J.-J. Morato dans le lleraldo de Madrid
de 1827 à 1902. avait augmenté de 216 p. 100. ainsi qu'il ressort du tableau suivant, où figurent les principales denrées de première nécessité (pesetas :
IsJT 1868 1002
Pain kilo. 0,25 0,35 0,42
Viande » 0,70 1,50 2,50
Lard » 1,05 1,75 2.00
Pois chiches ... » 0,30 0,45 0,60
Riz » 0,50 0,60 0.70
Vin litre. 0.30 0.70 0,70
Huile » 0,00 1.00 1,10
Cette augmentation — en dehors de causes générales, comme la diminution de la valeur de l'argent — provient surtout des octrois. En 1868, le chiffre des octrois atteignait 34,25 pesetas par an et par tête d'habitant ; en 1902, il s'est élevé, à Madrid, à 194,25 pesetas !
Ces dernières années, à la suite de quelques dégrèvements, les prix de deux articles ont diminué: le pain et le vin. Mais pour les autres, — et sans tenir compte de quelques rares exceptions (charbon de terre, merlan) — il y a eu une augmentation moyenne de 19,13 p. 100 environ, ainsi qu'en attestent les chiffres suivants, qui se réfèrent à la ville de Madrid :
Augmentation 1900 190S tant p. 100
Bœuf kilo. 2,00 2,60 + 30
Lard » 1,75 2,20 + 25.5
Sardines .... » 0.85 1,05 • + 23,5
Morue » 1,10 1,60 + 45,4
Riz » 0,70 0,75 + 7,1
Pois chiches . . » 1,05 1,20 + 19
Haricots .... » 0,70 0,75 -f- 7.1
Pommes de terre. » 0,15 0,20 + 33.3
Augmentation 1900 100S tant p, 100
Légumes verts . » 0.23 0,30 + 30,4
Huile litre. 1,20 1,65 -f 35,5
Coke 0,08 0,08 + 12,5
Œufs .... le cent. 9,25 9,50 + 2,7
Lait litre. 0,50 0.70 + 40
Diminution
Charbon végétal . . . 0,20 0,19 — 5
Merluche 2,65 1,75 — 33,9
Pain 0,50 0,40 — 20
Vin [arroba] 7,00 5,00 — 28,5
Ce ne sont pas seulement les octrois, ce sont aussi les droits de douane qui sont responsables, nous l'avons dit, de cette augmentation du coût de la vie. Tissus et objets manufacturés ont augmenté dans une proportion considérable depuis 1900 :
l 'JOO 1908 Augmentation
Vêtements de drap pour
hommes 12,50 14,00 + 12
Drap pour dames. . . 5,-2:> 6,75 + 28,5
Bottines 10,00 15,00 + 50
Souliers 7,00 10,00 + 42,8
Dans le même laps de temps, le taux des louer* a augmenté de 100 p. 100 : tel logement ouvrier, dont le loyer mensuel ne dépassait pas 12,50 pesetas en 1900, coûte aujourd'hui 25 pesetas, et il est bien difficile d'en trouver à moins de 20 pesetas2.
1. D'après Carlos Caamaiio, dans la revue Faro, 25 octobre 190S.
2. Il peut être intéressant de comparer ces chiffres avec les données publiées pour la France sur le même sujet. M. Paul Leroy-Beaulieu calcule que, pour vingt-trois denrées, les prix ont haussé de 10 a 50 p. 100, en cinq ans, entre 1902 et 1907. (Voir l'Économiste français, 25 janvier 1908).
Au contraire, il semblerait, d'après une statistique publiée par la
Les salaires ne paraissent pas, malheureusement, avoir suivi la même progression que le coût des objets de première nécessité. S'il faut en croire M. Morato '. ils n'auraient augmenté, eu soixantequinze ans. que de 15 p. 100, en passant d'une moyenne de 2.75 en 1827 à 3 pesetas en 1868 et 3,23 pesetas en 1902 -.
Direction du travail, que Le coût de la vie tendrait à diminuer, tandis que le prix des loyers s'élève sans interruption, depuislS04 :
Admi ;i ■-. Nourriture. Logement. Dépense totale.
Enfin, M. E. Levasseur, après une enquête poursuivie dans soixantedix lycées de Paris et des départements, arrivée ce résultat global '(iules prix ont monté de 8.3 p. 100 entre les années 1902-490a et 1VI0S, mais qu'ils sont en 1908 inférieurs à ceux de 1880 de Ô.4 p. 100. 11 conclut aussi que c'est moins le prix que la quantité et la qualité des marchandises nécessaires pour satisfaire à l'accroissement de nos besoins qui a augmenté : et que si la « valeur commerciale de l'argent a peu changé. sa « valeur sociale » est beaucoup moindre qu'elle ne l'était autrefois. Dans la Revue économique internationale. 1909 .