III. Les institutions dues à l'association ouvrière
a. Les sociétés de secours mutuels ou montepios. Le développement de la mutualité et de l'idée de prévoyance.
b. Les institutions de caractère socialiste : 1° la Casa ciel Trabajo de Madrid et la coopérative socialiste. Caisses de secours et de retraite. 2° La Fédération socialiste d*Oviedo : L'extension universitaire. 3° Les Athénées ouvriers en Catalogne.
c. Les coopératives de Catalogne et de Valence. Un apôtre de la coopération : M. Salas Anton. Quelques cas de coopératives de production et de crédit.
Si l'État ne peut se désintéresser du sort des travailleurs, et si son rôle, dans un pays comme l'Espagne, doit être prépondérant pour suppléer à l'initiative privée et vaincre l'esprit routinier et individualiste à l'excès de la majorité des habitants de la Péninsule, en revanche, il ne saurait prétendre étouffer tout effort particulier, de quelque côté qu'il se manifeste, et de nature à atténuer la gravité du problème social.
A cet égard, il convient de signaler chez nos voisins un triple mouvement, d'importance inégale, mais qui s'est exercé parallèlement à l'œuvre de l'Etat. Quelquefois même, — bien rarement, il est vrai, — l'initiative particulière a pris le pas sur faction de l'Etat, et lorsque ce dernier a été amené à pénétrer dans un champ nouveau d'activité et de réforme sociale (il en a été ainsi, notamment, pour la prévoyance), il a très sagement respecté et utilisé les institutions privées, qui existaient et qui fonctionnaient déjà.
Ce triple mouvement, auquel je fais allusion, répond à l'effort simultané des patrons, des ouvriers et du clergé.