Voir le tableau annexe \V. à la fin de ce volume, p
et environ 6.000 affiliés. Ses journaux, presque tous hebdomadaires, sont réduits à sept : El Socialista (Madrid), la Lucha de Cimes (Bilbao), la Aurora Social (Oviedo), Solidaridad (Vigo), la Conciencia Obrera (Alcoy), El Sudor del Obrero (Puerto de Santa Maria), El Obrero Balear (Palma de Majorque).
Les socialistes s'inquiètent de cette crise, qui a fait l'objet principal de leurs discussions au Congrès de l'Union, en mai 1908, à Madrid. Ils s'occupent activement d'en rechercher les causes1. La principale, à les entendre, serait la crise économique qui sévit dans la Péninsule depuis le milieu de 1905. Sans travail la plupart du temps, alors que le coût de la vie a sans cesse augmenté ces dernières années, les ouvriers se voient dans l'impossibilité de payer la cotisation, si minime soit-elle, qu'exige d'eux l'Union ou le Parti. L'analphabétisme serait aussi, pour certains, une des raisons du peu d'entrain des travailleurs à adhérer aux théories marxistes. Selon d'autres, la crise de l'Union résiderait dans l'Union elle-même, dans ses statuts, qui n'ont pas varié depuis 1888 et ne répondent plus aux besoins de l'organisation ouvrière, à l'esprit localiste et corporatif qui y domine encore, à l'absence de sociétés à base multiple.
Il conviendrait, peut-être aussi, de ne pas oublier l'actif travail de propagande fait, aux dépens des socialistes, soit par les anarchistes et les syndicalistes, soit par certains républicains radicaux, comme
1. On trouvera les résultats de leur enquête dans la nouvelle revue bi-mensuelle El socialismo (depuis janvier J908).
M. Lerroux, député de Barcelone, qui a réussi à se constituer dans cette ville une importante clientèle ouvrière.
Enfin, l'insuccès des dernières grèves, fomentées ou soutenues par les socialistes, comme celle des « ouvriers de la mer » (chargeurs, marins, chauffeurs, pêcheurs) en mars 1894, celle des charpentiers de Valladolid en mars 1906, comme la grève générale de Bilbao la môme année, ont contribué à décourager les esprits. Un certain nombre d'ouvriers, parmi les plus turbulents, ont été exclus des entreprises de la région, à cause de la part qu'ils avaient prise dans la grève ; beaucoup ont dû émigrer. Ceux qui restent se montrent plus prudents et plus réservés, et la plupart redoutent même de s'affilier aux syndicats.
Il n'est pas impossible, non plus, d'attribuer en partie, la désorganisation actuelle du socialisme espagnol, aux diverses réformes sociales réalisées par le Gouvernement et par le Parlement, à quelques œuvres, patronales ou ouvrières, créées en vue de l'amélioration du sort des travailleurs, et surtout au mouvement catholique qui s'est particulièrement affirmé ces dernières années. Ce sont là des points sur lesquels nous aurons l'occasion de revenir1.
Ces réserves faites, ce serait une erreur, cependant, de traiter le socialisme espagnol comme une