‹ La question sociale en EspagneChapitre 149 sur 187 · Zancada, op. cit., p · texte numérisé non relu

Zancada, op. cit., p

Sinon, au lieu de guérir le mal, il n'arrivera qu'à l'aggraver : étant données les propensions naturelles du peuple espagnol à l'individualisme, je dirai même à l'anarchisme, toute faute commise dans les sphères élevées du pouvoir entraîne dans les divers échelons de la société les plus désastreux effets. L'État devrait être la chose de tous, au lieu d'être la chose de chacun. L'accès au pouvoir ne devrait être envisagé que comme la possibilité de réaliser le bien public, tandis qu'à l'heure actuelle, il est encore la proie des partis, qui y voient presque exclusivement le moyen de satisfaire leurs ambitions et leurs appétits personnels.

La clé de la vie publique et sociale — chez nos voisins — reste, à n'en pas douter, le chef de l'État : c'est de lui que doit partir toute initiative de réforme. Mais il faut reconnaître qu'il ne saurait rien faire, sans s'appuyer lui-même sur un parti vraiment « national » comme celui préconisé, il y a quelques années, par l'insigne publiciste Joaquin Costa1. Ce parti devrait se composer naturellement de ceux qui sont à même de comprendre les besoins du pays, c'est-à-dire des classes dirigeantes, classes économiques et classes intellectuelles, qui constituent l'élite de la nation, et qui, malheureusement jusqu'ici, ne paraissent guère avoir compris leur mission politique, pas plus que leur devoir social.

Prétendre que la constitution d'un tel parti — dans un avenir plus ou moins proche — soit une

i. Dans son livre Oligarquia y caciquismo (Madrid, 1903), p. 742 et suiv.

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chimère, c'est douter de l'avenir de l'Espagne ; et ce doute, notre ardente sympathie pour ce pays — dont les origines et l'histoire se mêlent si étroitement à celles de notre France et qui a tant encore d'intérêts communs avec elle — ne nous permet pas de le partager...

Nous avons rangé, sous ce litre, un certain nombre de documents statistiques, que nous citons, pour la plupart, dans notre étude, mais que nous avons renvoyés ici. afin de ne pas fatiguer outre mesure l'attention du lecteur.

Ces documents sont puisés à des sources très diverses — qui seront indiquées pour chacun — et, bien qu'il ne faille pas leur accorder une valeur absolue, l'on nous saura gré, sans doute, de les avoir recherchés et réunis dans ce volume.

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