l'action considérable qui incombe aux pouvoirs publics, en une matière aussi complexe :

1" 11 convient que l'État mette son arsenal douanier au service de l'agriculture, de manière à protéger la production nationale par des droits appropriés, tandis qu'il admettra, au contraire, en franchise les engrais, les machines agricoles, etc.

"2° Il es! de son devoir aussi de développer les travaux hydrauliques, en même temps que de favoriser le reboisement et de multiplier les voies de communication dans le royaume.

3° Il lui incombe d'exonérer la terre des lourdes charges qui pèsent sur elle, de développer la créationde syndicats agricoles, sociétés coopératives et autres institutions collectives analogues ; de répandre

neufs, le développement du machinisme agricole, etc.. et causes particulières à la Péninsule, que nous énumérons dans le texte.

Depuis, la situation s'est encore aggravée au sud des Pyrénées : la production des céréales, en dépit de la protection douanière, se trouve dans des conditions difficiles; celle de l'huile d'olives a été particulièrement affectée par les fraudes qui s'exercent sur ce produit : la production du riz a été atteinte par la perte des marchés des Antilles ; celle des oranges lutte contre la concurrence africaine. Pour le raisin, enfin, l'Espagne a de la peine & se défendre contre la Turquie et la Grèce, et la viticulture passe par une crise terrible.

1. V. Boletin del Instituto de Reformas sociales, 11, p. 169.

ACTION DE i/ÉTAT EN FAVEUR DU PROLÉTARIAT AGRICOLE 295

aussi, dans la plus large mesure possible, renseignement à tous les degrés, et particulièrement renseignement agricole

4° Enfin, il rentre dans les attributions de l'État d'opérer une plus juste répartition des charges publiques, particulièrement de celles qui pèsent sur la terre — et il n'y parviendra qu'après l'achèvement du cadastre et rétablissement des registres fiscaux — ; il peut même, sans excéder ses attributions, intervenir pour réglementer le droit de propriété, procéder à une répartition des terres, plus équitable au point de vue social et plus conforme au progrès agricole : c'est là, comme nous l'avons vu, un des aspects les plus importants de la question agraire au sud des Pyrénées.

Voilà, sans doute, un bien vaste programme. 11 importe de voir dans quelle mesure il a été déjà réalisé, et ce qui reste à faire.

Certains économistes ou politiques espagnols — comme M. Linares Rivas1 — nous paraissent attribuer une importance exagérée à la protection douanière, dans laquelle ils voient le « moyen principal et direct de résoudre le problème social parmi les agriculteurs ».

On ne peut nier, sans doute, l'influence que peuvent

1. Dans son discours de réception à l'Académie royale des Sciences morales et politiques, du 8 juin 18'JO.

avoir les tarifs de douanes sur la situation économique d'un pays, particulièrement sur son agriculture. Mais il ne faudrait pas exagérer cette influence. L'introduction du libre-échange en Angleterre n'a pas empêché l'agriculture de s'y développer.

Il s'agit plutôt de savoir dans quelle mesure il convient de doser cette protection. La réponse à cette question ne saurait être évidemment la même en tous pays. On doit aussi tenir compte d'une foule d'intérêts divergents : intérêt du producteur, intérêt de l'importateur, intérêt du consommateur.

Il faut, enfin, trancher l'antagonisme quasi fatal entre les agriculteurs et les manufacturiers, établir l'équilibre entre VAgrarstaai et YIndustriestaat, comme disent les docteurs d'outre-Rhin. Question éminemment complexe, et où les marchandages politiques prennent trop souvent le pas sur une vue bien nette des intérêts généraux du pays.

En Espagne, les agriculteurs se plaignent d'avoir été sacrifiés aux industriels, lors de l'élaboration du tarif douanier de 1892 et de sa revision en 1906. Il y a dans leurs doléances une grande part de vérité : il est certain que ces tarifs ont été surtout le résultat d'une coalition d'intérêts des principaux manufacturiers de Catalogne et des provinces basques. L'exagération de ces tarifs, en rendant difficile la négociation de nouvelles conventions commerciales avec les nations étrangères et en menaçant même l'Espagne des représailles douanières de la part de certains pays, porte plus particulièrement atteinte aux intérêts des agriculteurs, qui vivent, en

grande partie, de l'exportation. (Test le commerce des fruits et primeurs et aussi du vin, de l'huile et du liège, que la Péninsule produit en quantité supérieure à ses besoins, qui se trouve surtout menacé.

Au contraire, il semble quelle soit condamnée à recourir à l'étranger pour parfaire sa production en céréales et en tubercules. Par conséquent, là encore, l'intérêt général paraît réclamer une protection très modérée.

Telle n'est pas , cependant , la tendance qui domine actuellement chez nos voisins. On en a eu la preuve au récent Congrès de l'Exportation tenu à Saragosse, en novembre 1908 : en même temps qu'ils ont protesté contre l'exagération des tarifs établis en faveur de l'industrie, les agriculteurs ont réclamé une augmentation des droits d'entrée au profit de l'agriculture.

Cette seconde réclamation nous semble peu justifié. De façon générale, on peut dire que le tarif espagnol actuel, aussi bien pour l'agriculture que pour l'industrie, est déjà trop élevé. 11 est encore aggravé par le change, et la principale conséquence, comme nous l'avons vu, en a été une augmentation considérable du coût de la vie, particulièrement sensible dans les classes laborieuses, sans qu'il en soit résulté, — bien au contraire — des progrès appréciables de l'agriculture1.

1. C'est ainsi que, ces dernières années, la production moyenne du bié en Espagne a été de 10,6 hectolitres par hectare, alors qu'elle oscillait entre 18 et 20 hectolitres dans les pays du Centre et de l'Ouest de l'Europe. Le prix de production au sud des Pyrénées est de 19 pesetas environ, tandis que celui résultant de la concurrence internationale est seulement de 14. Il s'ensuit que le consommateur, avec le système

LA Ol B9TI0N SOCIALE EN ESPAGNE

En un mot, le jeu des tarifs de douane nous semble un moyen bien pauvre et bien peu efficace pour remédier aux crises agricoles, si fréquentes et si aiguës au sud des Pyrénées. S'il n'avait en vue que le souci de l'intérêt général et le bien-être des populations des campagnes, l'Etat espagnol, au lieu de suréleyer encore ces barrières, ne devrait avoir d'autre préoccupation que de les abaisser. J'oserais presque dire de \e< supprimer... A supposer même que la protection soit nécessaire à l'agriculture chez uns voisins pour leur permettre de lutter contre la concurrence étrangère, elle ne saurait être admise que comme un remède temporaire : le fait qu'elle (end à devenir permanente a ce résultat qu'au lieu d'être un stimulant pour l'énergie individuelle, elle l'endort et l'amollit, et contribue encore à augmenter l'extrême misère des producteurs eux-mêmes...

Aux yeux de beaucoup d'Espagnols, le problème de L'eau, elproblema del agua, est -le plus important qui se pose à l'attention nationale et d'où dépend l'avenir du pays tout entier.

11 suffit d'avoir parcouru la Péninsule pour se rendre compte de la vérité de cette assertion. Pour

des douanes en vigueur, doit payer :2u pesetas ou plus, ce que. sous un régime de liberté, il paierait 14, sans bénéfice appréciable pour les agriculteurs qui, sauf clans les années exceptionnelles, doivent se contenter du prix de production.

qui, venant de traverser c< la belle France », pénètre la première fois en Espagne par Iran, c'est une cause de désenchantement de voir succéder aux montagnes pittoresques des provinces Basques les plateaux brûlés et sans arbres deCastille. Pour peu que le voyageur soit sensible à l'âme des paysages, il ne pourra se défendre d'une pénible impression d'illusion déçue. Voilà donc la riante Espagne tant chantée par les poêles, dont l'imagination, à la suite de je ne sais quelles légendes — bien vieilles sans doute — . a fait un paradis terrestre ! Si notre touriste poursuit sa route, il est à craindre que sa mélancolie n'augmente, à mesure que se déroulent devant ses yeux les solitudes uniformément tristes, où se trouve perdu Madrid — immense désert de sable que ne réussissent pas à: égayer quelques séculaires alamedas, en bordure des prairies desséchées du Manzanarès, ni les maigres ombrages de la Moncloa et de la Casa de Campo. Il pousse encore plus avant : la désolation de la Manche ne saurait le surprendre, pourvu qu'il ait gardé un souvenir suffisamment précis de ses lectures du Quijote... Du moins, il se rapproche de l'Andalousie, et les magnificences de cette contrée tant vantée ne vont-elles pas racheter les désillusions de l'arrivée ? N'est-ce pas le pays du soleil et des fleurs ?... Le soleil, certes, n'est pas inférieur à sa réputation, non plus que le ciel, d'un bleu très noir. Mais les fleurs, les arbres, les cultures mêmes demeurent bien rares. Des oliviers menus, et des haies de cactus rompent seuls la monotonie des

terres vides et des ganaderias démesurées, où surgit tout à coup un troupeau de taureaux que surveille un cavalier bien en selle. De Séville à Grenade, on traverse d'interminables steppes qui évoquent l'Afrique voisine. Quelques oasis çà et là : Malaga,

Grenade V mesure qu'on se rapproche delaMédi-

terranée, elles se font plus fréquentes et augmentent en étendue. C'est un grand soulagement, au sortir d'une zone de steppes longue de 400 kilomètres, de pénétrer dans les bois d'orangers de Murcie, dans les jardins de palmiers d'Elclie, de reposer les yeux sur les fertiles campagnes d'Alméria, d'Alicante, et l'on éprouve un véritable ravissement à traverser la fa^e/'tavalencienne qui s'étend le long de la côte jusque près de Barcelone. Au Nord-Est aussi, et bien que le ciel moins tropical comporte des cultures différentes, les champs, qui s'étagent sur le flanc maritime des Pyrénées Cantabriques, sont riches et féconds. Comme la rive méditerranéenne, cette zone appartient tout entière au climat océanique : c'est la zone humide : on peut la délimiter par une ligne fictive, qui unirait Tarragone à Léon et à Huelva. Tout le reste de la Péninsule, — au Sud et à l'Est, et il s'agit environ de neuf dixièmes du territoire1 — appartient à la zone sèche.

1. Lu ingénieur, M. Lucas Mallada. dans son livre Los maies de la patria, répartit ainsi les terrains du royaume :

1° Roches entièrement dénudées, 10 p. 100 ;

2° Terrains très peu productifs, soit à cause de l'altitude excessive, soit à cause de la sécheresse, soit à cause de leur mauvaise composition, 3o p. 100 ;

3° Terrains moyennement productifs, manquant d'eau ou situés d'une manière désavantageuse, ou d'une composition en quelque mesure défavorable, 45 p. 100 ;

Ainsi, le fait que sur quelques coins déterminés du territoire le sol se couvre d'une féerique parure a suffi à faire croire que l'Espagne était un pays privilégié : légende que les récits de certains Espagnols — de graves historiens même1 — n'ont pas peu contribué à accréditer.

Ce qui semble un mythe aujourd'hui, était-il une réalité au temps des Maures ? C'est ce qu'on se plaît à dire, peut-être en manière de consolation, en tout cas sans fondement sérieux. 11 est incontestable que les déboisements consécutifs, dont a souffert la Péninsule depuis la « Reconquista » sont pour quelque chose dans sa sécheresse actuelle. Mais, en admettant que le domaine forestier de ce pays, lorsqu'il obéissait à l'Islam, fût beaucoup plus étendu qu'il ne l'est aujourd'hui, il est difficile de croire que l'Espagne ait pu nourrir jadis, comme on Ta prétendu, une population de 30 millions d'habitants, tout en exportant un surplus de produits agricoles. Le solde certaines régions, particulièrement des plateaux du centre, semble n'avoir jamais permis une grande culture. Ce qui est vrai,

4° Terrains « qui nous font croire que nous sommes nés dans un pays privilégié », 10 p. 100.

On peut donc estimer à 46 p. 100 la superficie des terrains absolument incultes dans la Péninsule. Cette proportion n'est que de 28,4 en Grande-Bretagne; 23 en Hollande; 19,3 en Italie : 13.4 en Irlande: 10,2 en Hongrie; 9,9 en Allemagne: 9,4 en Belgique; 9 en France et 6,9 en Autriche.

1. Le P. Mariana écrivait, au xvie siècle : « La terre d'Espagne peut être comparée aux meilleures de l'univers: elle n'est surpassée par aucune pour le climat salubre dont elle jouit, l'abondance des fruits et des produits de toute sorte qu'elle donne, et les métaux d'or et l'argent dont elle est remplie. » [Ristona gênerai de Espafïa, t. I, p. 3).

c'est que la haine de l'arbre, qui caractérise le paysan en tous pays, mais plus particulièrement en Espagne, les coupes désordonnées qui ont continué de longs siècles, malgré les édits tirés sévères des rois, el les ravages occasionnés par les troupeaux transhumants de la Mesta — puissante corporation qui a joui jusqu'à Charles III de privilèges considérables — ont suffi à faire de la Péninsule, principalement dans le Nord, un lamentable désert.

Faute d'évaporation au-dessus du sol, la vapeur d'eau, qui provient de l'océan, traverse l'Espagne sans se résoudre en pluie. C'est seulement dans les régions maritimes du Xord-Ouest. que la chute annuelle varie entre 750 et 1.000 millimètres. Dans le centre, elle est inférieure à (300 millimètres, cl dans les régions d'Alméria et de Ciudad Real, elle n'atteint pas même o00 millimètres, alors que la quantité moyenne en Europe est de 575 millimètres dans les plaines (elle est du triple dans les régions montagneuses) et qu'en France, en particulier, elle est de 770 millimètres.

La rareté des pluies dans la Péninsule n'a d'égale que leur irrégularité. Files varient dans uneénorme proportion d'année à année et avec les saisons1. Pendant la plus grande partie de l'année, le lit des rivières, en général, reste à sec : on connaît le geste charitable de Dumas père faisant porter un verre

1 . l^lles sont particulièrement peu fréquentes pendant Fête, lin juin, d'après des calculs de M. Angot, il ne tombe pas plus de 50 millimètres d'eau dans la région septentrionale. Dans tout le sud de l'Espagne, le sol reçoit moins de 25 millimètres. En juillet et août, il ne tombe pas plus de 10 à 23 milhmètres en général, et moins de 10 millimètres dans le sud.

d'eau au Manzanarès altéré, — innocente plaisanterie que certains hidalgos ne lui ont point encore pardonnée !... Mais dès qu'arrive la fonte des neiges et la courte saison des pluies, ces timides filets; d'eau deviennent de redoutables torrents, qui détruisent les ponts, qui emportent maisons, gens et animaux, pour reprendre aussitôt aprèsleur tranquille aspect de feinte innocence. Les fleuves importants eux-mêmes ont des débits dune irrégularité déconcertante : ainsi, l'Ebre. près de son embouchure, débite 95 mètres cubes d'eau par seconde en été, un peu plus de 4 mètres cubes seulement en hiver!

Ceci, joint à l'esprit routinier et au manque d'instruction de l'Espagnol, explique l'état arriéré de l'agriculture dans ce pays. Sur une superficie totale de 50 millions d'hectares, il n'y a de cultivés approximativement que 20 millions d'hectares en terrain sec seeano) et 900.000 hectares seulement en terrain irrigué [regadio) \ soit un peu moins de 4 1/2 p. 100. L'hectare ne produit que 8 à 10 hectolitres de blé, au lieu de 15 à 20 hectolitres en France : aussi, pour parfaire les besoins de sa consommation, pour nourrir ses 18 millions d'habitants, l'Lspagne est-elle obligée, chaque année, d'acheter pour 50 millions de piécettes de céréales à l'étranger. La récolte du vin. d'ailleurs en dimi-

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