‹ La question sociale en EspagneChapitre 23 sur 187 · Voir infra. p · texte numérisé non relu

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déjà connues : l'échec et l'avortement de la République, la faillite de la plupart des chefs du parti républicain à leurs précédents engagements en matière sociale, les persécutions dirigées par Salmeron et Gastelar contre l'Internationale, enfin, beaucoup de rivalités et de jalousies personnelles entre les meneurs des deux camps. Les socialistes espagnols peuvent nourrir quelque préférence secrète pour le régime républicain; ils n'eu déclarent pas moins, à tout bout de champ, que la forme du Gouvernement leur est souverainement indifférente : tandis que les républicains laissent entendre qu'il ne saurait y avoir de révolution sociale sans une révolution républicaine.

Les républicains ont, en vain, multiplié leurs avances :1a tentative du « socialisme opportuniste ». faite par le parti dit a démocrate socialiste » vers 1890, fut éphémère ', et n'a pas été renouvelée. Mais, à diverses reprises, les socialistes ont eu à repousser l'alliance que leur offraient leurs adversaires; il en a été encore ainsi aux dernières élections législatives de 1907, sauf à Bilbao,oùle parti républicain ne compte que peu de fidèles, et la conséquence a été que les socialistes ont été battus partout2.

1. Ce parti s'adressait à toutes les classes et ne cherchait a n'suudre le problème sucial que par des réformes pacifiques. Il possédait à Madrid trois journaux : hl Democrata social, Las Regiones, La Nueva Espana Voir \. de Santaclara, Nuestros prohombres ante la révolution y el socialismo (Barcelone, 1891). Sur la lutte entré socialistes et républicains, voir l'opuscule de Leovilgildo Abans, Repûblica y Reformas sociales- Madrid, 1905).

2. A l'heure où nous revoyons ces lignes, on parle, cependant, d'une entente entre républicains et socialistes en vue des élections législatives qui doivent avoir lieu au printemps de 1U10. Il n'est pas encore possible de savoir quel sera le résultat de ces tentatives. Si cette

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Depuis trois ans, on remarque, (railleurs, une diminution notable dans les forces du socialisme espagnol. Si on a égard aux chiffres fournis par la Union Oèrera, organe officiel de la Union Gênera! de Los Trabajadores, on constate que celle Fédération, en octobre 1907, ne comptait pins que 225 sections et 30.066 associés. Bien qu'elle renferme un certain nombre d'individus qui ne sont pas affiliés au parti socialiste, l'Union n'en est pas moins dirigée par des socialistes militants, et Pablo Iglesias, le chef du Parti ouvrier, n'a cessé, depuis 1899, d'être réélu à la présidence de l'Union. Les chiffres que je viens de donner sont donc des plus significatifs. Pour la Biscaye seule, la perte a été, en deux ans, de 35 p. 100 du total général des adhérents.

Depuis les premiers mois de 1908, on a assisté, il est vrai, à un relèvement des forces socialistes, mais seulement dans quelques provinces : en Nouvelle Castille, en Galice, dans les Asturies et en Navarre1.

Le rapport présenté par les compagnons Iglesias et Cortès, au nom du Comité national, au récent Congrès international de Stuttgart, mérite aussi de retenir notre attention. Le Parti ne compterait plus, selon ses chefs, qu'une centaine de groupes

entente venait à s'établir, ce serait un profond changement dans la tactique suivie constamment par les socialistes jusqu'à ces derniers temps, et il en résulterait, sans doute, une augmentation d'importance du Parti, qui serait en droit d'espérer l'envoi d'un ou de plusieurs de ses représentants aux nouvelles Cortès.

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